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L’analyse des données émises par les objets connectés glisse du nuage vers la bordure de réseau

Publié le 25 janvier 2017 à 12:52 par Pierrick Arlot        Perspective

Edge computing

Pour ABI Research, le marché de l’analyse IoT (l’analyse des données émises par les objets connectés en d’autres termes) est en train de migrer rapidement du cloud vers la bordure (edge) de réseau. La société d’études explique cette évolution par l’augmentation des performances de calcul (et la baisse du coût des composants de communication) qui permet d’appliquer des algorithmes analytiques au plus près des « choses » qui génèrent ou récupèrent des données.

A l’heure actuelle, une petite partie seulement des informations captées sont enregistrées au niveau d’un nœud d’extrémité pour être stockées ou traitées ultérieurement. Or l’analyse en bordure de réseau (edge analytics) a justement pour objectif de mieux tirer profit de ces données afin de réduire des problèmes critiques de réactivité en temps réel et d’améliorer les modèles d’analyse prédictive et prescriptive utilisés dans le nuage. L’enjeu est de taille puisqu’ABI Research prédit une multiplication d’un facteur six du volume des données capturées par les objets connectés d’ici 2021 qui devrait atteindre 2 000 exaoctets cette année-là !

« Dans les premiers jours de l’IoT, les entreprises se sont focalisées sur la connectivité des objets plus que sur leur intelligence, commente Ryan Martin, analyste chez ABI Research. Avec l’analyse en bordure de réseau, elles ont accès à plus de granularité sur les données et donc sur leurs objets, ce qui facilite la mise en œuvre d’une approche système permettant d’améliorer les activités et de créer de nouveaux services. »

Selon la société d’études, des sociétés comme Cisco, Dell, Intel, PTC ou Predixion Software (acquis par Greenwave Systems) déploient déjà de l’intelligence dans les systèmes IoT à trois niveaux. Tout d’abord directement sur les nœuds d’extrémité capables de traiter eux-mêmes les informations qu’ils récupèrent. Puis au niveau des passerelles qui agrègent le trafic et donnent des ordres de contrôle/commande aux nœuds d’extrémité. Et enfin à l’échelle du cloud ou de l’infrastructure d’une entreprise auxquels les données sont transmises via une liaison de transport vers le cœur de réseau.

« Quant à savoir si l’intelligence des systèmes et sous-systèmes IoT doit résider dans le cloud ou en bordure de réseau, c’est aujourd’hui l’une des problématiques les plus critiques de l’industrie, ajoute Ryan Martin. L’hétérogénéité des machines, des capteurs et des équipements connectés impose que différents acteurs et leurs solutions d’analyse travaillent en harmonie pour maximiser leur valeur. »

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