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Plates-formes de connectivité stratosphériques : Airbus, Loon et SoftBank créent la HAPS Alliance

Publié le 24 février 2020 à 10:04 par Pierrick Arlot        Communication

HAPS Hawk30

Un nombre sans cesse croissant d’entreprises reconnaissent le potentiel inexploité de la stratosphère pour améliorer la connectivité de zones, de personnes et d’objets peu ou pas desservis par les réseaux télécoms terrestres actuels. Annoncée officiellement vendredi 21 février, la création de la HAPS Alliance (HAPS pour High Altitude Platform Station) est symptomatique de cette évolution.

Fondée par HAPSMobile, filiale de l’opérateur télécoms nippon SoftBank, par Loon, société sœur de Google au sein du groupe Alphabet, et par AeroVironment, Airbus Defence and Space, Ericsson et Nokia, l’association veut promouvoir l’usage de plates-formes de communication volant dans la stratosphère à environ 20 km de la surface terrestre pour réduire la fracture numérique. Plusieurs opérateurs télécoms ont rejoint l’alliance à l’instar de Bharti Airtel, China Telecom, Deutsche Telekom, Intelsat, SoftBank et Telefonica.

La création de la HAPS Alliance est une suite logique de l’alliance signée en avril 2019 entre HAPSMobile et Loon qui a conduit à adapter une charge utile de communication pour la plate-forme volante sans pilote Hawk30 de HAPSMobile. Cette charge utile se compose d'un certain nombre de composants qui lui permettent de se comporter comme une station de base cellulaire stratosphérique. Elle utilise en particulier un sous-système radio LTE personnalisé qui exploite diverses bandes de fréquence 3GPP et qui permet au Hawk30 de fournir une liaison LTE sans fil directe vers des smartphones et autres appareils mobiles LTE standard. La charge utile embarquée est par ailleurs reliée par des liens de communication à ondes millimétriques à des points fixes d’accès Internet déployés au sol ainsi qu’à d’autres engins volants disséminés dans la stratosphère (lire notre article ici).

Selon les membres de la HAPS Alliance, les plates-formes de connectivité de type HAPS permettent de garantir une couverture quasi globale en évitant les potentiels problèmes de congestion au sol dus à la forte densité de stations de base. Des avantages qui en feraient une solution prometteuse pour étendre la couverture mobile aux zones où la connectivité fait défaut - comme les terrains montagneux, les îles isolées, les océans et les mers ou les pays en développement - et répondre à certains cas d’usage de la 5G et de l’Internet des objets.  

« Les systèmes HAPS comblent un fossé entre les satellites et les drones, les uns et les autres étant complémentaires dans le cadre d'un marché en croissance constante, indique Dirk Hoke, le PDG d'Airbus Defence and Space. Travailler à la création d’un écosystème HAPS où existent des normes communes est la prochaine étape logique dans l'évolution du marché. »

L’alliance nouvellement créée compte en effet promouvoir et élaborer des standards applicables aux plates-formes de connectivité HAPS, des directives d'interopérabilité et des politiques réglementaires ad hoc dans les secteurs des télécommunications et de l'aéronautique. Dans ce cadre, la HAPS Alliance va plaider pour une harmonisation au niveau mondial des fréquences accordées aux plates-formes HAPS, y compris l'adoption et l’amélioration de la réglementation spectrale dévolue aux stations de base IMT à haute altitude par l'Union internationale des télécommunications (UIT). L’organisme va également tenter d'influencer l’édification de standards émergents, notamment ceux en cours d’édification pour les réseaux mobiles 3GPP « non terrestres ».

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