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eSoftThings prototype à la demande objets connectés et dispositifs portés sur soi

Publié le 09 octobre 2015 à 09:39 par Pierrick Arlot        Start-up

eSoftThings

Bureau d'études créé en 2014 et dédié au monde de l’Internet des objets et des dispositifs portés sur soi, eSoftThings est capable de fournir une preuve de concept, quelques prototypes, voire de petites séries jusqu’à un millier de pièces. La start-up va aussi proposer des plates-formes de prototypage personnalisables. La première cible le marché des passerelles miniatures sans fil et multistandard portables à la ceinture. 

Si la fermeture d’un centre de recherche et développement par un grand groupe industriel s’avère toujours un traumatisme pour les salariés qui y travaillent, elle peut être aussi pour certains l’occasion de se lancer dans une nouvelle aventure. La fermeture en 2013 de Renesas Design France, le centre rennais de R&D en téléphonie mobile de la firme japonaise, a ainsi engendré par ricochets la création de plusieurs start-up particulièrement innovantes comme Nemeus, société focalisée sur les modules radio pour objets connectés à vocation professionnelle (compteurs communicants, capteurs pour l'agriculture, éclairage de ville, etc.), ou Wi6Labs, fournisseur de plates-formes de développement pour grands réseaux de capteurs sans fil. C’est aussi le cas d’eSoftThings, fondé en février 2014 par Kimmo Vuorinen et Thierry Meslet, respectivement président et directeur général de la jeune société.

Thierry Meslet et Kimmo Vuorinen, les deux fondateurs d'eSoftThings (photo © Rennes Atalante)

« Dès la fermeture de Renesas Design France, nous avons envisagé de créer un bureau d’études dédié au monde de l’Internet des objets et des dispositifs portés sur soi où nous pourrions mettre en œuvre notre savoir-faire aiguisé dans la conception de circuits SoC et, surtout, nos compétences dans les domaines des logiciels embarqués de haut niveau, de l’ultrabasse consommation, de l’audio et acoustique et de la RF, se souvient Thierry Meslet. Les choses se sont rapidement concrétisées car nous avions déjà des demandes client, notamment à l’international où Kimmo et moi-même, dans le cadre de nos parcours professionnels, avions développé de nombreux contacts. » Un an et demi plus tard, les affaires sont allé bon train puisqu’eSoftThings compte déjà dix salariés (dont plusieurs ex-Renesas) pour un chiffre d’affaires en augmentation constante réalisé à plus de 60% à l’export. Et la société a ouvert au recrutement deux nouveaux postes d’ingénieurs, un spécialiste hardware senior et un développeur software embarqué, également senior.

Des partenariats signés avec des fabricants de circuits

« A la différence des sociétés qui proposent des objets connectés sur étagère, eSoftThings conçoit des produits à la demande pour le compte de sociétés tierces, précise Thierry Meslet. Nous pouvons leur fournir une preuve de concept, quelques prototypes, voire de petites séries jusqu’à un millier de pièces. Mais, dans tous les cas, nous intervenons dès le tout début du projet, ce qui est essentiel lorsque notre interlocuteur ne dispose pas en interne de compétences en conception matérielle, logicielle ou mécanique. » A l’heure actuelle, eSoftThings se targue de disposer d’un savoir-faire pointu en conception matérielle et en développement de logiciels embarqués sur des microcontrôleurs du type STM32 et des processeurs à cœurs ARM Cortex-A7/A9/A15, avec une bonne connaissance des environnements Linux Yocto, OpenWRT et Android. La start-up maîtrise également les technologies de connectivité sans fil et les technologies audio et, à ce titre, elle a déjà noué des partenariats avec certains fabricants de circuits pour disposer rapidement des modèles les plus avancés.

Les interfaces de la première plate-forme de prototypage d'eSoftThings

Pour autant, eSoftThings n’en a pas moins l’ambition de proposer aussi des petites plates-formes de prototypage « standard », aisément personnalisables afin qu’elles s’adaptent aux contraintes et aux desiderata des clients. La start-up vient justement de lancer la première de ces plates-formes. Référencée Wemiga-01A/C, eSoftThings la décrit comme une passerelle miniature sans fil et multistandard portable à la ceinture qui permet de prototyper de nouveaux usages du type acquisition ou transcodage vidéo « sur soi » avec transmission d’images à très faible latence.

Dans la pratique, la plate-forme, aux dimensions de 170 x 85 mm, s’appuie sur un processeur Freescale i.MX6 à quatre cœurs ARM Cortex-A9 cadencé à 1,2 GHz et embarque 2 Go de RAM DDR3 64 bits et 8 Go de mémoire de stockage eMMC. Côté connectivité, on y trouve un port Gigabit Ethernet, un lien Bluetooth 4.0, une interface Wi-Fi Mimo 3x3 bibande 2,4/5 GHz avec support d’un mode maillé et un emplacement d’extension pour l’ajout d’une connectivité propriétaire. En option, il est possible d’y ajouter un modem 3G/4G à 150 Mbit/s. Le tout fonctionne sous une distribution Linux Yocto ou OpenWRT (au choix du client), sachant que la plate-forme est également disponible dans une version avec processeur i.MX6 Solo à simple cœur Cortex-A9 (Wemiga-01B/C). « Nous avons déjà plusieurs clients qui travaillent sur ce produit, assure Thierry Meslet. Et nous réfléchissons dans le cadre de notre feuille de route à des plates-formes dotées de connectivité à très faible débit. »

Le laboratoire de test d'eSoftThings

Afin de proposer des prototypes industrialisables à terme, eSoftThings s’est aussi doté d’un laboratoire digne de ce nom en rachetant une partie des équipements d’instrumentation et de test que possédaient Renesas sur son site de Rennes et en s’offrant un laboratoire acoustique avec chambre anéchoïque. « Il nous faut vérifier la qualité de nos livrables à toutes les étapes d’un projet car notre ambition n’est pas de réaliser un produit au prix le plus bas possible mais de proposer un prototype fonctionnel du premier coup et facilement industrialisable, martèle le cofondateur de la jeune société. Nous voulons aussi accompagner nos clients jusqu’à l’industrialisation, que ce soit au niveau local, lorsqu’existent des contraintes de confidentialité ou de qualité spécifique par exemple, ou en Asie, lorsque le critère économique est de prime importance. » Autofinancée jusqu’à aujourd’hui, eSoftThings, dans le cadre de son développement futur, envisage de procéder à relativement court terme à une levée de fonds.