L’équipementier allemand ZF a décidé d’accélérer sa restructuration en cours en cédant son activité de systèmes d’assistance à la conduite (ADAS, Advanced Driver Assistance System) à la société Harman, filiale américaine de Samsung (qui a racheté Harman en 2017) pour 1,5 milliard d’euros (1,8 milliard de dollars).
L’objectif affiché par la firme allemande est de réduire sa dette d’environ 10 %, tout en recentrant le groupe sur ses métiers historiques. Dans le cadre de cet accord, annoncé le 23 décembre dernier, les 3 750 salariés de l’activité Adas de ZF doivent être transférés chez Harman au second semestre 2026.
Malgré les difficultés auxquelles ZF est confronté depuis plusieurs mois, alors que le groupe multiplie plans sociaux et fermetures d’usines depuis deux ans, l’entreprise reste un poids lourd du secteur employant environ 160 000 collaborateurs dans le monde pour un chiffre d’affaires de 41,4 milliards d’euros (chiffres 2024) répartis sur 161 sites de production dans 30 pays.
Deuxième équipementier automobile allemand derrière Bosch, ZF a annoncé en octobre la suppression de 7.600 emplois dans une autre division produisant des systèmes de transmission pour réaliser un demi-milliard d'euros d'économies d'ici 2027. L’objectif final pour ZF étant de supprimer jusqu'à 14 000 postes d'ici 2028, chiffre dévoilé dans un plan publié à l'été 2024.
A ce sujet, selon l'association professionnelle allemande VDA (Verband der Automobilindustrie), indique que le secteur automobile allemand a perdu environ 55 000 emplois depuis 2023, les équipementiers étant les plus touchés.
De son côté, depuis l’acquisition de Harmann en 2017, Samsung a fait passer son chiffre d’affaires dans les secteurs de l’automobile et de l’audio de 7 milliards de dollars à plus de 11 milliards de dollars aujourd’hui. L’ajout des capacités ADAS de ZF s’inscrivant dans cette dynamique.
En intégrant les capacités ADAS de ZF à ses solutions en matière de cockpit numérique dans le cadre d’une conception informatique centralisée, Harman (26 000 employés dans le monde) va ainsi renforcer son expertise dans le domaine des véhicules définis par logiciel, fondées sur des solutions informatiques centralisées qui apportent des solutions de conduite assistée et automatisée, de sécurité et d’expérience utilisateur sur une plateforme partagée.
Dans ce cadre, l’activité revendue regroupe des solutions informatiques, des caméras intelligentes, des technologies de radar et des fonctions logicielles d’assistance au conducteur.
Pour ZF, cette revente va lui permettre de se concentrer sur ses technologies plus traditionnelles, telles que les châssis, la chaîne motopropulsion, les véhicules commerciaux ou encore les applications industrielles.
