L'embarqué > Normes & spécifications > Communication > La Conférence mondiale des radiocommunications identifie de nouvelles bandes millimétriques pour la 5G

La Conférence mondiale des radiocommunications identifie de nouvelles bandes millimétriques pour la 5G

Publié le 25 novembre 2019 à 09:44 par Pierrick Arlot        Communication

WRC-2019

La Conférence mondiale des radiocommunications (CMR), qui se tient tous quatre ans afin de mettre à jour, à l’échelle du globe, la réglementation régissant l’utilisation du spectre radioélectrique et des orbites satellitaires, s’est close le 22 novembre après plus de trois semaines de débats parfois houleux (lire notre article ici). L’une des décisions les plus importantes prises par les 3 400 délégués représentant quelque 165 membres de l’Union internationale des télécommunications (UIT) porte sur l’identification de bandes de fréquence additionnelles, harmonisées à l’échelle mondiale, pour en particulier satisfaire les besoins à venir de la 5G (IMT-2020 dans le vocable de l’UIT). Notamment dans les domaines du large bande mobile évolué, des communications « massives » de machine à machine et des communications ultrafiables à faible temps de latence (qui intéressent l’automobile et l’industriel en premier lieu).

Les plages de fréquence additionnelles ont été identifiées dans les bandes millimétriques 24,25-27,5 GHz, 37-43,5 GHz, 45,5-47 GHz, 47,2-48,2 GHz et 66-71 GHz. Au total ce serait un spectre total de 17,25 GHz qui aurait été identifié lors de la CMR... contre 1,9 GHz aujourd'hui disponible pour la 5G. Sur ce total, un spectre de 14,75 GHz aurait été harmonisé à l'échelle mondiale. 

Dans le même temps, une protection a été accordée au service d'exploration de la Terre par satellite (SETS) ainsi qu'au service de météorologie et à d'autres services passifs dans des bandes adjacentes, à l'instar du service de recherche spatiale, afin de garantir le bon fonctionnement des systèmes spatiaux de surveillance de la Terre et de son atmosphère. Les services par satellite à l'appui de la météorologie et de la climatologie visant à préserver la vie humaine et les ressources naturelles seront également protégés contre les brouillages radioélectriques préjudiciables, tout comme les systèmes utilisés par les radioastronomes pour l'exploration de l'espace lointain.

La GSMA, l’association qui représente les intérêts des opérateurs de réseaux mobiles, s’est évidemment réjouie de la décision prise par la CMR-19. « Des services 5G innovants qui reposent sur la fourniture quasi instantanée de grandes quantités de données vont s’avérer possibles grâce aux ondes millimétriques dans les gammes 26 GHz, 40 GHz et 66 GHz, a ainsi précisé la GSMA dans un communiqué. Parmi ces services, on peut citer les applications de réalité virtuelle et augmentée, le contrôle à distance de robots industriels, les véhicules autonomes, ainsi que les services de divertissement, tels que le téléchargement de films 4K en quelques secondes. »

Les choses ne devraient pas s’arrêter là puisque la CMR-19 a déjà mis au programme de la CMR de 2023 l’identification de nouvelles bandes dans les gammes de fréquence moyennes et basses. Selon la GSMA, l’élargissement à terme du spectre accordé à la 5G dans les bandes 3 GHz (entre 3,3 et 4,2 GHz) permettrait d’augmenter les performances des réseaux 5G, de réduire les coûts de déploiement et de générer des avantages économiques significatifs. Par ailleurs l’organisation s’est engagée à soutenir les efforts visant à identifier davantage de spectre au-dessous de 1 GHz d’ici à la CMR-23 afin d’améliorer la couverture 5G. Une nécessité pour pouvoir étendre les avantages de la 5G aux zones rurales et accélérer la révolution de l'Internet des objets (IoT), estime la GSMA.  

Sur le même sujet