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NXP unifie l’environnement logiciel de ses microcontrôleurs et microprocesseurs automobiles

Publié le 17 octobre 2017 à 11:23 par Pierrick Arlot        Plate-forme NXP

NXP S32

Sous le nom de S32, NXP – toujours en passe d’être repris par Qualcomm – vient de dévoiler une plate-forme générique à la fois matérielle et logicielle qui vise à unifier l’architecture de traitement de ses microcontrôleurs et microprocesseurs pour l’automobile et à fournir un environnement logiciel identique pour différentes applications au sein d’un véhicule. Pour le fournisseur de semi-conducteurs, l’ambition est de permettre aux développeurs de réutiliser du code logiciel existant sur de nouvelles architectures et donc de capitaliser sur des travaux de R&D souvent coûteux et de réduire le temps de mise sur le marché.

Selon NXP, qui reste quand même assez avare de détails précis pour le moment, la plate-forme S32 réduirait les efforts de développement logiciel de 90% au sein d’un même domaine applicatif d’une automobile (assistance à la conduite, conduite autonome, connectivité, etc.) et de 40% dans le cas d’applications inter-domaines. La plate-forme se distingue aussi par des innovations architecturales qui doivent permettre aux constructeurs automobiles de lancer sur le marché des expériences riches à bord des véhicules ainsi que des fonctions de conduite automatisée à une cadence inédite jusqu’ici. C’est tout du moins ce qu’annonce la firme batave qui assure que 8 des 15 principaux constructeurs ont déjà adopté la plate-forme S32 pour de futurs modèles.

Pour l’heure, NXP précise que la plate-forme S32 a vocation à couvrir une large gamme de processeurs, des petits microcontrôleurs basse consommation à cœur ARM Cortex-M jusqu’aux puces-systèmes SoC très puissantes de classe Cortex-A, en passant par les circuits Cortex-R optimisés pour répondre aux contraintes temps réel. Selon le fabricant de semi-conducteurs, tous ces circuits, dont les premiers membres de classe SoC devraient être annoncés en 2018, embarqueront des mécanismes destinés à assurer une certification Asil D vis-à-vis de la sûreté de fonctionnement, et ce à chaque niveau de performance. La plate-forme S32 vise aussi à apporter les concepts de sécurité maîtrisés par NXP aux futures puces-systèmes SoC de la famille S32 et à permettre des mises à jour over-the-air dynamiques de tous les domaines d’application de l’automobile reposant sur l’architecture S32 à travers une passerelle sécurisée.

Côté logiciels, la firme batave devrait définir un jeu d’IP commun aux différents domaines ciblés et accessible à travers le SDK S32 ainsi que des IP spécifiques aux applications visées (passerelle sécurisée, radar, commande moteur, groupe motopropulseur, etc.) et disponibles sur chaque microcontrôleur. Enfin la plate-forme S32 pourra prendre en charge une gamme d’accélérateurs d’algorithmes d’intelligence artificielle pour les applications d’assistance évoluée à la conduite (ADAS), dans le cadre notamment de la détection et la classification d’objets pour les applications de vision artificielle, de radar et de fusion de capteurs.

« Nous nous sommes rendus compte que nous devions réinventer le matériel pour bâtir le logiciel de demain, celui qui définira le véhicule du futur, note Matt Johnson, vice-président et directeur général en charge du logiciel, des microcontrôleurs et des processeurs pour l’automobile de NXP. Nous avons repensé notre architecture matérielle pour permettre l’utilisation d’un environnement de développement logiciel identique, quels que soient les produits et les applications. » Actuellement, les constructeurs ayant fait le choix de la plate-forme S32 utilisent des outils de développement et d’émulation pré-silicium fournis par des partenaires clés de NXP, à l'instar de Synopsys qui propose déjà des VDK (Virtualizer Development Kits) ad hoc. A suivre donc !

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