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Fenotek invente le majordome vidéo connecté évolutif "made in France"

Publié le 30 avril 2018 à 10:06 par Pierrick Arlot        Start-up

Hi) Fenotek

L’interphone vidéo connecté en Wi-Fi et 4G de la start-up Fenotek a l’œil. Doté de toutes les fonctions d’un véritable majordome "électronique", Hi) dispose d’une architecture puissante capable d’effectuer du streaming vidéo et d’exécuter à terme des applications logicielles exigeantes de type reconnaissance faciale et vocale, le tout avec des fonctions de mises à jour over-the-air. Le produit est issu d’un partenariat entre Fenotek et le bureau d’études en électronique Goobie. 

80% des cambriolages ont lieu dans la journée lorsque les propriétaires sont absents de leur domicile, et ce ne sont pas les interphones vidéo classiques qui risquent de modifier cet état de fait. Par contre, un vidéophone « intelligent » a toutes les chances de changer la donne… pour peu qu’il soit capable de détecter un mouvement suspect devant la porte d’entrée et de le notifier sur le téléphone portable du propriétaire, et dès lors que sa caméra intégrée puisse être mise en route à distance, que les images soient visibles sur le smartphone et que l’alarme interne puisse être déclenchée, également à distance. Telles sont justement les fonctionnalités originales (parmi bien d’autres) du majordome vidéo connecté Hi), conçu par la jeune société Fenotek, fabriqué en France et commercialisé depuis le mois d’octobre 2017.

Hi) permet aussi – c’est la moindre des choses – de répondre à un visiteur sonnant à la porte d’un domicile à partir d’un smartphone, que le propriétaire soit chez lui ou à l’autre bout du monde, et – là, c’est plus fort – il sait reconnaître les membres du foyer lorsqu’ils passent à proximité pour déclencher par exemple l’ouverture de la porte, l’allumage des lumières ou l’ouverture des volets ! « Lors du CES 2017, nous avions déjà pu présenter un prototype industriel qui préfigurait largement la version finale de notre produit, se souvient Bruno Davoine, le président de Fenotek et fondateur de la start-up aixoise aux côtés de Didier Elbaz (COO) et Olivier Ros (CTO). Tout le début de l’année dernière a principalement été consacré à la mise en place de l’industrialisation en volume chez un sous-traitant français et la production a été lancée durant l’été 2017. Nous envisageons désormais de commercialiser plusieurs milliers d’exemplaires de Hi) en 2018 et de multiplier ce nombre par dix l’année prochaine. »

Une aventure démarrée en 2014

L’aventure de ce visiophone intelligent avait en fait commencé dès 2014 avec un document de quelques pages qui décrivait un appareil complexe technologiquement, mais dont l’usage devait rester simple et accessible. Le recrutement d’une petite équipe et la rédaction d’un cahier des charges fonctionnel plus tard, Bruno Davoine s’est lancé en quête d’un bureau d’études industriel en électronique. « Il n’était pas dans mes intentions de développer le produit en interne, surtout au niveau hardware, et nous avons lancé un appel d’offres en 2015 afin de trouver un spécialiste, rappelle le dirigeant de la start-up. Finalement, nous avons retenu Goobie car cette société était en mesure de prendre en charge à la fois le développement, le prototypage, l’industrialisation et la certification de produits complexes, comme elle l’avait prouvé avec l’ardoise électronique BIC pour écoles primaires ou, plus récemment, avec le boîtier connecté Akolyt de la société Drust. En plus la taille de cette entreprise nous est apparue raisonnable pour une start-up telle que Fenotek. » 

Bruno Davoine, le président de Fenotek et fondateur de la start-up aixoise
 
Goobie s’est ainsi vu confier l’étude du Hi), le lancement des premières séries et l’industrialisation du produit avec, comme première échéance, la présentation d’un prototype sur le CES 2016 afin de valider le concept auprès du public. « Le pari a été réussi avec la réalisation d’un premier prototype en moins de six mois, se souvient Bruno Davoine. Ce fut une étape très importante, car ce sont les retours de ce salon qui ont généré le produit final tel qu’il existe aujourd’hui. »
 
De son côté, Michel Benkemoun, directeur commercial de Goobie, salue les échanges constructifs entre les deux sociétés qui ont permis de faire évoluer le visiophone intelligent Hi) pour qu’il réponde à des impératifs économiques et techniques qui ont pu changer au cours du processus de développement. « C’est au cours du projet qu’est apparue la nécessité de disposer d’un produit avec une connexion 4G et non pas seulement une connexion Wi-Fi, afin que le Hi) puisse être installé sur des portails parfois loin des maisons d’habitation, là où le Wi-Fi ne porte pas, précise le président de Fenotek. L’obligation d’un écran couleur est aussi arrivée plus tard, car on voulait vraiment un produit qui se démarque de la concurrence. »
 
Le choix de la plate-forme Android
 
La start-up a d’ailleurs opté pour une architecture puissante capable d’effectuer du streaming vidéo et d’exécuter à terme des applications logicielles exigeantes de type reconnaissance faciale et vocale, le tout avec des fonctions de mises à jour over-the-air, sans mise à l’arrêt du produit. Dans ce cadre, Fenotek, qui a gardé en interne la maîtrise des applicatifs et des services proposés en back-end (Goobie se chargeant au niveau logiciel du développement du firmware), a choisi la plate-forme Android afin de bénéficier de tout l’écosystème qui se rattache à cet environnement. Et notamment des bibliothèques disponibles que la start-up a pu sélectionner, adapter et intégrer dans son visiophone intelligent connecté (comme l’API WebRTC pour la visioconférence, ou la lecture de code QR pour le déclenchement d’une serrure à partir du smartphone d’un visiteur dûment adoubé).
 
« Il a fallu faire coller ces exigences techniques avec les impératifs économiques, notamment en prenant en compte les coûts de fabrication, ajoute Michel Benkemoun. Du coup, au cours du processus de développement qui fut un vrai travail d’équipe entre Goobie, le designer du boîtier, le propre bureau d’études de Fenotek, le mouliste, la fonderie et le sous-traitant électronique français BSE, Fenotek a accepté de revoir quelque peu sa conception initiale. » « Nos deux sociétés ont chacune fait un pas vers l’autre, et même si le produit s’avère un peu plus cher que ce que nous nous étions fixé comme objectif au départ et que le calendrier initial a glissé de six mois, nous retravaillerons sans problème avec Goobie », renchérit Bruno Davoine.
 
Une nouvelle levée de fonds en cours
 
Quoi qu’il en soit, la start-up, qui compte aujourd’hui six salariés, a clairement désigné ses cibles privilégiées, les installateurs électriciens et les installateurs de portails, avec la volonté de diffuser ses produits à la fois dans des magasins spécialisés B2C (Leroy Merlin par exemple) ainsi qu’aux travers de canaux B2B (les fabricants de motorisation de portails notamment).
 
A noter qu’après une campagne de financement participatif réussie, Fenotek a séduit en 2017 des investisseurs institutionnels et des business angels en bouclant un premier tour de table de 2,5 millions d’euros auprès de Sofimac, PACA Investissement, CAAP Création (Crédit Agricole), Provence Business Angels (PBA), le fonds d’investissement régional IAD, l’accélérateur régional P-Factory et Bpifrance. Une manne financière qui a permis de lancer la production et de soutenir le développement commercial de la start-up qui s’est déjà lancée dans une nouvelle levée de fonds.

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