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"La fin du réseau téléphonique commuté est un vrai levier de croissance pour le marché M2M"

Publié le 30 janvier 2019 à 12:33 par Pierrick Arlot        Connectivité Matooma

Expert Matooma

[TRIBUNE de Karim Hamadi, MATOOMA] L’obsolescence du réseau téléphonique commuté, qui est encore utilisé dans beaucoup d’applications de communication Machine-to-Machine (M2M), implique pour les entreprises impactées de migrer vers d’autres technologies comme l’IP. Pour faire face à l’arrêt du RTC plusieurs solutions sont possibles, explique Karim Hamadi, directeur des ventes de Matooma, spécialiste de la connexion et de la gestion des objets connectés. 

L’arrêt de la production de nouvelles lignes analogiques fin 2018 marque de manière décisive la fin programmée du réseau téléphonique commuté (RTC). Les opérateurs vont cesser d’exploiter les lignes cuivre et arrêtent d’ores et déjà la commercialisation des abonnements RTC. Il n’est donc plus possible d’ouvrir de nouvelles lignes reposant sur ce réseau. Les lignes existantes, quant à elles, continueront de fonctionner jusqu’à l’arrêt technique fin 2023. L’arrêt de la technologie et la migration vers le tout IP seront progressifs sur plusieurs années et cela par zone géographique, pour une fin définitive prévue au-delà de 2025.

Or de nombreuses entreprises ou collectivités utilisent encore ce réseau. Je compare souvent les équipements qui fonctionnent sur le réseau téléphonique commuté à un vieux parc automobile ; à un moment on arrive au bout de ses possibilités. On ne peut pas faire évoluer une vieille voiture en termes de sécurité, de fonctionnalités et de performance, et surtout il est difficile de la maintenir en état de marche. La fin du RTC est donc une suite logique des choses.

Les besoins et les demandes évoluent

Les transitions technologiques sont de plus en plus rapides et fréquentes. Le RTC est maintenant relégué comme le Minitel et les premiers modems Internet au panthéon des technologies. L’obsolescence de ce système de transmission qui est utilisé dans beaucoup d’applications de communication Machine-to-Machine (M2M) implique pour les entreprises impactées de migrer vers d’autres technologies comme l’IP. De fait, une grande partie des terminaux de paiement bancaire, des systèmes de surveillance des ascenseurs, des alarmes et équipements de télésurveillance, des systèmes de télérelève de compteur fonctionnent encore via le réseau téléphonique commuté.

La transition va être complexe pour les professionnels de ces secteurs qui vont devoir repenser leurs systèmes de communication. Plus précisément dans les métiers de la sécurité, environ 550 000 ascenseurs sont, à ce jour, déployés dans l’Hexagone en RTC. Et chacun d’entre eux embarque un système de communication permettant aux usagers de donner l’alerte en cas de blocage de la cabine. A l’échelle nationale, en raison de l’évolution des normes (notamment liées au déploiement de la fibre optique) et de l’arrêt programmé du RTC, ce sont tous les nouveaux ascenseurs, soit entre 11 000 et 12 500 par an, qui opteront désormais d’emblée pour les réseaux mobiles.

Une migration qui va prendre du temps

Il n’en demeure pas moins que la migration du parc installé va prendre du temps. En fonction des métiers et des installations, cette réversibilité liée à l’obsolescence de la technologie RTC peut avoir un impact financier si l’objet connecté doit être remplacé pour fonctionner en IP. En revanche, les coûts d’exploitation et de communication seront optimisés.

Pour faire face à l’arrêt du RTC plusieurs solutions sont possibles. En pratique, la migration consiste, dans la plupart des cas, à passer sur le réseau mobile et à utiliser des technologies reposant sur IP. Le choix de l’utilisation des réseaux cellulaires dans les applications M2M offre de nombreux avantages techniques et financiers. En pondérant le coût de l’abonnement d’une ligne cuivre et le coût des communications, une ligne mobile est 2 à 3 fois moins chère qu’une liaison RTC. Au niveau des équipements nécessaires à la collecte des données, la mise en place d’un serveur IP est plus simple et moins coûteuse que l’installation de batteries de modems RTC.

Le passage en IP a de nombreux avantages. Il permettra tout d’abord de rationaliser les coûts liés aux infrastructures réseau à mettre en place dans les opérations de collecte des données et d’accès à distance. La technologie RTC fonctionne à l’aide de câblages en cuivre avec des coûts d’abonnement élevés et des communications facturées au temps d’appel. La lenteur de la collecte des données en RTC demande, pour effectuer la télérelève d’un parc important de modems, la multiplication des équipements au niveau de la supervision. A l’inverse, la technologie IP permet de bénéficier d’une facturation au volume de données transféré et de gérer plusieurs connexions en simultané. Cela réduit drastiquement les coûts de communication et de matériel car un seul serveur permet de collecter l’ensemble des données terrain.

Des améliorations techniques et fonctionnelles

Au-delà de cet avantage financier, le passage à cette technologie apporte son lot d’améliorations techniques et fonctionnelles. Dans le cadre des projets M2M, on bénéficie ainsi d’un monitoring et d’un accès à distance en temps réel 24/7 à ses équipements, de la possibilité d’initier plusieurs communications simultanément de manière sécurisée, ou encore de mettre en place des solutions de maintenance préventive aidant au bon entretien des objets connectés. L’utilisation du réseau IP permettra par exemple aux fournisseurs de collecter davantage de données et de les partager plus facilement à l’aide de plates-formes en ligne afin de proposer des services d’optimisation des consommations à leurs clients.

Au niveau de notre marché, la fin du RTC est un vrai levier de croissance, mais c’est aussi pour nous un défi important en termes d’accompagnement et de positionnement de nos solutions pour venir remplacer cette technologie. Nous travaillons depuis plusieurs années pour apporter du conseil, des solutions, et des offres de service à nos clients qui doivent pallier cet arrêt.

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