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Avec les Cortex-A75 et Cortex-A55, ARM met le cap sur l’intelligence artificielle

Publié le 31 mai 2017 à 07:37 par Pierrick Arlot        Composant  Arm

Cortex-A55

Il ne se passe plus une journée sans que l’on parle d’intelligence artificielle, supposée simplifier et transformer à terme nombre de secteurs d’activité (télécoms, automobile, industriel, médical…). Mais les fonctions d’apprentissage automatique et de prise de décision ne seront pas le seul apanage du cloud et elles vont obligatoirement migrer vers la périphérie des réseaux, là où un traitement et un stockage en local des données sont censés assurer une plus grande réactivité vis-à-vis des événements du monde réel et garantir un plus haut niveau de sécurité et de confidentialité.

C’est dans le cadre de ces tendances que le britannique ARM souhaite replacer les annonces de deux nouveaux cœurs de processeur, le Cortex-A75 et le Cortex-A55, effectuées à l’occasion du selon Computex qui se tient du 30 mai au 3 juin à Taipei (Taïwan). Deux cœurs qui sont présentés comme les premiers à être compatibles avec la technologie DynamIQ. Dévoilée en mars dernier, cette technologie constituera le socle des futurs microprocesseurs multicœurs Cortex-A destinés à équiper de nombreux équipements, des passerelles et serveurs de bordure de réseaux jusqu’au cloud, en passant par les véhicules, les maisons connectées et les smartphones. Bref, partout où des algorithmes d’apprentissage automatique devront être mis en œuvre pour analyser et traiter les zettaoctets (1021 octets) de données que ces équipements vont générer.

Dans le détail, les cœurs ARM Cortex-A75 et Cortex-A55 sont dotés de fonctionnalités permises par la technologie DynamIQ, comme la prise en charge d’instructions spécifiques à l'apprentissage machine et à l’intelligence artificielle, et la possibilité d’entrer dans des configurations de processeurs big et LITTLE jusqu’alors impossibles à mettre en œuvre (1+3 ou 1+7 notamment) avec un niveau de granularité et de commande inédit.

Le Cortex-A55 s’inscrit dans la lignée du Cortex-A53 qui a été lancé en 2012 et qui est aujourd’hui le cœur ARM Cortex-A 64 bits le plus vendu avec plus de 1,5 milliard de circuits commercialisés à ce jour dans des équipements aussi divers que des smartphones, des infrastructures réseau, des systèmes d’info-divertissement automobiles, des équipements d’assistance à la conduite (ADAS), des téléviseurs numériques, des appareils d’électronique grand public et… des satellites. Implémentant l’architecture ARMv8.2, le Cortex-A55 présente donc des performances supérieures à son aîné tout en maintenant un niveau de consommation équivalent.

Sans rentrer dans les détails techniques, ce nouveau cœur affiche une éco-efficacité meilleure de 15% par rapport aux Cortex-A53 (à même fréquence et pour le même procédé de gravure), une performance mémoire doublée et une échelonnabilité décuplée (avec jusqu’à 256 cœurs par SoC). Dans les conceptions où la consommation est plus importante que la puissance, le Cortex-A55 délivre donc le même niveau de performances tout en consommant 30% moins d’énergie ! On notera que le niveau de sûreté de fonctionnement a aussi été amélioré afin de satisfaire les applications automobiles avec la possibilité de répondre aux contraintes de la norme ISO 26262 Asil D une fois le Cortex-A55 associé au Cortex-R52.

De son côté, le cœur Cortex-A75, présenté comme le plus puissant des cœurs de processeur d’application signés ARM, affiche des performances de 20% supérieures au Cortex-A73, lancé il y a un an et qui constituait jusqu’alors le vaisseau amiral du Britannique. Il pourra être utilisé dans des configurations de un à quatre cœurs homogènes ou associé au Cortex-A55 dans des modes big.LITTLE hétérogènes avec jusqu’à huit cœurs au total. Selon ARM, plus d’une dizaine de sociétés ont déjà acquis sous licence les deux nouveaux cœurs de processeurs ainsi que la technologie DynamIQ et les premiers SoC ad hoc pourraient voir le jour début 2018.

Signalons enfin que le Britannique a également annoncé le processeur graphique Mali-G72, bâti comme son prédécesseur, le Mali-G71, sur l’architecture Bifrost mais affichant des performances de 40% supérieures. De quoi satisfaire les applications de réalité augmentée ou virtuelle.

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