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Spécialiste des objets connectés industriels sur mesure, le français Stimio va lever 2 millions d’euros

Publié le 05 février 2021 à 10:34 par Pierrick Arlot        Start-up

Stimio

[PORTRAIT DE START-UP] Présent sur trois domaines d’activité (surveillance et maintenance dans le domaine ferroviaire, supervision à distance des infrastructures, tracking intelligent de produits de grande valeur), Stimio continue de faire évoluer son offre reposant sur une base technologique commune, désormais associée à une plate-forme dans le cloud. 2021 est placé sous le signe de l’intelligence artificielle pour la jeune société nantaise.

Spécialiste de la création et de l’industrialisation d’objets industriels connectés avec une vocation exclusivement B2B, la société Stimio, dont L’Embarqué a tracé un premier portrait en mai 2018, a franchi le cap des 10 000 produits commercialisés depuis le lancement début 2019 de sa plate-forme matérielle semi-spécifique Stim-Track. Une plate-forme évolutive dont la modularité intrinsèque permet d’engager des projets et d’élaborer des solutions sur mesure, tout en conservant des cycles de développement très courts (voir notre article ici). Si cette stratégie d’adaptabilité, deux ans plus tard, reste toujours marquée dans l’ADN de l’entreprise, l’offre de Stimio s’est aujourd’hui déclinée en plusieurs briques sur étagère, reposant toutes sur une base technologique commune et destinées à couvrir la majorité des demandes sur les marchés sur lesquels se focalise la firme nantaise.
 
Julien Bordet, directeur général délégué de Stimio
 
« Aujourd’hui nous sommes présents sur trois domaines d’activité principaux, détaille Julien Bordet, directeur général délégué de Stimio. Chronologiquement, le premier d’entre eux est la maintenance et la surveillance du matériel roulant et des infrastructures dans le domaine ferroviaire avec un client d’importance, le groupe SNCF (*), dès 2017, et des contrats récents à l’international, notamment en Grande-Bretagne, au Luxembourg et au Mexique. Les deux autres sont la supervision à distance des infrastructures (comme par exemple la détection d’inondation) pour des opérateurs présents sur des secteurs comme l’électricité, les aéroports, les villes, les transports, ainsi que le tracking intelligent de produits de grande valeur, avec la surveillance des conditions de transport. Dans ce dernier domaine, nous avons effectué nos premières livraisons en 2020. »
 
Parallèlement, la jeune société, fondée en 2014, continue de faire évoluer son offre. Ses solutions, qui se déploient autour d’un même noyau technologique (un microcontrôleur STM32 doté de l’environnement Zephyr OS, d’une connectivité Bluetooth, d’une liaison radio longue portée et basse consommation, d’un GPS intégré, d’une centrale inertielle et de divers capteurs), ont ainsi été étoffées par de nouvelles capacités pour la connexion de capteurs externes (4-20 mA, I2C…). Côté logiciel, Stimio a développé l’intelligence intégrée sur Zephyr OS. « Les objets ont ainsi la capacité de changer de comportement sur des événements spécifiques avec, par exemple, la possibilité d’augmenter la précision de mesure pour disposer d’un diagnostic sur faute plus précis, détaille Julien Bordet. Pour certaines applications, ils peuvent aussi s’adapter aux saisons pour du suivi de givre ou pour des contraintes d’économie d’énergie par exemple, voire s’adapter aux spécificités d’un pays et, notamment, moins communiquer si la qualité du réseau est moindre… »
 
La société a aussi élaboré une plate-forme cloud qui fournit des outils de visualisation des données, de personnalisation de tableaux de bord, de prédiction, d’analyse, etc. Une offre, conçue à partir de la plate-forme IoT open source ThingsBoard, qui permet à Stimio de prévoir d’éventuelles défaillances, d’analyser des comportements anormaux et de donner des indications pour comprendre les causes profondes et résoudre les problèmes. Elle propose aussi sa propre solution de device management pour les boîtiers bâtis sur sa technologie, logiciel qui permet de remonter l’état de l’objet, le niveau de charge de sa batterie (à des fins de prévision) et d’effectuer, si le réseau l’autorise, des mises à jour de la configuration à distance ou du firmware. « Durant cette année 2021, nous allons mettre l’accent sur les algorithmes d’intelligence artificielle, d’abord dans le cloud, avec la volonté à terme de les porter directement au sein des objets connectés tout en conservant leur capacité d’autonomie qui est aujourd’hui de trois à cinq ans, ajoute le directeur général délégué de Stimio. Quoi qu’il en soit, nous serons en mesure dès la fin de ce premier trimestre de proposer à tous nos clients des solutions de maintenance prédictive pour certains cas d’usage. »
 
Cette année, le savoir-faire hardware de la société devrait, quant à lui, se concrétiser par l’arrivée sur le marché de versions de ses boîtiers IoT dotées de capacités de récupération d’énergie (via des cellules solaires). Le catalogue de cartelettes d’extension maison offrant des fonctions spécifiques (non précisées pour le moment) devrait également s’enrichir et les travaux en cours sur l’optimisation de la consommation d’énergie pourraient aboutir à un gain en autonomie de 20% à fonctionnalités égales.
 
Fort d’un effectif d’une trentaine de personnes dont 60% à 70% de collaborateurs au bagage technique, Stimio, qui a ouvert récemment un bureau en Allemagne et qui compte aujourd’hui plus d’une cinquantaine de clients, a réalisé 15% de son chiffre d’affaires à l’international en 2020 avec l’ambition de faire monter ce pourcentage à 30% cette année. Un objectif qui passera par un renforcement commercial de la jeune entreprise qui s’apprête à réaliser une levée de fonds de deux millions d’euros après un premier tour de table d’1,3 M€ bouclé fin 2018 auprès de CM-CIC Innovation.
 
(*) [MAJ] Stimio a annoncé en mars 2021 un contrat-cadre de 5 ans (2020-2025) avec la Direction du matériel de SNCF Voyageurs qui porte sur la fourniture exclusive de plus de 12 500 objets IoT (capteurs Marti et passerelles de communication Meli) afin d'équiper les trains TER, Intercités, TGV et Fret. Et ce en plus des 8 000 objets IoT déjà fournis. (Lire notre article ici sur les détails techniques des produits Marti et Meli.)

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