Le géant américain Amazon annonce avoir conclu un accord en vue d’acquérir son compatriote Globalstar, un opérateur de satellites en orbite basse, pour une valorisation l'entreprise à hauteur de 11,6 milliards de dollars (9,9 milliards d’euros au taux de change actuel).
Objectif de cette opération d’envergure : intégrer à la constellation des satellites Amazon Leo des fréquences MSS (Mobile Satellites Services) dans la bande des 2 GHz sous licence de Global Star et une flotte de satellites en orbite basse existante. Et ce dans le cadre du développement d'un système de communication directe (D2D, Direct to Device) par satellite pour les téléphones et autres terminaux connectés en cellulaire, dont les systèmes IoT en particulier.
Une des origines de ce rachat est liée au fait que le connectivité satellite directe (D2D) est rapidement passée ces dernières années d’une solution de secours à un élément stratégique pour la couverture nationale, la résilience aux catastrophes et les opérations à distance.
Parallèlement, pour le secteur de l’IoT (Internet des objets) il s’agit de prendre possession du droit des spectres de fréquence utilisées, et de maîtriser les services et les relations commerciales entre les réseaux mobiles terrestres et les satellites.
Pour ce faire, Amazon, au regard de ses ambitions dans le monde des satellites en orbite basse, privilégie le rachat d’une société très implantée et expérimentée plutôt que de se lancer tout seul dans l’aventure.
Pour rappel, GlobalStar, fondée en 1991, dispose de 25 satellites opérationnels, avec leur infrastructure terrestre associée, qui évoluent en orbite basse à 1 400 kilomètres d’altitude et qui fournissent notamment des services d’urgence sur la planète à travers des smartphones et autres montres connectées (la société a d’ailleurs des accords à ce sujet avec Apple qu’Amazon ne souhaite pas remettre en cause pour le moment).
« Nous sommes convaincus depuis longtemps que les constellations de satellites en orbite terrestre basse constituent la solution la plus efficace pour connecter véritablement les utilisateurs et les appareils, partout et à tout moment », commente Paul Jacobs, PDG de Globalstar, à l’occasion de ce rachat.
De son côté Amazon Leo, filiale d'Amazon créée en 2019 (à l”origine il s’agissait du projet Kuiper) a pour objectif de déployer une vaste constellation de satellites internet offrant une connectivité haut débit à faible latence. Avec neuf missions de lancement déjà bouclées, la constellation Amazon Léo affiche 241 satellites en orbite, et deux autres lancements vont s'enchaîner les 27 et 28 avril prochains avec 61 nouveaux satellites mis en orbite. A la fin du mois la société va ainsi pouvoir se targuer d’atteindre d’ores et déjà 10% de son objectif des 3 000 engins dans l'espace qui se déplaceront sur une orbite se situant entre 590 et 630 kilomètres.
Dès 2028, Amazon Leo déploiera ainsi son propre système satellitaire D2D de nouvelle génération, permettant à la société de fournir des services voix, données et messagerie plus performants aux téléphones mobiles et autres appareils cellulaires, dont les systèmes IoT.
Ce système Leo D2D procurera, selon Amzon, une utilisation du spectre et une efficacité nettement supérieures aux systèmes directs vers les cellules traditionnelles, ce qui se traduira par des débits plus rapides et de meilleures performances pour les utilisateurs.
Ce service, toujours selon Amazon, s’intégrera également de manière transparente aux systèmes Leo de première et deuxième génération de la société, formant alors un réseau puissant et unifié qui combine les services satellitaires fixes et mobiles pour répondre aux besoins de nombreux cas d'usage.
Selon l'annonce, la flotte satellitaire existante de Globalstar et ses nouveaux satellites aux capacités étendues fonctionneront en parallèle avec le système haut débit d'Amazon Leo et le système D2D qu'Amazon prévoit de mettre en place.
En d’autres termes, en combinant le réseau satellitaire en orbite basse d'Amazon avec l'infrastructure et le spectre de Globalstar, cette acquisition va permettre un déploiement plus rapide de la connectivité D2D à grande échelle, atteignant des zones où le déploiement terrestre est retardé, trop coûteux ou vulnérable aux perturbations.
Cette perspective se traduira également par des services de données mobiles et de communications plus fiables pour les entreprises et les gouvernements, tout en proposant un choix, une flexibilité et une valeur ajoutée accrue dans un secteur des communications par satellite dynamique et hautement concurrentiel.
La finalisation de l'opération est prévue pour 2027, sous réserve des autorisations réglementaires et de la réalisation par Globalstar de certains objectifs liés au remplacement du satellite HIBLEO-4.
