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Neuf villes au moins en France disposent de fréquences libres pour des pilotes 5G

Publié le 17 janvier 2018 à 11:09 par Pierrick Arlot        Conjoncture

5G

Pour préparer l'arrivée de la 5G dans l’Hexagone et contribuer à la mise en place d'une stratégie nationale en la matière, l'Arcep, l’autorité de régulation des télécoms en France, vient d’ouvrir un guichet « pilotes 5G » accessible à tout type d'acteurs. Pour l’Arcep, la 5G se présente en effet comme LA génération de rupture, celle qui ne s'intéresse plus uniquement au monde des opérateurs de téléphonie mobile et des communications grand public, mais qui ouvre de nouvelles perspectives et permet la cohabitation d'applications et d’usages extrêmement diversifiés, unifiés au sein d'une même technologie.

La décision de l’autorité de régulation intervient au moment même où les actualités autour de la 5G se télescopent. Le 3GPP, l’organe de normalisation des technologies mobiles (2G, 3G et 4G), a approuvé le 21 décembre dernier le premier standard relatif à la 5G NR (New Radio). Une étape qui donne le coup d’envoi à des développements d’envergure de l’interface radio 5G NR pour des pilotes à grande échelle et des déploiements commerciaux à partir de 2019. Par ailleurs, l'élaboration d'une stratégie nationale pour la 5G fait actuellement l'objet d'une consultation publique lancée par le gouvernement français (lire notre article ici).

Dans ce cadre, deux bandes de fréquence semblent se démarquer en Europe, estime l’Arcep qui rappelle que ces bandes ne sont pas encore attribuées aux réseaux mobiles. La bande 3400 - 3800 MHz, qui a fait l'objet d'une consultation publique en mars 2017, est communément admise comme bande cœur de la 5G : elle offre des canalisations importantes, autorisant des débits très élevés, dispose d'une certaine maturité technologique et sera disponible à court terme dans une grande majorité des pays européens. La bande 26 GHz, qui appartient à la nouvelle génération de bandes millimétriques et permettra des débits jusque-là inédits, affiche un niveau de maturité technologique encore faible, mais elle reste d'un grand intérêt pour l'écosystème 5G dans la mesure où elle permettra l'arrivée de technologies de rupture, précise l’Arcep.

Les objectifs du guichet « pilotes 5G » ouvert par l’autorité de régulation sont divers. La mise en place de pilotes 5G doit d’abord permettre d'appréhender les modalités de cohabitation entre acteurs et de tester les modèles d'affaire. Une phase indispensable car la 5G est souvent annoncée comme la génération qui saura satisfaire les besoins de connectivité d'une grande variété d'usages, de l'Internet grand public aux communications critiques de l'Internet industriel, en passant par les communications ambiantes de l'Internet des objets généralisé. Dès lors, les opérateurs, mais aussi tous les acteurs « verticaux », devront pouvoir être parties prenantes de ces pilotes. Aussi le guichet « pilotes 5G » est-il ouvert à tout acteur intéressé par la 5G et souhaitant réaliser de premiers déploiements.

Dès à présent l'Arcep peut délivrer des autorisations d'utilisation de fréquences à titre transitoire pour développer des pilotes 5G, notamment dans les deux bandes précitées dans la limite de leur disponibilité. Dans la bande 3400-3800 MHz, des fréquences sont d’ailleurs déjà disponibles dans les agglomérations de Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Le Havre, Saint-Étienne, Douai, Montpellier et Grenoble, rappelle l’autorité de régulation.

Enfin, ces pilotes 5G permettront au régulateur d'obtenir de premiers retours sur l'utilisation des réseaux de prochaine génération. Ces retours d'expérience alimenteront les travaux de l'Arcep dans la préparation de la procédure d'attribution des futures autorisations 5G. Parallèlement, l’Arcep annonce le lancement de travaux sur les conditions de déploiement de la 5G. De fait, la 5G sera probablement liée à la mise en œuvre de différentes innovations (antennes actives, usage de fréquences très hautes, multiplication des petites cellules…) qui pourraient modifier significativement la manière de déployer un réseau mobile. L'Arcep souhaite anticiper les effets de ces innovations en concertation avec le secteur et organisera notamment, courant 2018, un atelier sur le sujet.

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