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ThingType se pose en guichet unique pour accélérer le prototypage de produits électroniques

Publié le 02 juillet 2018 à 09:37 par Pierrick Arlot        Start-up

logo ThingType

La filière électronique, telle qu’elle existe aujourd’hui, peut apparaître techniquement trop complexe à des clients potentiels non aguerris aux arcanes de l’électronique, comme en regorge le monde de l’Internet des objets. Ces non-experts perçoivent le processus de développement de prototypes comme très fragmenté, long et générateur de risques. Pour simplifier leur travail, ThingType propose un service en ligne automatisé d’aide à la définition d’architecture et de prototypage.

La filière électronique actuelle est-elle adaptée au marché en pleine explosion de l’Internet des objets ? Pour Armel Fourreau, fondateur et CEO de la jeune société ThingType créée en 2016 et actuellement en phase de développement commercial, la réponse à cette question est clairement négative. « Comme l’a mis en évidence la Feuille de route sur l’industrie électronique du futur rédigée par la filière française en 2017, l’Internet des objets génère des besoins croissants en électronique de la part d’entreprises qui ont en vue des cas d’usage, qui ne sont pas expertes d’un point de vue technique, mais qui n’en sont pas moins soumises à des contraintes fortes de time-to-market, assure le dirigeant de la start-up. Dans le même temps, la conception s’ouvre à de nouveaux pratiquants qui sont des ingénieurs aux profils de plus en plus larges sans réelle expertise en électronique et dont le but est in fine de vendre un service, beaucoup plus qu’un produit. Or la filière électronique, telle qu’elle existe aujourd’hui, est perçue techniquement trop complexe et réservée à un monde d’ingénieurs experts. Pour des clients potentiels non aguerris aux arcanes de l’électronique, le processus de développement apparaît très fragmenté, long et générateur de risques. »
 
Armel Fourreau, fondateur et CEO de ThingType
 
De fait, il faut compter avec des offres multiples qui vont de la commande de cartes électroniques en ligne jusqu’aux outils de génération de couches logicielles de bas niveau, en passant par les outils de CAO de cartes, les simulateurs et les outils d’aide à la conception, les catalogues de composants en ligne avec gestion de nomenclatures et les gestionnaires d’approvisionnement… « Or la vague de demandes est très forte et la filière n’est actuellement pas en mesure d’en profiter pleinement, continue Armel Fourreau. Il faut aujourd’hui des outils plus simples pour faire que l’offre et la demande se rejoignent et que la filière puisse saisir toutes les nouvelles opportunités. »
 
Un premier service en ligne
 
On l’aura compris implicitement ; c’est à ce niveau que ThingType compte apporter une réelle valeur ajoutée en proposant des solutions « situées au carrefour de l’automatisation, du digital et de la Deep Tech » qui accélèrent le développement électronique, notamment pour l’IoT. A ce titre, la jeune société a mis fin 2017 un premier service en ligne d’aide à la définition d’architecture et de prototypage (Thingtype.com) qui, même s’il s’appuie sur des technologies propriétaires, reste compatible avec les outils et processus existants.
 
« Nous nous voyons comme un front-end, un point d’entrée unique en début de cycle de développement, qui permet de faire un choix d’architecture, de disposer d’une estimation de BOM (Bill of Materials), d’obtenir sans délai rédhibitoire un prototype fonctionnel, explique le fondateur de ThingType. L’idée est que les ingénieurs, quels qu’ils soient, ne soient pas cantonnés au bricolage et qu’ils puissent disposer en trois semaines d’un prototype sur mesure de qualité, prêt à l’utilisation, qu’ils peuvent tester et qui peut donc être montré à des clients potentiels, au directeur de leur entreprise ou à leurs chefs de projetAvant de se tourner le cas échéant vers les acteurs traditionnels pour l’optimisation et l’industrialisation.  »
 
L'intelligence artificielle à la rescousse
 
La start-up s’appuie sur des techniques propriétaires d’intelligence artificielle qui ont nécessité deux ans de recherche et développement. L’outil effectue notamment une analyse quantitative de paramètres physiques et logiques pour vérifier l’architecture et générer la schématique et le placement/routage de la carte, tout en agrégeant des sources existantes pour l’analyse et l’estimation de BOM. Les fichiers de conception générés sont aux formats du marché et sont donc réutilisables pour optimisation et industrialisation.
 
« L’outil permet à un utilisateur de définir une architecture à partir de blocs de fonctions système disponibles dans un catalogue : capteurs, communication, alimentation, microcontrôleur, etc. précise Armel Fourreau. La conception se fait de manière automatisée en ligne avec vérification de cohérence, génération de schéma électronique et d’un PCB, analyse de nomenclature, etc. L’outil travaille de façon suffisamment juste pour pouvoir lancer instantanément dès la fin du processus la fabrication d’un prototype. » Dans ce cadre, ThingType a conçu un jeu d’API qui permet d’interfacer sa solution avec les systèmes d’information de sous-traitants et d’EMS (Electronic Manufacturing Services) clés, sélectionnés pour leur qualité. « Grâce à une technologie là encore propriétaire, les prototypes réalisés sur mesure sont entièrement fonctionnels, ce qu’en général ni un logiciel de CAO ni un EMS ne peuvent garantir, assure encore le dirigeant de la jeune pousse. Nous sommes aussi capables de générer du logiciel embarqué dans des fichiers compatibles avec les frameworks de fabricants de microcontrôleurs partenaires, avec un code source qui est réutilisable. »
 
Premiers succès
 
Quoi qu’il en soit, ThingType peut déjà se vanter de quelques succès remportés avec son outil, notamment auprès d’ingénieurs appartenant aux effectifs de Veolia Environnement, Areva, JCDecaux, d’opérateurs de réseaux IoT et de quelques start-up. L’ambition de la start-up française ne s’arrête toutefois pas là, car, outre son service actuel pour ingénieurs, ThingType propose aussi des solutions aux gros acteurs de l’électronique eux-mêmes comme les EMS, les distributeurs ou les fabricants de composants qui souhaitent mieux répondre à leurs clients et capter les ingénieurs de l’IoT qui n’ont pas de profils experts.
 
« En déclinant nos outils, ils peuvent entrer en relation avec plus de prospects, mieux les qualifier, optimiser leur démarche de vente et de support technique, voire générer des commandes adaptées à leur outil industriel dans le cas des EMS, détaille Armel Fourreau. Nous faisons également de la R&D aussi bien dans le domaine hardware qu’au niveau des logiciels embarqués en développant des solutions qui vont s’intégrer dans leurs chaînes de développement et ce de manière générique dans une logique d’échelonnabilité. Dans ce cadre nous avons déjà comme clients des acteurs internationaux de l’écosystème. » On n’en saura pas plus pour le moment…
 
Incubé par Telecom ParisTech et déjà récompensé par plusieurs prix (et notamment par le trophée Start-up remis lors du salon IoT World 2018 qui s’est tenu début avril à Paris), ThingType est actuellement à la recherche de plusieurs ingénieurs pour étoffer son équipe actuelle de quatre personnes dotées de compétences complémentaires en mathématiques, électronique et développement Web. Pour accélérer sa croissance, la jeune pousse envisage de lever des fonds d’ici à la fin 2018.
 
Exemple d'une estimation de BOM en fonction des choix architecturaux
 

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