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L’automobile rêve déjà à un standard Ethernet sur fibre optique à des débits au-delà de 2,5 Gbit/s

Publié le 30 août 2019 à 07:01 par Pierrick Arlot        Communication

KDPOF

Alors qu’il existe aujourd’hui des normes IEEE officielles spécifiant des couches PHY Ethernet pour le transport de trames à 100 Mbit/s et 1 Gbit/s sur une seule paire de cuivre torsadée au sein d’un véhicule, un groupe d’études chargé d’évaluer l’opportunité de développer un standard de connectivité Ethernet multigigabit sur fibre optique a été mis sur pied cet été, avec l’aval de l’IEEE. Mené par Carlos Pardo, le CEO et cofondateur de la société KDPOF, spécialiste des émetteurs/récepteurs sur fibre optique plastique, le groupe d’études, qui réunit une quinzaine de constructeurs et équipementiers automobiles (dont PSA, Toyota et Volvo) se donne comme objectif de faire évoluer l’actuelle spécification IEEE 10GBase-SR pour établir un canal de communication sur fibre optique à 10 Gbit/s, voire plus (voir tableau en fin d'article).

« L’infodivertissement, les systèmes évolués d’assistance à la conduite ADAS et les niveaux de plus en plus élevés d’autonomie font exploser le débit des données dans l’automobile, explique Carlos Pardo. De 100 Mbit/s à 1 Gbit/s, on passe allègrement à 2,5 Gbit/s, 5 Gbit/s et 10 Gbit/s et certains constructeurs évoquent même des objectifs à 25 et 50 Gbit/s dans les prochaines années. »

L’actuel standard IEEE 10GBase-SR a été à l’origine créé pour répondre aux besoins des centres de données où l’environnement, parfaitement contrôlé, n’a rien à voir avec celui, particulièrement exigeant, de l’automobile. Avec les contraintes environnementales drastiques de l’automobile, auxquelles il faut ajouter les exigences en termes de consommation et de coût, seule une évolution du schéma de communication peut apporter la robustesse recherchée et la capacité à s’adapter automatiquement aux conditions variables et à des processus de fabrication différents d’un constructeur à l’autre, précise le dirigeant de KDPOF. Qui plus est, la technologie devra être échelonnable pour atteindre dans le futur des débits de 25, 50 et 100 Gbit/s.

Dans ce cadre, le groupe d’études se donne comme objectif de présenter des premiers prototypes d’ici à la fin 2021. Parallèlement, il évaluera l’opportunité de créer un standard IEEE officiel pour l’industrie automobile avec des débits démarrant à 2,5 Gbit/s et s’étageant jusqu’à 50 Gbit/s.

On rappellera que l’IEEE devrait publier d’ici à la fin de l’année une spécification, connue pour l’heure sous le label P802.3ch, visant à véhiculer des débits de 2,5 Gbit/s, 5 Gbit/s et 10 Gbit/s sur une paire de conducteurs en cuivre dans l’automobile (lire notre article ici).

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