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Le projet Civil Infrastructure Platform prend en charge Linux sur le très long terme et sur les Arm 64 bits

Publié le 25 mars 2019 à 12:46 par François Gauthier        Plate-forme

Civil Infrastructure platform Linux SLTS

La plate-forme CIP (Civil Infrastructure Platform), du nom d'un projet open source porté par la fondation Linux et lancé en avril 2016, met aujourd'hui à disposition des développeurs un nouveau noyau Linux pris en charge sur le "très long terme" (plusieurs décennies) et capable de fonctionner sur les architectures Arm 64 bits. Rappelons que le projet CIP s'attache à développer un framework de base fondé sur le noyau Linux et capable de répondre aux exigences des applications industrielles civiles avec garantie de prise en charge sur le long terme du noyau Linux, stabilité en termes de sûreté de fonctionnement de la plate-forme, etc. La spécification CIP Core décrit pour ce faire une référence minimale pour un système de fichiers et de gestion de fichiers capable d'offrir une base stable commune pour les développeurs qui conçoivent une application industrielle et qui souhaitent tester le noyau Linux CIP (CIP Kernel). Elle définit aussi les logiciels de bas niveau qui lui sont associés (Core Packages) ainsi qu'une série de composants logiciels open source qui réclament une prise en charge sur le long terme (jusqu'à 10 ans).

Aujourd’hui, les promoteurs du projet (Codethink, Cybertrust, Hitachi, Moxa, Plat’Home, Renesas, Siemens et Toshiba) lancent le kernel Linux SLTS (Super Long Term Support) sur les architectures Arm Cortex 64 bits.

Au-delà, deux nouveaux groupes de travail ont été mis sur pied. Celui sur la sécurité, sous la direction de Renesas Electronics, va se concentrer sur la certification des fournisseurs selon les normes CEI 62443-4-x, l'une des spécifications de sécurité les plus importantes pour les produits industriels. L’objectif est de maintenir la plate-forme CIP vis-à-vis des évolutions à venir de ces normes et de créer un processus de certification bien défini pour in fine réduire le temps et les coûts de développement.

Le second groupe de travail, sous la houlette de Toshiba Corporation, va s’atteler à la problématique des mises à jour logicielles en fournissant un outil ad hoc qui va intégrer et renforcer la couche de base open source de la plate-forme CIP, en particulier au niveau des outils de création d'images Linux utilisés par CIP Core.

Parallèlement les membres du CIP envisagent de collaborer avec le nouveau projet Elisa (Enabling Linux in Safety Applications) de la Linux Foundation (voir notre article ici). Rappelons qu’Elisa est un projet open source qui vise à créer un ensemble d'outils et de processus partagés pour aider les entreprises à construire et à certifier des applications et des systèmes critiques à haut niveau de sûreté de fonctionnement. S'appuyant sur les travaux du projet SIL2LinuxMP et du projet Real-Time Linux, Elisa a l’ambition de faciliter la tâche des entreprises qui développent par exemple des dispositifs robotiques et médicaux, des équipements pour usines intelligentes, des systèmes de transport, des applications de conduite autonome sous Linux… Autant de cas de figure pour lesquels les problématiques de sécurité fonctionnelle sont centrales.

« La maintenance et le support à long terme sont essentiels pour la sécurité, la sûreté et la fiabilité requises par les systèmes embarqués sous Linux fonctionnant dans des environnements industriels et d'infrastructure, précise Kate Stewart, directrice principale des programmes stratégiques à la Linux Foundation. Avec Elisa, nous collaborons avec une communauté plus large que la Linux Foundation telle que le CIP pour établir des processus et outils capables de soutenir les contraintes de certification liées à ces applications critiques fondées sur Linux. »

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