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Finalisé, le standard H.266/VVC promet de réduire de 50% le débit des flux vidéo codés par rapport au HEVC

Publié le 09 juillet 2020 à 10:57 par Pierrick Arlot        Audio/vidéo

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L’institut de recherche Fraunhofer HHI, en collaboration avec des partenaires industriels comme Apple, Ericsson, Intel, Huawei, Microsoft, Qualcomm et Sony, annonce la publication officielle de la norme de codage vidéo H.266/VVC (Versatile Video Coding). Selon le laboratoire allemand, H.266 promet une efficacité de codage de 50% supérieure à celle de son aîné, le standard H.265/HEVC, à qualité visuelle identique (et donc un débit binaire après codage réduit d’un facteur deux).

Elaborée par le groupe d’experts JVET (Joint Video Exploration Team) commun au comité MPEG de l’ISO/CEI et au groupe de travail VCEG (Video Coding Experts Group) de l’UIT (Union internationale des télécommunications), la nouvelle norme devrait jouer un rôle vital dans le décollage du marché de la TV 8K. Polyvalente, elle vise aussi à répondre à toutes les applications vidéo telles que la téléphonie mobile, la vidéo à la demande, la diffusion TV « classique », le streaming OTT (Over-The-Top), la visioconférence ou le codage panoramique à 360°, et donc à satisfaire leurs exigences respectives en termes de résolution, de débit et de latence.

Aujourd'hui, les données vidéo compressées représentent 80% du trafic Internet mondial, rappelle l’institut Fraunhofer HHI. Toute proposition à réduire les débits en ligne des flux vidéo est donc la bienvenue. La publication de la norme H.266/VVC s’inscrit donc dans cette évolution et dans la lignée des précédents standards H.264/AVC et H.265/HEVC, utilisés aujourd’hui dans plus de 10 milliards de terminaux et traitant plus de 90% du trafic vidéo binaire.

Grâce à une réduction de la quantité de données nécessaires à la diffusion de flux multimédias, H.266/VVC va rendre plus efficace la transmission vidéo sur les réseaux mobiles (où la bande passante, même si elle est en constante augmentation, reste limitée), ajoute le laboratoire allemand. A titre d’exemple, la norme H.265/HEVC requiert environ 10 gigaoctets de données pour transmettre une vidéo à ultrahaute définition 4K de 90 minutes ; H.266/HEVC devrait en nécessiter un volume deux fois moindre avec la même qualité. « Nous avons consacré près de trois ans à l’élaboration de cette norme et contribué de manière significative au développement du H.266/VVC, indique Benjamin Bross, responsable du groupe Systèmes de codage vidéo à l’institut Fraunhofer HHI et éditeur de la spécification H.266/VVC (qui pèse plus de 500 pages). Grâce au bond en avant atteint aujourd’hui dans l'efficacité de codage, l'usage de la vidéo sur les réseaux va encore augmenter partout dans le monde et la polyvalence de la nouvelle norme va rendre son utilisation attractive dans gamme plus large d'applications liées à la transmission et au stockage de la vidéo. »

Reste la question des licences afférentes... Une question jamais simple dans l’univers des normes MPEG/UIT, et ce au moment où le codec AV1 open source de l’alliance AOMedia a le vent en poupe. L’alliance AOMedia a été créée en septembre 2015 pour développer de nouveaux codecs vidéo et formats multimédias « ouverts », disponibles sans royalties et optimisés pour les contenus disponibles sur le Web.

Selon l’institut Fraunhofer, un modèle de licence uniforme et transparent reposant sur le principe FRAND (c'est-à-dire équitable, raisonnable et non discriminatoire) devrait être établi pour l'utilisation des brevets essentiels liés à la norme H.266/VVC. À cet effet, le Media Coding Industry Forum (MC-IF), qui compte désormais une trentaine de sociétés et organismes, a été fondé.

Si plusieurs fournisseurs de semi-conducteurs planchent déjà sur des puces H.266/VVC, l’institut Fraunhofer HHI compte publier à l’automne le premier logiciel (pour l'encodeur et le décodeur) compatible avec la nouvelle norme. Ajoutons que la société grenobloise Allegro DVT propose depuis quelques mois les premiers flux binaires de test pour le standard H.266/VVC. Cette suite de flux binaires de test de conformité H.266/VVC intéresse les développeurs d’IP et de circuits intégrés de décodage vidéo ainsi que les fabricants de terminaux (décodeurs TV, écrans TV, smartphones, tablettes, etc.). Elle fournit un ensemble de bitstreams permettant de tester de façon extensive les éléments de syntaxe, les branches, les conditions et les équations de la nouvelle spécification.

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