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Le Cnes s’investit dans le développement d’une filière industrielle française de nanosatellites

Publié le 22 mai 2017 à 12:41 par Pierrick Arlot        Perspective

Cnes nanosatellite ANgels

Au niveau mondial, l’activité autour des nanosatellites, ces satellites miniatures de moins de 50 kg, est en plein essor et pourrait, selon le cabinet Euroconsult, représenter une valeur de 800 millions de dollars dans les prochaines années. Un phénomène qui s’explique par la miniaturisation galopante des équipements et la baisse des coûts liée à des facteurs comme des offres de lancements abordables (car proportionnelles à la masse), la standardisation de ces plates-formes et l'utilisation de composants électroniques commerciaux.

Soucieux de structurer l’écosystème national en matière de développement de nanosatellites, et dans le sillage du club Nano créé l’année passée qui a pour objectif de fédérer les acteurs industriels et académiques du secteur, le Cnes (Centre national d’études spatiales) a pris l’initiative de lancer le développement d'un démonstrateur, dénommé Angels (Argos Neo on a Generic Economical and Light Satellite), dont le lancement est prévu en 2019.

A l’issue d’un appel d’offres basé sur un co-investissement entre secteur public et secteur privé, le Cnes a sélectionné la société Nexeya pour développer ce projet. Cette entreprise de 1 000 salariés est déjà présente dans le domaine des systèmes spatiaux en concevant, intégrant et effectuant la recette d’éléments de satellites ainsi que des moyens sol. Dans le cadre du projet Angels, Nexeya a en charge le développement de la plate-forme et l'assemblage final du nanosatellite démonstrateur, le Cnes étant responsable de la charge utile, en l’occurrence un instrument Argos dont le développement est assuré par Thales Alenia Space et Syrlinks. Le Cnes sera aussi en charge du lancement, des opérations et de l’exploitation du satellite.

Pour le projet, Nexeya s’est entouré de sous-traitants, co-investisseurs également pour certains, dont CS, Erems, Mecano-ID, Saft, Spacebell et Steel. Le Cnes, qui va apporter son expertise au consortium industriel avec une équipe d’ingénieurs possédant une expérience du spatial, compte ainsi fédérer les meilleurs acteurs dans le cadre d’une coopération « innovante et équilibrée » en mettant à disposition ses compétences et son expertise au service d’industriels entrepreneurs décidés à se lancer dans cette nouvelle aventure portée par les nanosatellites.

Le Cnes cherche donc par ce biais à fédérer les énergies pour créer une offre industrielle compétitive de nanosatellites en France. Fort de ses recherches en matière de miniaturisation des composants, le centre d’études spatiales peut réaliser avec les nanosatellites des missions offrant de multiples intérêts scientifiques, sociétaux et commerciaux, sachant que les premières applications seront dans le domaine de la collecte de données.

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