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Smart City : plus de 65% des caméras de sécurité vendues en 2025 seront équipées d’une puce IA

Publié le 06 avril 2021 à 10:11 par Pierrick Arlot        Perspective

Hikvision

Au niveau mondial, la base installée de caméras intelligentes équipées d’une puce IA (intelligence artificielle) devrait dépasser la barre des 350 millions d’unités en 2025. Parallèlement, la présence d’une telle puce au sein des caméras de sécurité déployées dans des applications de la ville intelligente deviendra la norme. Si l’on en croit la société d’études ABI Research, plus de 65% des caméras vendues sur le marché des smart cities en 2025 seront livrées avec au moins un circuit IA et intégreront  des modèles d'apprentissage profond (DL, Deep Learning) pour automatiser et améliorer la prise de décision dans des applications telles que la gestion intelligente du trafic automobile, les « objets » autonomes, la surveillance et la gestion des flux de piétons, la sécurité physique et périmétrique ou la détection préventive des menaces.

« Au-delà des aspects de faible latence, les interrogations liées à la confidentialité des données conduisent inexorablement à l'adoption de l'IA en périphérie de réseau (edge), les informations pouvant être traitées en local sans être envoyées dans le cloud, indique Lian Jye Su, analyste spécialiste de l’IA et de l'apprentissage automatique chez ABI Research. Ambarella, HiSilicon, Intel, Nvidia, Qualcomm et Xilinx sont quelques-uns des principaux fournisseurs de chipsets IA dans le domaine des villes intelligentes. Les fournisseurs de la mouvance TinyML devraient aussi jouer un rôle clé dans l'activation de fonctions de vision artificielle toujours actives grâce à des caméras, lidars, imageurs infrarouges et autres capteurs fonctionnant sur batterie. »

Pour l’heure, détaille ABI Research, ces tâches IA sont effectuées soit au travers de modèles d’apprentissage profond hébergés dans le cloud (une approche proposée par des fournisseurs d'analyse vidéo tels que SenseTime, Ipsotek, icetana ou Sentry AI), soit par des moteurs d’inférence DL embarqués dans des caméras de sécurité intelligentes ou des enregistreurs vidéo réseau, tels que ceux commercialisés par Hikvision ou Dahua. Les deux méthodologies ont leurs propres forces et faiblesses respectives, reconnaît ABI Research.

Deux tendances technologiques vont toutefois catalyser le déploiement de la vision artificielle reposant sur l’apprentissage profond. « La première est l’edge computing, détaille Lian Jye Su. Au lieu de déployer des modèles IA spécifiques sur des caméras intelligentes dont le prix est supérieur de plusieurs ordres de grandeur à celui des caméras traditionnelles, les municipalités peuvent héberger des modèles DL sur des passerelles et des serveurs sur site. Les données peuvent alors être traitées et stockées en périphérie de réseau, avec des temps de réponse plus courts que ceux offerts par une infrastructure cloud. »

La deuxième tendance technologique n’est autre que la 5G. Si le network slicing (ou découpage du réseau en « tranches ») ne sera pas commercialement prêt d'ici à 2023, cette fonctionnalité des infrastructures 5G va permettre aux fournisseurs de services de communication d'offrir des ressources réseau spécifiques pour héberger des microservices, assurer une fiabilité de service de 99,9999%, et garantir une connectivité sans couture des équipements avec prise en charge des applications de vision artificielle dopée à l’IA pour la ville intelligente.

Selon ABI Research, la transition vers l’edge computing ouvre de nouvelles opportunités de marché, en particulier pour les start-up spécialistes des puces IA qui se concentrent davantage sur le marché des passerelles et microserveurs tels que les sociétés Blaize, Hailo et Kneron.

Reste que les vents contraires ne manquent pas. La méfiance du grand public et les réglementations liées à l'adoption de l'IA dans les caméras publiques constituent un défi majeur pour une telle mise en œuvre. Les défenseurs des droits de l'homme se méfient des abus potentiels et s'opposent ainsi à l'adoption des technologies de reconnaissance faciale. A ce titre, la Chine, qui est l’un des marchés clés pour la vision artificielle renforcée par l’IA, fait toujours l'objet d'un examen attentif de la reconnaissance faciale à l’échelle nationale pour maintenir la sécurité et l'ordre public, en particulier dans les territoires des minorités ethniques.

« La confiance est un élément essentiel quand on parle de technologies de sécurité publique, commente Lian Jye Su. C'est pourquoi ABI Research encourage les développeurs, les fournisseurs, les autorités et le grand public à se concentrer sur un dialogue constant et sur l'introduction d'une plate-forme technologique commune pour la transparence, ainsi que sur des cadres d'éthique et de gouvernance de l'IA qui peuvent minimiser les biais. À l'avenir, les fournisseurs de technologies qui pourront tirer leur épingle du jeu dans le domaine de la ville intelligente seront ceux qui pourront faire la démonstration de modèles DL transparents et explicables et ceux qui montrent une volonté d'adopter des standards et des cadres éthiques ouverts et communs. »

Vous pouvez aussi suivre nos actualités sur la vitrine LinkedIN de L'Embarqué consacrée à l’intelligence artificielle dans l’embarqué : Embedded-IA

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