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Automobile : Samsung parie sur Harman et TTTech pour sa plate-forme pour conduite automatisée

Publié le 24 janvier 2018 à 09:46 par Pierrick Arlot        Sous-système Samsung

Samsung DRVLINE

[EDITION ABONNES] Si Intel, Nvidia, NXP, Qualcomm, Renesas et autres STMicroelectronics font assaut d’annonces liées à la voiture autonome depuis déjà plusieurs éditions du CES, Samsung a voulu cette année monter à son tour au créneau en dévoilant lors de la manifestation sa plate-forme pour système d’assistance évoluée au conducteur (ADAS) et conduite automatisée DRVLINE.

Associant matériel et logiciel et présentée comme ouverte, modulaire et échelonnable, la plate-forme s’articule autour d’une carte de base qui agit comme une passerelle automobile répondant aux exigences de sûreté de fonctionnement et qui peut être complétée par des cartes d’extension. Celles-ci sont aptes à fournir de la puissance de calcul supplémentaire, des puces-systèmes SoC spécialisées, des accélérateurs… et permettent d’élargir le nombre et la variété de capteurs pris en charge. Une telle architecture ouverte, estime Samsung, peut ainsi évoluer de manière incrémentale pour offrir de plus en plus de fonctions ADAS et autonomes avancées.

Dans ce cadre, la plate-forme DRVLINE a d’ores et déjà été déclinée sous la forme d'un système ADAS avec caméra frontale développé en commun par Samsung et sa filiale Harman et conçu pour répondre aux standards NCAP (New Car Assessment Program), notamment en termes de freinage automatique d’urgence, d’alerte en cas de détection de sortie de voie, de détection de piétons ou d’alerte anticollision.

« Dans une automobile, le cerveau humain d’un conducteur est constamment en train d’effectuer des calculs incroyablement complexes, indique John Absmeier, vice-président senior de la division stratégique Autonomous/ADAS chez Harman et vice-président de l’entité Smart Machines de Samsung. A quelle distance se situe ce réverbère ? Ce piéton va-t-il traverser la route ? Combien de temps avant que le feu ne passe au rouge ? L’industrie a fait d’énormes progrès dans l’automatisation mais les calculateurs embarqués dans les véhicules sont encore loin d’approcher la puissance de nos cerveaux. La plate-forme DRVLINE avec ses performances et son ouverture est un premier pas majeur dans la construction d’un écosystème apte à réaliser une autonomie complète. »

Côté logiciel, la société coréenne table d’ailleurs également sur l’ouverture en s’appuyant sur n’importe quel système d’exploitation compatible Posix et sur un environnement conforme au récent standard Autosar Adaptive (voir notre article ici). Rappelons qu’à la différence du standard Autosar « classique » où la configuration logicielle des unités de contrôle/commande électroniques ECU est figée au niveau fonctionnel après la phase de développement, le standard Autosar Adaptive permet de faire évoluer les applications et fonctionnalités portées par une ECU automobile tout au long du cycle de vie d’un véhicule via, notamment, des mises à jour over-the-air. En outre, explique Samsung, la plate-forme DRVLINE internalise un modèle de l’environnement autour du véhicule afin de créer un langage commun d’objets et de classes au travers duquel l’ensemble du logiciel peut communiquer librement. Le framework de la plate-forme génère ainsi un niveau élevé de modularité et de couches fonctionnelles permettant à de multiples algorithmes issus de différents partenaires de collaborer pour résoudre des problèmes complexes, ajoute le Coréen.

A noter ici que la plate-forme DRVLINE a été conçue pour répondre aux exigences de sûreté de fonctionnement ISO 26462 au niveau Asil-D, le plus élevé spécifié par la norme. Dans ce cadre, Samsung a collaboré avec l’éditeur autrichien TTTech, un spécialiste des solutions de réseaux de contrôle/commande sécurisés et sûrs déployées notamment dans les secteurs de l’industriel, de l’aérospatial et de l’automobile, qui apporte ici son framework logiciel MotionWise (voir illustration ci-dessous). Un framework qui s’accommode d’architectures de calcul bâties autour de multiples puces-systèmes multicœurs, qui permet à chaque application de s’exécuter dans un conteneur indépendant des autres applications, et qui assure la coexistence d’applications dotées de contraintes temps réel et d’exigences en termes de sûreté de fonctionnement différentes.

L'environnement MotionWise de TTTech

En septembre 2017, Samsung, rappelons-le, a investi 75 millions de dollars dans TTTech au travers du fonds Samsung Automotive Innovation Fund (SAIF). La prise de participation du Coréen dans le capital de TTTech, où il a rejoint notamment le constructeur Audi ainsi que GE et Infineon, suivait de quelques mois l’acquisition par Samsung de l’équipementier Harman, spécialiste des technologies pour le véhicule connecté, pour 8 milliards de dollars. Et montre l’intérêt que revêt désormais le secteur automobile pour le groupe asiatique qui s’est déjà entouré d’un écosystème de partenaires dans le domaine des systèmes ADAS et de la conduite autonome. Côté logiciels, outre TTTech, on y trouve en effet le hongrois Almotive, l’allemand Hella Aglaia et le californien Renovo Auto. Le volet capteurs (caméras, lidars, radars) est représenté par les américains Quanergy, TetraVue et Oculii ainsi que par l’israélien Innoviz. Enfin, l’allemand Infineon, le britannique Graphcore et le californien ThinCI apportent leurs capacités de calcul hautes performances, tandis que les israéliens Autotalks et Valens couvrent les aspects liés à la communication.

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