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Télécoms militaires : le premier satellite de la constellation Syracuse IV a été lancé en orbite

Publié le 25 octobre 2021 à 09:52 par Pierrick Arlot        Connectivité

Syracuse 4A

Dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 octobre, la fusée Ariane 5 a mis en orbite le satellite de télécommunications militaires Syracuse 4A qui initie le remplacement de la génération précédente Syracuse III prévu par la loi de programmation militaire 2019-2025. Le segment satellitaire Syracuse IV, qui se déploiera à terme autour de trois satellites, vise à apporter de nouvelles capacités et fonctions pour les forces armées françaises, en matière notamment de capacité et de flexibilité en débit et en couverture.

Selon Thales Alenia Space, responsable de Syracuse 4A et coresponsable avec Airbus Defence and Space des deux charges utiles (en bande X et en bande Ka), cette flexibilité permettra de répondre aux exigences de déploiements opérationnels où qu’ils se situent dans la zone de couverture du satellite et de gérer de manière très efficiente les ressources spectrales. Avec une meilleure résistance aux différentes attaques, telles que le brouillage ou les cyberattaques, le système de nouvelle génération Syracuse IV permettra aux trois armées (sur terre, en mer et dans les airs) de communiquer sur de très longues distances avec un débit global trois fois plus élevé, soit environ 1,5 Gbit/s par satellite, précise de son côté la Direction générale de l’armement (DGA).

A ce titre, le satellite Syracuse 4A, qui repose sur la plate-forme tout électrique Spacebus NEO, est doté de technologies récentes de cyberdéfense et de chiffrement des données. Il est notamment équipé d’une antenne antibrouillage, d’un processeur numérique de bord reconfigurable en permanence, d’équipements de surveillance de son environnement et d’une capacité de déplacement pour contrer une éventuelle agression.

Selon la DGA, le satellite Syracuse 4A sera pleinement qualifié dans neuf mois. Après sept mois pour rejoindre son orbite géostationnaire à 36 000 km,, il subira en effet une série de tests durant deux mois. Le satellite pourra alors accueillir les premières liaisons avec des stations sol utilisateur et être déclaré opérationnel. Sa durée de vie est estimée à quinze ans.

La DGA rappelle qu’avec le programme Syracuse IV, dont le coût total de réalisation s’élève à 3,6 milliards d’euros, c’est aussi le renouvellement des stations utilisateur au sol qui est engagé. Plus de 400 stations sol seront ainsi déployées au total dans les trois armées. Plus puissantes, plus sécurisées et mobiles, elles devraient offrir la possibilité de connecter un plus grand nombre d’utilisateurs en simultané et permettront aux forces de communiquer dans les zones les plus isolées. Elles arriveront dans la Marine nationale et l’armée de Terre d’ici à 2023 pour équiper les principaux navires de surface, les sous-marins de type Suffren et de nombreux véhicules du programme Scorpion (Griffon et Serval). Et, pour la première fois, des aéronefs disposeront d’une capacité de communication militaire souveraine par satellite, à commencer par l’avion ravitailleur MRTT Phénix.

C’est Thales qui fournit le segment sol du systèmes de télécommunications militaires Syracuse IV qui s’appuiera en particulier sur son système de transmission hautement protégé et sécurisé Modem 21 (lire notre article ici). Ajoutons que le satellite Syracuse 4B devrait être lancé en 2022 et que la commande du troisième satellite (Syracuse-3C), optimisé notamment pour une utilisation par les plates-formes aéronautiques, est prévue d’ici à 2025.  

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