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Stimio crée et industrialise des objets industriels connectés… avec 80% du travail déjà fait

Publié le 28 mai 2018 à 08:42 par Pierrick Arlot        Start-up

Logo Stimio

La jeune société nantaise Stimio s’est positionnée sur le marché de la création et de l’industrialisation d’objets industriels connectés avec une vocation exclusivement B2B. Face aux demandes de ses clients, la start-up ne part pas de zéro à chaque fois car elle a développé un module de base qui réunit 80% des fonctions retrouvées dans la quasi-totalité des projets. Cette plate-forme permet de réaliser rapidement des prototypes et des preuves de concept et de lancer un premier déploiement sans attendre.

Si l’analyse et l’exploitation judicieuse des données récupérées auprès de capteurs, d’équipements ou de dispositifs divers et variés constituent le nerf de la guerre pour les entreprises qui se lancent dans l’Internet des objets, il n’en reste pas moins qu’à l’origine de tout projet, il faut des objets connectés capables de capter les données pertinentes avec la précision requise.
 
« Cela reste une priorité pour les industriels et il s’avère que ce besoin n’est pas desservi de façon adéquate par les offres existantes ; c’est donc forts de ce constat que nous nous sommes positionnés sur le marché de la création et de l’industrialisation d’objets industriels avec une vocation exclusivement B2B, explique Grégory Winter, directeur ventes et marketing de la jeune société Stimio, créée en 2014. Mais, face aux demandes de nos clients potentiels, nous ne partons pas de zéro à chaque fois. Nous avons déjà réalisé 80% du travail, ce qui correspond grosso modo à l’ensemble des fonctions que l’on retrouve systématiquement dans tous les projets. Les 20% restants sont adaptables à façon en fonction des besoins spécifiques de l’industriel. L’idée est en fait de proposer une plate-forme modulaire permettant de réaliser rapidement des prototypes et des preuves de concept et de lancer un premier déploiement sans attendre. »
 
David Dorval et Gregory Winter, respectivement PDG fondateur et directeur ventes et marketing de Stimio
 
Dans le détail, Stimio a développé une plate-forme matérielle de base baptisée STIM-MOD. Architecturée autour d’un microcontrôleur 32 bits à cœur ARM Cortex-M4F, elle dispose de la connectivité Bluetooth, jugée indispensable pour la configuration et le débogage à partir d’une application Android sur tablette ou smartphone, et d’une liaison radio longue portée (LPWAN LoRa ou Sigfox, 2G/3G et bientôt LTE-M et NB-IoT en fonction des versions).
 
Une plate-forme préindustrielle
 
On y trouve aussi un GPS intégré, une centrale inertielle 9 axes, divers capteurs adaptés à différents cas d’usage (température, humidité, pression, accélération, luminosité, etc.), une antenne intégrée 868 MHz et une gestion de l’alimentation optimisée pour assurer une autonomie étendue. La plate-forme STIM-MOD, qui est en outre équipée d’un système d’exploitation temps réel et de couches logicielles de bas niveau dûment validées, peut être équipée d’un module d’extension personnalisé (géolocalisation indoor, capteurs industriels PT100, 4-20 mA, ToR, interfaces série RS485, CAN, etc.). « Avec ses composants et son firmware qualifiés, STIM-MOD fournit une plate-forme préindustrielle et testable rapidement sur le terrain, assure Grégory Winter. Et nous faisons en sorte que l’intégration de l’objet au sein du système d’information du client soit transparente pour lui. »
 
La plate-forme STIM-MOD de Stimio
 
Le groupe SNCF est l’un des premiers clients de prestige de Stimio qui a fourni à l’entreprise ferroviaire publique un module IoT générique pour la connexion d’une variété de capteurs et d’objets embarqués disséminés dans un wagon. Placé dans un boîtier adapté et alimenté par une batterie, ce module, dénommé Marti, est équipé de connecteurs ad hoc et récupère les données issues de capteurs analogiques et numériques pour les envoyer vers le cloud à travers un réseau radio longue portée et basse consommation LPWAN (Sigfox ou LoRa).
 
Dans un autre type de configuration, le même module communique via un réseau LoRaWAN privé avec une micropasserelle Linux embarquée positionnée dans un wagon. Cet équipement baptisé Meli, également conçu et fabriqué par Stimio, est alors capable d’agréger les données émises par plusieurs modules Marti installés dans le train et de les réémettre vers un système d’information centralisé à travers un réseau cellulaire 3G/4G opéré. « Nous devons livrer les premiers milliers d’unités Marti dans les toutes prochaines semaines, ajoute le directeur ventes et marketing de Stimio. Notre travail pour la SNCF démontre que l’on sait réaliser à la fois l’objet et le système de collecte pour des projets spécifiques et des marchés verticaux précis, ici le ferroviaire. Mais nous avons aussi mené des tests sur le terrain avec deux logisticiens d’envergure pour des applications de suivi et de traçage d’objets. Les preuves de concept sont bien abouties et nous espérons des commandes dans l’année. »
 
 
Un partenariat avec WISeKey pour la sécurité
 
A noter que Stimio vient de signer un partenariat avec la société suisse WISeKey, spécialiste de la cybersécurité et de la protection de l’Internet des objets, afin de combiner la plate-forme STIM-MOD à WISeKeyIoT, le framework de sécurité IoT de la firme helvète. Dans la pratique, ce partenariat va se concrétiser par l’intégration d’un élément sécurisé (SE) et la prise en charge des systèmes PKI (Public Key Infrastructure) de WISeKey dans une version à venir de STIM-MOD afin de sécuriser la collecte des données IoT et d’assurer une protection de bout en bout. (Pour rappel, la société suisse a repris en 2016 les activités d’Inside Secure liées aux microcontrôleurs sécurisés VaultIC.)
 
Fort aujourd’hui d’un effectif de 25 personnes, Stimio a été fondé fin 2014 à Carquefou près de Nantes par David Dorval, qui était auparavant en charge des activités de test de semi-conducteurs de la société DiBcom (acquise en 2011 par le groupe français Parrot). La jeune entreprise dispose en outre d’un bureau commercial dans l’IoT Valley près de Toulouse et va aussi s’implanter sur Paris très prochainement. « Notre société est en croissance et nous sommes aujourd’hui à la recherche de partenaires financiers et industriels pour soutenir notre développement, indique encore Grégory Winter. Si notre cible est pour l’heure le marché français, Stimio compte rapidement s’orienter vers l’international sur certains segments spécifiques et en coopération. »