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Le français Kinéis veut lancer d’ici 2021 vingt nanosatellites pour satisfaire les applications IoT

Publié le 11 septembre 2018 à 07:24 par Pierrick Arlot        Connectivité

Kinéis

A l’horizon 2020, le nombre d’objets connectés dans le monde pourrait dépasser les 30 milliards d’unités, mais aujourd’hui 90% de la surface du globe est « non connectée » ou, si elle l’est, c’est souvent à des coûts prohibitifs… Pourtant les besoins sont bien là : géolocalisation de conteneurs perdus sur l’océan, émission de messages d’alerte de navires en perdition, logistique, agriculture, loisirs en plein air… Autant de secteurs demandeurs d’une connectivité mondiale abordable. Rien d’étonnant donc à voir un peu partout dans le monde émerger des projets de constellations de nanosatellites conçues pour répondre aux besoins spécifiques de l’Internet des objets comme ceux des sociétés Lacuna Space ou Myriota (pour ne citer que celles-là).

Mais il faudra aussi compter avec la firme française Kinéis, tout juste créée par essaimage de CLS, filiale du Cnes et opérateur mondial du système de localisation et de collecte de données Argos. L’ambition de Kinéis est d’offrir une connectivité universelle, entièrement focalisée sur l’industrie des objets connectés. Pour ce faire, la société s’appuiera sur une nouvelle constellation satellitaire constituée de 20 nanosatellites et reposant sur une technologie de communication « inédite, conçue sur mesure pour les objets connectés » (dixit le communiqué publié par CLS).

CLS a confié le développement de cette constellation, qui devrait être placée en orbite à l’horizon 2021, à Thales Alenia Space pour la maîtrise d’œuvre du système complet. Le groupe franco-italien s’appuiera sur Nexeya pour la fabrication des plates-formes des nanosatellites et sur le rennais Syrlinks dans la conception et la construction des modules de radiocommunication embarqués. « Nous allons pouvoir apporter notre expertise au développement du projet Kinéis, qui s’avère structurant à la fois pour notre société mais aussi pour nos sous-traitants et partenaires, indique Jean-Loïc Galle, PDG de Thales Alenia Space. C’est l’aboutissement d’une collaboration fructueuse entre CLS, Nexeya, Syrlinks et notre groupe qui prend sa source dans l’implication de  longue date de Thales Alenia Space sur le programme Argos et dans le projet de nanosatellite Angels du Cnes qui a permis de crédibiliser une approche système innovante reposant sur une constellation de CubeSat haute performance et haute fiabilité. » Angels (Argos Neo on a Generic Economical and Light Satellite) est un projet développé conjointement par le Cnes et Nexeya dont le premier démonstrateur doit être placé en orbite fin 2019 (lire notre article ici).

« Chaque objet équipé d’un modem Kinéis pourra être localisé et transmettre des données où qu’il se trouve, quelles que soient les conditions, précise pour sa part Alexandre Tisserant, directeur du projet Kinéis. La connectivité Kinéis sera simple à intégrer, basse consommation, fiable et proposée à un coût très compétitif, ce qui la rendra accessible à tous. Ainsi, très vite, nous pourrons localiser et collecter les données de plusieurs millions d’objets connectés, en temps réel ou quasi-temps réel. L’entreprise deviendra le partenaire naturel de tous les entrepreneurs qui chercheront à proposer à leurs clients un Internet des objets satellitaire peu onéreux. »

Pour autant Kinéis n'a pas l'intention de faire cavalier seul. La société souhaite travailler en étroite collaboration avec les opérateurs IoT terrestres, les opérateurs de satellites existants et les fabricants d’objets connectés. La connectivité Kinéis pourrait ainsi se positionner en entrée de gamme pour certains opérateurs de satellites et en complémentarité pour les opérateurs terrestres qui souhaiteraient proposer à leurs clients une couverture mondiale.

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