L’organisme CSA (Connectivity Standards Alliance), à l’origine des spécifications du protocole Matter pour la maison intelligente, vient de publier la norme Matter 1.6 qui intègre la possibilité de mettre en service des appareils Matter par le truchement du NFC, des suggestions de thermostat pour une gestion climatique plus intelligente et plusieurs évolutions visant à optimiser la communication entre les appareils, la visibilité des dispositifs de sécurité connectés et la sécurité de l’écosystème.
Dans le détail, la version Matter 1.6 autorise désormais la mise en service d’un appareil Matter à travers une communication NFC bidirectionnelle avant même sa mise sous tension complète. Une approche qui diffère de la prise en charge de la technologie dite “NFC onboarding payload” introduite dans version Matter 1.4.1 qui s’appuyait encore sur un lien Bluetooth LE pour finaliser la mise en service.
Le processus décrit aujourd’hui dans la spécification 1.6 est in fine très similaire à celui décrit pour la puce Matter de ST Microelctronics (référencée NFC ST25DA-C Matter) lancée l’année dernière (voir notre article).
L’objectif affiché ici est de simplifier la mise en service d’appareils tels que les luminaires de plafond et les interrupteurs muraux qui souvent doivent être configurés avant leur installation, comme le réalise déjà la solution de ST en approchant simplement un téléphone grâce à un appairage NFC, réussi du premier coup.

Au-delà, Matter 1.6 étend la prise en charge d’appareils multiples (Multi-Admin) grâce à la fonction Joint Fabric permettant à plusieurs contrôleurs autorisés de co-administrer un réseau Matter partagé. L’idée ici est d’automatiser le partage d’accès aux appareils entre plateformes avec le consentement d’un seul utilisateur. Une approche utile notamment dans le cadre de livraisons de logements neufs, les foyers utilisant plusieurs plateformes ou les propriétés gérées par des professionnels.
Les utilisateurs finaux en profitent également, car les appareils peuvent apparaître et être contrôlés depuis l'écosystème ou l'interface qui leur convient le mieux, sans configuration supplémentaire.
Avec Matter 1.6, le CSA a aussi jugé utilie d’ajouter des spéciations spécifiques concernant les thermostats. Selon l’organisme, les thermostats intelligents actuels sont assez basiques car ils reçoivent des commandes hors contexte. Face à ce constat, les suggestions introduites dans la spécification Matter 1.6 standardisent la transmission des modifications recommandées et permettent aux thermostats de les évaluer en fonction des préférences de l'utilisateur et du contexte actuel.
Par exemple, si un utilisateur dispose d’un thermostat intelligent connecté à plusieurs écosystèmes, tels que Google Home, Apple Home et/ou le programme d'économies d'énergie de son fournisseur d’énergie, lors d'un pic de consommation, le fournisseur peut recommander un réglage de température économe en énergie, tandis qu'une routine domotique peut tenter d'augmenter le refroidissement à l'arrivée de l’occupant de la maison. Si ce dernier a récemment réglé le thermostat manuellement, Matter 1.6 permet de reconnaître cette préférence et de déterminer la recommandation la plus pertinente.
D’un point de vue technologique, avec Matter 1.6, les appareils peuvent aussi désormais communiquer leurs capacités et leurs limites de fonctionnement de manière standardisée, les capteurs de sécurité peuvent afficher l'historique des événements afin de fournir un état en temps réel et l'activité passée est les détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone peuvent désormais indiquer lorsqu'ils ont été retirés de leur emplacement.
Les spécifications Matter 1.6, consultables sur site web de la CSA, sont découpés en quatre documents : les spécifications de base de Matter 1.6, les spécifications des clusters d'applications de Matter 1.6, les spécifications de la bibliothèque de types de périphériques et les spécifications de l'espace de noms standard de Matter 1.6.
