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gulplug chasse les gaspis énergétiques sur les sites de production industriels

Publié le 29 janvier 2016 à 10:00 par Pierrick Arlot        Start-up

gulplug chasse les gaspis énergétiques sur les sites de production industriels

Fondée par des anciens de Schneider Electric, la start-up grenobloise gulplug compte, à partir de l'été 2016, proposer des services connectés de monitoring ou de réduction de la consommation d’énergie, voire des services de maintenance prédictive, à des utilisateurs du type usines, centres commerciaux ou grands bâtiments tertiaires. Elle va s'appuyer pour cela sur un capteur d'énergie communicant non intrusif, fonctionnant à la fois sans fil et sans pile. La société planche aussi sur une prise électrique magnétique ! 

L’économie d’énergie est aussi l’affaire des sites de production industriels, mais les responsables de l’optimisation énergétique se focalisent essentiellement sur les modes actifs des usines lorsque les équipements, les systèmes d’automatismes et autres machines tournent tous à plein régime. Rien – ou presque – n’est fait pour limiter la consommation d’électricité hors des périodes de production effective. Cette consommation s’avère pourtant loin d’être négligeable, sa valeur pouvant représenter entre 10% et 25% de celle des phases « actives » ! Un gisement de gain en éco-efficacité qui s'avère donc encore inexploité...

Une partie de l'équipe de gulplug (avec  Xavier Pain, 2e à gauche, et Eric Marsan, 1er à droite, CEO et COO de la start-up)

C’est à cette problématique, entre autres, que s’est attelée la jeune société française gulplug, créée en mai 2014. Dans le cadre du projet collaboratif Plesmo cofinancé par Fenwick, Schneider Electric, l’Insa de Lyon et le consortium européen KIC InnoEnergy, un projet qu’elle a rejoint en mai 2015, la start-up a notamment participé à l’élaboration d’un capteur d’énergie qui fonctionne à la fois sans pile et sans fil et qui s’avère apte à renvoyer par un lien radio des informations vers le cloud et une base de données, là où elles peuvent être analysées et exploitées.

Un capteur d'énergie sans fil et sans pile

« Ce capteur est totalement non intrusif et se clampe sur une phase ou un neutre dans un tableau électrique industriel, détaille Xavier Pain, président de gulplug et ancien responsable de projets innovants pour l’industrie chez Schneider Electric. Il mesure le courant, la quantité d’énergie, la température et récupère suffisamment d’énergie pour émettre les données via une liaison radio ZigBee Green Power sur une distance maximale de trente mètres. Les données sont récupérées par une petite passerelle elle-même reliée au cloud. Cette brique technologique va nous permettre de proposer à des utilisateurs du type usines, centres commerciaux ou grands bâtiments tertiaires, des services connectés de monitoring ou de réduction de la consommation d’énergie, voire des services de maintenance prédictive. Nous serons par exemple capables de repérer de façon précise des dérives par rapport à un usage normal, annonciatrices de dysfonctionnements de machines ou d’équipements. »

Fondé par Xavier Pain, Eric Marsan et trois autres salariés de Schneider Electric (David Gualino, Charles Blondel et Olivier Coutelou), gulplug ne s’interdit pas toutefois de vendre les capteurs à des grands industriels qui, eux-mêmes, proposent des services à l’instar de… Schneider. « Nous comptons proposer nos services connectés à partir de l’été 2016 et, dans le cadre de notre modèle économique, nous tablons à terme sur plusieurs dizaines de milliers de capteurs installés par an, ajoute le président de la jeune société grenobloise hébergée dans les locaux du KIC InnoEnergy. Pour accompagner notre développement commercial, nous avons d'ailleurs prévu cette année une levée de fonds de 1,5 million d’euros. »

Des tests sur le terrain

Quoi qu’il en soit, le capteur d’énergie de gulplug, dont les brevets sont la propriété de Schneider Electric mais dont les droits d’usage exclusif ont été concédés à la start-up, a déjà fait ses preuves sur le terrain. « Une centaine de prototypes ont été testés sur plusieurs sites pilotes, notamment dans les usines de Schneider Electric à Carros, de Fenwick à Châtellerault et de Bonduelle à Renescure dans le nord de l’Italie », dévoile Xavier Pain. La société prévoit par ailleurs la sortie d’une deuxième génération de capteurs d’énergie à l’horizon 2017 avec en particulier des modèles à longue portée aptes à communiquer directement sur des réseaux LPWAN (Low Power Wide Area Networks) du type Sigfox ou LoRa. « Mais nous ne sommes pas des spécialistes des capteurs et la valeur ajoutée de gulplug réside dans nos services connectés et nos capacités à fournir des produits rapides et pratiques à déployer par nos clients eux-mêmes en toute autonomie », insiste le dirigeant de la start-up qui planche parallèlement sur un autre produit : la prise électrique magnétique, destinée à brancher plus facilement, plus rapidement et plus sûrement toute machine électrique.

La prise électrique magnétique de gulplug

Egalement imaginée dans les laboratoires de R&D de Schneider Electric, cette prise repose sur l’utilisation d’un noyau magnétique pour maintenir le  contact et permet un branchement électrique quasiment à l’aveugle et avec une seule main, sans que l’utilisateur ait à viser, à se baisser, à faire des efforts... « Elle s’enlève aussi toute seule et il n’y a pas de risque d’arrachage de fils électriques au niveau d’une machine, d’un équipement ou d’un appareil électroménager, ce qui intéresse aussi les industriels », ajoute Xavier Pain.

En fait, c’est autour de ce projet qu’a été créé au tout départ gulplug, mais la jeune entreprise s’est rapidement aperçu que des efforts restaient à mener pour abaisser le coût de cette prise électrique magnétique, jugée encore deux fois trop élevé pour séduire les clients potentiels. « Il est absolument indispensable d’intégrer l’aimant dans le plastique pour réduire les coûts, mais l’Europe a perdu la maîtrise de la fabrication du plastique aimanté, soupire le cofondateur de la start-up. Comme nous tablons sur une production locale, il faut remettre le Vieux Continent à niveau sur ce processus industriel. Nous y travaillons dans le cadre d’un projet FUI baptisé Prima. » Lancé en 2015, ce projet, qui réunissait au départ Renault, Fenwick, SEB et ARaymond (entre autres), s’est donné pour objectif d’arriver à un lancement d’une production de volume de la prise électrique magnétique d’ici deux ans et demi. En attendant, gulplug, qui s’appuie aujourd’hui sur un effectif de huit personnes, met tous ses espoirs dans la commercialisation de ses services connectés de supervision et d’optimisation de la consommation électrique à destination des industriels.  

 

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