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C’est par la bande FM que DS Instruments connecte des objets à vocation environnementale

Publié le 04 septembre 2015 à 11:47 par François Gauthier        Start-up

Demand Side Instruments

En réutilisant des infrastructures existantes, notamment le réseau des radios FM, Demand Side Instruments propose des solutions économiques de gestion d’objets connectés, adaptées aux contraintes du terrain.

Au sein de la mouvance actuelle liée à l’Internet des objets, beaucoup de débats se cristallisent autour de la technologie de communication sans fil à mettre en œuvre pour relier des objets divers et variés à un serveur et à des applications dans le nuage. Créée en 2013 par Frédéric Villain et basée à Caen, la jeune société Demand Side Instruments prend à contre-pied la tendance qui pousse certains à s'orienter vers les réseaux mobiles 2G/3G ou des procédés à longue portée et basse consommation LPWA comme Sigfox ou LoRa. Elle propose en effet une technologie de connexion qui exploite des réseaux de communication existants, en l'occurrence la radio FM, pour envoyer et recevoir des données de et vers des objets connectés à vocation environnementale.
 
Frédéric Villain, créateur de Demand Side Instruments
 
« En nous appuyant sur des circuits d’émission/réception radio du commerce aux prix très bas, et en utilisant des infrastructures existantes déjà déployées comme les réseaux radio FM, nous sommes capables de proposer des solutions de pilotages à distance d’objets connectés économiques, et adaptées aux conditions d’exploitation », explique Frédéric Villain. Rompu aux arcanes des architectures radio, savoir-faire lié à son expérience professionnelle antérieure chez Qualcomm et NXP, le fondateur de DS Instruments a eu l’idée de simplifier au maximum pour l’utilisateur l’exploitation de son application. A travers une interface Web développée par la start-up, l’utilisateur peut collecter et analyser les données issues du terrain, mais aussi agir sur ces objets en leur envoyant des instructions en mode broadcast. « Beaucoup d’utilisateurs veulent des points de connexion fiables accessibles de chez eux à travers une interface simple et une application métier proche de leur préoccupation, ce qui leur permet de devenir alors leur propre opérateur M2M, ajoute Frédéric Villain. L’objectif in fine est de rendre des objets communicants et intelligents en masquant toute la technologie sous-jacente. »
 
Un protocole sécurisé
 
Pour les communications avec les objets, DS Instruments a mis au point un protocole sécurisé qui s’appuie sur une technologie de transmission de données numérique similaire à celle des systèmes RDS (Radio Data System), à savoir l’utilisation d’une sous-porteuse d’un signal radio FM pour diffuser des données indépendamment du signal audio. A ce niveau, la jeune société possède un savoir-faire spécifique (avec une propriété intellectuelle protégée) qui lui permet d’envoyer en mode broadcast et en simultané à plusieurs dizaines voire centaines d’objets connectés des consignes de fonctionnement. A charge pour DS Instruments de gérer avec les stations radio locales ou nationales les droits d’utilisation des sous-porteuses. Tous les messages, cryptés et horodatés, sont transmis entre le serveur et les objets connectés avec un débit de l’ordre de 1 kbit/s.
 
Une première application dans le domaine agricole
 
Avec ce concept, dans lequel il n’y a ni cloud ni exploitation des données par un opérateur externe, la société a déjà équipé pour le domaine agricole des vannes (plus de 150) qui régulent un système d’irrigation. Une application qui à valu à DS instruments le Grand Prix du jury 2014 du Concours national d’aide à la création d’entreprises innovantes (avec à la clé un soutien financier de 300 000 euros). Dans ce cas de figure, DS Instruments peut soit prendre en charge l’application globale auprès de l’utilisateur final, soit tisser des liens industriels avec les fabricants de capteurs (ici en l’occurrence des vannes) en les équipant de son système d’émission/réception de données via la bande FM.
 
Autre domaine applicatif visé par la société : celui de l’éclairage urbain, où là aussi la collecte d’informations sur l’état des luminaires s’accompagne d’une gestion à distance de leur fonctionnement. Avec ici la possibilité de délester la charge d’un réseau électrique urbain en jouant de manière sélective sur l’intensité lumineuse émise par les lampadaires (en particulier ceux équipés de LED). Des expérimentations sont d’ailleurs en cours dans les agglomérations de Caen et Saint-Lô.
 
DS Instruments, qui compte une dizaine de collaborateurs, a pu finaliser en juin dernier une levée de fonds de 1,5 million d’euros, une manne financière qui va lui permettre de se développer sur les marchés de l’agriculture et de l’éclairage, et aussi en direction de marchés émergents, là où la couverture des réseaux de radiocommunication cellulaires (3G, 4G..) est faible ou inexistante, alors que des émetteurs radio FM sont présents.