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Argosim rend possible pour la première fois la simulation des exigences

Publié le 13 mars 2015 à 12:23 par François Gauthier        Start-up

Argosim

Avec l'outil Stimulus, qui plonge ses origines technologiques dans les travaux du laboratoire Verimag et de l’Inria, la toute jeune société Argosim apporte pour la première fois la possibilité de simuler et de valider de manière formelle les exigences d’une conception logicielle. 

Au cours de la dernière décennie, les développements et travaux de recherche autour du langage synchrone Lustre (que l’on retrouve par exemple au cœur du logiciel Scade d’Esterel Technologies), ont été féconds, en particulier au sein de laboratoire grenoblois Verimag et de l’Inria. La dernière preuve en date en est la création de la jeune société Argosim par Etienne Closse, Fabien Gaucher (le CEO de la société), Bertrand Jeannet (issu de l’Inria) et Daniel Weil (de gauche à droite sur la photo ci-dessous). Une société dont l’objectif, à travers l’industrialisation des technologies liées au langage Lustre et à des solveurs de contraintes, est de s’attaquer à un problème industriel jusque-là non résolu : la simulation et la validation formelle appliquées à l’ingénierie des exigences.
 
L'équipe de fondateurs d'Argosim
 
Pour comprendre le cheminement qui a abouti à la création d’Argosim, il faut remonter au projet de recherche labellisé par le pôle de compétitivité Minalogic, baptisé Comon. Son propos était d'utiliser l’outil de génération automatique de test Lurette, développé au sein du laboratoire Verimag, pour simuler et valider des systèmes temps réel critiques afin de générer des séquences de test réalistes, et obtenir in fine une couverture fonctionnelle élevée. Or, l’une des conclusions de ce travail était que cette approche pouvait s’appliquer au domaine de l’ingénierie des exigences.
 
« Notre première idée, à l’origine de la création d’Argosim, a été d’industrialiser l’outil Lurette, qui permet de générer automatiquement des vecteurs de test génériques, traditionnellement écrits à la main sous Excel, explique à ce sujet Fabien Gaucher. Puis, tout en travaillant à la réécriture complète de l’outil et de son interface graphique avec EDF comme partenaire industriel, nous nous sommes rendu compte que la première des tâches à réaliser était de valider les exigences. Or, notre technologie est la seule actuellement à pouvoir simuler ces exigences. ». L’outil Stimulus était alors sur les rails, avec une incubation du projet au sein du laboratoire Verimag pendant douze mois et la création d’Argosim en juillet 2013.
 
Détecter des exigences manquantes
 
C’est à ce niveau que la société d’investissement spécialisée dans les opérations d’ultra-amorçage IT-Translation a injecté 300 000 euros dans la société, générant par effet de levier un apport de 600 000 euros via Bpifrance et une banque privée. « Avec l’outil Stimulus qui assure donc la simulation et de débogage temps réel des exigences, nous visons avant tout les grands groupes et leurs services d'ingénierie des exigences, avec en arrière-plan la volonté de sécuriser au maximum cette étape amont d’un projet avant de le diffuser et de l'affiner pour les sous-traitants », précise Fabien Gaucher. Stimulus permet en effet de détecter des exigences manquantes ou des conflits entre exigences, et ce de manière incrémentale. « Car un des objectifs d’Argosim est de convaincre les utilisateurs qu’il est préférable de mettre en œuvre l’outil Stimulus dès le début de l’écriture des exigences, et de mettre en place un processus de type “software in the loop” très en amont », explique le CEO de la jeune sociétér.
 
Concrètement, Stimulus consiste à décrire en langage naturel les exigences via une bibliothèque de phrases “à trous” qui couvrent l’essentiel des besoins rencontrés. En arrière-plan un langage exécutable est alors généré et un solveur basé sur des méthodes formelles (outils de preuve) et des technologies de type Model Checking assure la simulation des exigences. L’utilisateur peut alors observer graphiquement les traces d’exécution qui satisfont, ou non, les exigences. Et donc de détecter des erreurs avant les phases de conception et/ou de codage du logiciel.
 
 
Les marchés visés par Stimulus sont ceux où des logiciels critiques sont déployés à grande échelle, à savoir les transports (aéronautique, ferroviaire, et automobile), l’espace (avec les satellites), l’énergie et le médical. Argosim, qui compte d’ores et déjà huit collaborateurs, va commercialiser dès le début son outil en Europe, avec un défi à relever. Celui de contrebalancer la relative lenteur des décisions à prendre au sein de grandes sociétés qui souhaiteraient  intégrer cette méthodologie au sein de leurs équipes de développement… même si elles sont déjà convaincues d’un point de vue technologique.

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