Thales Alenia Space va réaliser un démonstrateur en orbite terrestre basse pour le positionnement et la navigation par satellites au cm près

LEO-PNT

L’Agence spatiale européenne (ESA) vient de signer deux contrats parallèles de 78,4 millions d’euros chacun pour la réalisation de deux démonstrateurs de bout-en-bout de positionnement, de navigation et de synchronisation à partir de satellites en orbite terrestre basse (LEO-PNT). L'un a été attribué à l’espagnol GMV Aerospace and Defence en tant que contracteur pour le système global et à l’allemand OHB System en tant que contracteur principal du segment spatial. L'autre contrat a été confié au franco-italien Thales Alenia Space. Les contrats couvrent les segments spatial (avec cinq satellites à lancer), sol et utilisateur, les opérations en orbite (y compris la désorbitation), le lancement, le segment de test utilisateur, ainsi que l’expérimentation et la démonstration du service au sein d’environnements utilisateurs représentatifs de différents secteurs d’activité.

Dans le cadre d’une approche multicouche, les constellations LEO-PNT fonctionneront de façon combinée avec le système européen de positionnement par satellites Galileo (et d’autres systèmes GNSS) pour garantir une géolocalisation d’une précision centimétrique, une robustesse et une résistance aux brouillages et aux attaques par usurpation d’identité, ainsi qu’une faible latence (avec une acquisition ultrarapide). Les services LEO-PNT sont censés répondre aux besoins d’applications émergentes telles que les véhicules à haut niveau d’autonomie (en offrant une couverture continue en zone urbaine dense), les systèmes aériens et maritimes sans pilote (UAS/MUS) ou encore la synchronisation des réseaux de télécommunications 5G/6G terrestres.

Selon l’Agence spatiale européenne, le lancement du premier satellite LEO-PNT est prévu dans les vingt mois qui suivent le coup d’envoi des projets et la constellation complète devrait être en orbite avant 2027. Les constellations de démonstration LEO-PNT, qui testeront aussi de nouvelles bandes de fréquence, devront s’assurer que les signaux améliorent la robustesse des systèmes GNSS existants en orbite terrestre moyenne face notamment aux perturbations et interférences provoquées par des phénomènes naturels. Elles devront aussi fournir des services dans les endroits que les systèmes de navigation par satellite actuels ne peuvent pas atteindre comme les zones urbaines encaissées, voire même à l'intérieur des bâtiments.

« En ajoutant une couche à l’actuel système global de navigation par satellite Galileo et en améliorant les récepteurs utilisateurs, la constellation LEO-PNT favorisera de nouvelles applications et dopera la croissance économique, tout en contribuant à la réduction des émissions de CO2 grâce à une moindre consommation d’énergies fossiles et une gestion plus efficiente du réseau énergétique, indique Hervé Derrey, le P-DG de Thales Alenia Space. Ce démonstrateur permettra à Thales Alenia Space de renforcer et renouveler ses capacités en matière de solutions de navigation par satellite et de systèmes de nanosatellites et contribuera à la conception de la prochaine évolution du marché de la navigation par satellite. »

Avec la contribution de ses équipes en France et en Italie, Thales Alenia Space assurera la maîtrise d’œuvre du programme, avec le soutien d’entreprises issues de la filière européenne des nanosatellites, essentiellement basées en Espagne et en Allemagne. Telespazio, société conjointe entre Leonardo (67 %) et Thales (33 %), apportera également sa contribution en fournissant son expertise en matière d’exploitation et d’analyse fonctionnelle du système.

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