Un livre blanc explore le rôle attendu des réseaux non terrestres (NTN) dans les réseaux de communication 6G

6G-NTN

A l’occasion de la conférence organisée les 3 et 4 avril dernier à Sophia Antipolis par l’Etsi (European Telecommunications Standards Institute) et intitulée Réseaux non terrestres, une composante native de la 6G, les partenaires du projet 6G Non-Terrestrial Networks (6G-NTN) ont annoncé la publication du livre blanc "Vision sur les réseaux non terrestres dans les systèmes 6G (IMT-2030)". Ce document explore l'avenir de la connectivité dans l'écosystème 6G, qui doit se développer autour d’une nouvelle génération de technologies de communication sans fil dont les premiers déploiements sont attendus aux alentours de 2030.

Le projet 6G-NTN est financé par l’entreprise commune (JU) Smart Networks and Services dans le cadre du programme de recherche et d’innovation Horizon Europe de l’Union européenne. Son ambition est de définir une feuille de route pour le développement des éléments techniques, réglementaires et de normalisation nécessaires pour permettre la fourniture de services NTN intégrés et une offre de marché disruptive au cours de la période 2030-2035. Parmi les sociétés impliquées dans ce projet, on citera notamment Thales Alenia Space, Martel Innovate, Telit Cinterion, Greenerwave, Thales, Ericsson, Qualcomm, SES et Orange.

Selon les membres du projet 6G-NTN, les réseaux non terrestres (NTN) ont vocation à fournir une connectivité mondiale ou régionale et vont jouer un rôle essentiel dans le futur écosystème 6G, en comblant le fossé entre les réseaux terrestres traditionnels, bâtis par exemple sur des stations de base cellulaires et des câbles à fibre optique, et les nouvelles communications spatiales.

Dans ce cadre, le livre blanc 6G-NTN, téléchargeable ici, fournit une vision unifiée de l'importance des réseaux NTN dans l’écosystème 6G en identifiant les segments de marché, les scénarios de connectivité et les principes généraux de conception pour l’intégration sans couture des réseaux NTN. Le white paper propose également des approches de standardisation.

Parmi les segments de marché potentiellement ciblés par les réseaux NTN, le livre blanc pointe notamment les consommateurs dotés de téléphones mobiles et de dispositifs électroniques embarqués à la recherche d’une couverture étendue et un basculement sans couture des transmissions entre les réseaux satellite et terrestres, ainsi que les entreprises dont les activités s’étendent aux régions rurales ou sous-développées et qui ont besoin de solutions de connectivité là où les réseaux terrestres traditionnels ne sont pas disponibles.

Des secteurs verticaux spécifiques tels que l’aviation, les chemins de fer et les entités gouvernementales sont également en ligne de mire du fait de leurs exigences spécifiques en matière d’autonomie, de sécurité et de souveraineté.

Quant aux scénarios de connectivité, ils sont multiples, de l’accès direct aux satellites pour les smartphones et les dispositifs électroniques portés sur soi, même dans des environnements intérieurs ou à bord d’une automobile, aux drones aptes à exploiter les hauts débits NTN à des fins d’observation et de communication.

Les réseaux NTN peuvent aussi assurer une connectivité haut débit aux véhicules terrestres, et offrir ainsi des services multiples aux passagers et aux conducteurs, ainsi qu’une connectivité à faible latence aux foyers et aux petites entreprises, et un haut débit aux plates-formes de transport, en soutenant les services d'assistance et de divertissement. Ils sont par ailleurs adaptés au déploiement rapide d’une connectivité pour les services publics et la sécurité publique dans des zones opérationnelles en cas de conflit ou de catastrophe.

Enfin, pour une intégration efficace des réseaux NTN et des réseaux terrestres, le livre blanc du projet 6G-NTN souligne plusieurs exigences clés, telles que l'intégration aux niveaux de la gestion réseau et de la gestion des services, une faible latence pour des expériences utilisateur de haute qualité et la capacité de contribuer à une connectivité omniprésente et résiliente. Au-delà, l’intégration devra viser à réduire la consommation globale d’énergie, conformément aux objectifs de développement durable. A suivre donc.