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Sûreté de fonctionnement : ARM sort son premier processeur basé sur l’architecture ARMv8-R

Publié le 20 septembre 2016 à 12:38 par Pierrick Arlot        Composant  Arm

Cortex-R52

Cortex-R52. Tel est le nom du premier cœur de processeur temps réel lancé par le britannique ARM (récemment acquis par le japonais SoftBank) qui implémente l’architecture ARMv8-R, dévoilée il y a déjà trois ans (lire notre article ici). Cette architecture pour processeurs embarqués temps réel est destinée à satisfaire les contraintes de sûreté de fonctionnement typiquement rencontrées sur les marchés de l’automobile et de l’industriel. Bâtie sur les fondamentaux de l’architecture 32 bits ARMv7-R, aujourd’hui à l’œuvre dans les processeurs à cœur Cortex-R, et destinée à étoffer l’architecture ARMv8-A, l’architecture ARMv8-R se distingue essentiellement par l’intégration dans le silicium d’un mode hyperviseur. Un mode qui permet l’exécution de plusieurs systèmes d’exploitation, applications et tâches temps réel sur un seul et unique processeur, tout en assurant une parfaite isolation entre des environnements qui n’obéissent pas forcément aux mêmes contraintes de sécurité ou de sûreté de fonctionnement.

Selon ARM, le cœur Cortex-R52 a été conçu pour répondre aux contraintes de sûreté de fonctionnement des systèmes qui doivent obéir aux standards ISO 26262 Asil D et CEI 61508 SIL 3, les niveaux de sûreté les plus stricts rencontrés dans les domaines de l’automobile, du médical et de l’industriel. Par rapport au Cortex-R5 déjà déployé dans un certain nombre d’applications critiques, le Cortex-R52 offrirait 35% de performances supplémentaires avec un score de 1,36 Automark/MHz obtenu au banc d’essai AutoBench du consortium EEMBC en utilisant l’édition 2017 du compilateur Green Hills. Le score le plus élevé dans sa catégorie, assure ARM.

Dans le détail, le Cortex-R52 se distingue par une technologie de séparation des tâches logicielles renforcée par des mécanismes implantés dans le silicium et ce afin d’assurer une isolation parfaite du code critique. Du coup, les ressources matérielles sont gérées par un hyperviseur logiciel qui prend en charge l’exécution des tâches et la répartition des ressources entre ces mêmes tâches. Ainsi, explique ARM, le Cortex-R52 minimise la quantité de code qui doit être certifié vis-à-vis des normes de sûreté de fonctionnement et, partant, accélère les phases de développement, d’intégration logicielle, de maintenance et de validation.

Le processeur serait aussi en mesure d’assurer le déterminisme et le changement rapide de contexte exigés par les systèmes temps réel. A noter que STMicroelectronics a déjà acquis une licence du Cortex-R52 afin de le glisser dans des circuits intégrés complexes de type SoC pour le marché de l’automobile. Les sociétés Cadence et Synopsys, quant à elles, proposent dès aujourd’hui des outils destinés à faciliter la conception de circuits à cœur ARM Cortex-A52.

 

 

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