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L’opérateur nippon KDDI promet une multiplication par 114 du débit sur fibre optique grâce... au français CAILabs

Publié le 29 avril 2015 à 11:26 par Pierrick Arlot        Architecture

CAILabs

L’opérateur de télécommunication japonais KDDI a réussi à transmettre dans une fibre optique un débit 114 fois plus élevé que ce que peut véhiculer classiquement une fibre. Un record qui a pu être atteint grâce à la start-up française CAILabs, dont L’Embarqué a réalisé un portrait début 2014.

« Le trafic de données sur les infrastructures télécoms et Internet est multiplié par dix tous les quatre ou cinq ans, mais, avec les technologies actuelles de multiplexage et de codage, la capacité d’une fibre optique monomode va atteindre ses limites, nous avait alors indiqué Jean-François Morizur, cofondateur de la jeune société créée en 2013. Il va donc falloir déployer à terme des technologies de rupture pour continuer à augmenter le débit qui peut être potentiellement véhiculé par une fibre optique. C’est justement ce que promet l’approche de multiplexage spatial que nous avons développée. »

Le record mondial décroché par KDDI est dû pour une part au fait que la fibre utilisée est à la fois multicœur (grâce à la combinaison de dix-neuf cœurs de fibre conventionnelle dans une seule grosse gaine) et multimode. Les systèmes Proteus de CAILabs, déployés aux deux extrémités de la fibre, ont alors permis d’envoyer de l’information sur chacun des six modes (ou « formes ») portés par chaque cœur de la fibre optique. D’où cette multiplication par 114 (19 x 6) par rapport à une fibre monomode et monocœur classique.

Le procédé de rupture développé par la start-up, qui reste compatible avec le traditionnel multiplexage en longueur d’onde, permet de manipuler de manière purement optique la forme de la lumière pour multiplexer spatialement les différents flux lumineux dans la fibre et augmenter d’autant la capacité de transmission. « C’est mi-2014 que nous avons sorti un multiplexeur à 6 formes, celui-là même qu'a utilisé KDDI pour battre le record de vitesse, précise Jean-François Morizur. Utiliser une seule fibre au lieu de six est une innovation dont les laboratoires de recherche sont prêts à profiter pour faire avancer leurs projets d’ultrahaut débit. »

Avant d’être déployé dans le cœur du réseau Internet, les innovations de CAILabs permettent dès à présent de multiplier par 400 le débit sur les fibres optiques d’entreprise. Il est ainsi possible de faire passer 4 liaisons à 10 Gbit/s dans une fibre généralement limitée à 100 Mbit/s, assure la jeune société qui précise que des déploiements pilotes vont démarrer en juin. Cinq universités et entreprises dont l’université Pierre-et-Marie-Curie, ont déjà confirmé leur participation.

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