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Les émotions des utilisateurs des objets du quotidien n’ont plus de secret pour Smart Me Up

Publié le 05 mars 2015 à 09:43 par Pierrick Arlot        Start-up Smart Me Up

Logo Smart Me Up

Lauréate du Trophée 2014 des technologies de l’embarqué, la jeune société iséroise Smart Me Up a développé un logiciel d’analyse de visage suffisamment rapide et léger pour être intégré au sein d’objets de tous les jours dans des domaines aussi divers que la maison connectée, la ville intelligente ou l’automobile.

Lors du salon CES 2015 qui s’est tenu début janvier à Las Vegas, Smart Me Up figurait sans nul doute parmi les jeunes sociétés qui ont attiré le plus les regards des visiteurs. Une reconnaissance d’autant plus justifiée que la start-up grenobloise est spécialisée dans… l’analyse de visage. Avec une stratégie clairement orientée vers l’embarqué. « A l‘origine de Smart Me Up, il y a eu notre volonté de rendre les technologies de l’intelligence artificielle suffisamment rapides et légères pour qu’elles puissent être intégrées dans les objets du quotidien, se souvient Loïc Lecerf, cofondateur et dirigeant de l’entreprise créée en juillet 2012 à Meylan, tout près de Grenoble. Deux ans de travaux nous ont été nécessaires pour bâtir une solution purement logicielle capable d’analyser les visages en temps réel indépendamment du type de caméra utilisée, 3D ou pas, et de l’architecture du processeur nécessaire à l’exécution dudit logiciel. Sachant que nous ne voulions pas imposer la présence d’un processeur - ou d’une unité de traitement – graphique. »
 
Loïc Lecerf et Matthieu Marquenet, les cofondateurs de Smart Me up
 
Disponible dans une version réellement industrielle depuis bientôt un an, la solution de Smart Me Up peut effectivement se satisfaire d’un circuit à cœur ARM Cortex-A8 tel que celui qui alimente la BeagleBone (un AM335x 720MHz de TI en l’occurrence). Bâti autour de technologies d’apprentissage automatique (machine learning en anglais) (*), le logiciel d’analyse de visages est capable d’extraire en temps réel un ensemble d’informations sur un individu (sexe, âge…) et son comportement (présence ou non, niveau d’attention, type d’émotion ressentie, etc.), voire, éventuellement, de reconnaître une personne donnée.
 
« Les champs d’application sont multiples et vont du marketing interactif à tous les objets du quotidien en passant par la maison connectée, la ville intelligente et l‘automobile, assure Loïc Lecerf, un spécialiste de l’intelligence artificielle qui a travaillé pendant quatre ans dans le centre de recherches européen de Xerox sur les techniques de machine learning. Notre solution intéresse tous les objets intelligents qui ont besoin de comprendre leur environnement, de reconnaître la personne qui les utilisent pour s’adapter à leurs préférences ou de savoir si l’attention de l’utilisateur est bien concentrée sur un objectif précis. » Dans le domaine de l’affichage publicitaire par exemple, le logiciel de Smart Me up permettra d’adapter le contenu affiché à l’âge et au genre de la personne passant à proximité. Dans le secteur automobile, la solution du Français pourrait être utilisée afin d’adapter divers réglages de l’habitacle en fonction de la personne au volant ou prévenir le risque de somnolence du conducteur…
 
Photomaton, premier utilisateur officiel
 
La société Photomaton a été le premier grand nom de l’industrie à avoir officiellement acquis une licence du logiciel de Smart Me Up afin d’équiper ses célèbres cabines d’un outil de vérification de la pose du photographié. « Il est vrai que l’on n’est pas ici dans une configuration que l’on peut qualifier de légère, mais nous avons déjà des clients, notamment français, dans le domaine des objets connectés à vocation très grand public, là où les configurations matérielles se doivent d’être peu onéreuses, précise le fondateur de la start-up. Ces objets connectés seront commercialisés courant 2015. » Loïc Lecerf ne souhaite pas, pour le moment, être plus précis. Mais on peut imaginer qu’une société comme Netatmo avec sa caméra intelligente Welcome, présentée lors du CES 2015, pourrait être un utilisateur potentiel de la technologie de Smart Me Up. Welcome est en effet capable de reconnaître (après apprentissage évidemment) chaque membre d’une famille et d’envoyer sur un smartphone le nom des personnes identifiées. Une fonction particulièrement utile pour des parents qui souhaitent être informés du retour des enfants de l’école…

Une levée de fonds en cours
 
Côté performances, Smart Me Up livre quelques données intéressantes. « Sur un Cortex-A8, le logiciel est capable de réaliser une analyse, quelle qu’elle soit, en 200 millisecondes en moyenne, détaille Loïc Lecerf. Avec un Cortex-A9, on passe facilement à quinze analyses par seconde. » A noter que la start-up, qui commercialise sa solution « embarquée » sous la forme d’une licence traditionnelle avec paiement de redevances pour chaque objet commercialisé, propose aussi une version « déportée » de sa technologie. L’analyse est alors effectuée à distance sur un serveur et proposée selon un modèle économique de type SaaS (Software-as-a-Service) avec paiement à l’usage.
 
Forte du succès d’estime qu’elle connaît aujourd’hui, la jeune société française, qui s’appuie pour l’heure sur un effectif de huit équivalents temps plein, veut passer à la vitesse supérieure. Depuis son retour du CES, elle a entamé une levée de fonds d’une valeur comprise entre 1,5 et deux millions d’euros. « Cette somme doit permettre de soutenir notre croissance, d’augmenter nos effectifs tant sur le plan commercial que technique et de continuer à faire évoluer notre technologie, explique Loïc Lecerf. Il nous faut être encore plus pointu sur certains aspects, notamment quand l’environnement est à faible luminosité ou lorsque le visage à analyser n’est que partiel, ce qui est le cas lorsque la personne est de profil par exemple. » A suivre donc !
 
(*) Les techniques d’apprentissage automatique consistent à implémenter dans une « machine » (au sens large) de méthodes automatisables qui lui permettent d'évoluer grâce à un processus d'apprentissage, et ainsi de remplir des tâches qu'il est difficile ou impossible de remplir par des moyens algorithmiques plus classiques.

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