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Le capteur d’odeurs universel trace sa route vers le grand public

Publié le 27 mars 2020 à 10:40 par François Gauthier        Objet de la semaine

Aryballe Nez grand public

La société grenobloise Aryballe, pionnière des solutions d’olfaction numérique, met à profit son savoir-faire accumulé depuis sa création en 2014 pour décliner sa technologie vers des marchés de volume : l’automobile et les objets de consommation courante pour le grand public. Ce capteur de la taille d’un trombone, capable de détecter tout type d’odeur en quasi-temps réel, est construit sur une plate-forme photonique sur silicium apte à être produite en volume. Sa taille et son coût unitaire faible lui ouvrent les portes d’une intégration dans des réseaux de capteurs intelligents existants, par exemple dans des appareils électroménagers intelligents, comme les frigidaires capables de détecter par l’odeur un aliment périmé (voir illustration ci-dessous).

Ce nez électronique est doté de la même sensibilité que son grand frère, le NeOse Pro, conçu par Aryballe pour les marchés professionnels. L’appareil, résistant aux vibrations et peu sensible aux influences extérieures, capture des odeurs uniques en quelques secondes. Le procédé consiste à faire interagir des molécules organiques déposées sur une couche de métal avec des molécules de type COV (composés organiques volatils).

En associant ce biocapteur à une source de lumière et à une caméra qui recueille le signal lumineux, il est alors possible de réaliser une sorte de cartographie “visuelle” des combinaisons obtenues entre les molécules. Une fois l’odeur capturée, le logiciel d'Aryballe interprète ces signatures en s’appuyant sur une base de données d'odeurs précédemment collectées. Cette combinaison entre biochimie, optique miniaturisée et apprentissage automatique permet ainsi d’imiter l’odorat humain.

Une des applications de volume visée par Aryballe est celui de l’automobile où l’intégration de ce capteur permettra aux fournisseurs de flottes de véhicules et aux constructeurs automobiles d’évaluer en permanence l’impact des odeurs dans une voiture pour éviter une expérience client négative. D’ores et déjà le constructeur coréen Hyundai Motor Company, qui a investi dans le capital d’Aryballe, utilise ces capteurs pour mieux informer les conducteurs des conditions intérieures de leurs véhicules, y compris pour l’avertir de problèmes potentiels (traces d’odeur d’essence par exemple).

Ce nez miniature, qui a été présenté en avant-première en janvier lors du dernier CES, sera échantillonné en production dans les semaines qui viennent.

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