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Anywaves révolutionne le domaine des antennes pour nanosatellites et drones

Publié le 31 octobre 2017 à 08:39 par François Gauthier        Start-up

Anywaves

Grâce au développement d'une nouvelle génération d’antennes à résonateur diélectrique miniatures en céramique de haute performance, inédite au niveau mondial, la jeune pousse toulousaine Anywaves diminue drastiquement le coût et l'encombrement de cet élément de communication crucial pour les nanosatellites et autres drones.

Fort d’une expérience pointue de plus de sept ans au sein du Cnes (Centre national d’études spatiales), notamment dans le domaine des antennes (avec plus de 60 publications et 20 brevets déposés), Nicolas Capet, le fondateur de la toute jeune société Anywaves, fondée en avril 2017, a l’ambition de révolutionner la manière de concevoir et de fabriquer ces éléments indispensables aux nanosatellites, un marché en plein développement à l’heure actuelle, et aux drones professionnels. Pour ce faire, la start-up propose une nouvelle génération d’antennes diélectriques en céramique à faibles pertes avec des innovations à plusieurs niveaux. Avec en premier lieu le choix du matériau.

Nicolas Capet, fondateur d'Anywaves

« Il existe aujourd'hui des antennes à résonateur diélectrique sur substrat en céramique, mais elles sont relativement simples car le matériau est difficile à travailler, explique Nicolas Capet. Ce qu’apporte Anywaves, c’est de pouvoir structurer la matière céramique via un procédé de fabrication additive pour obtenir des performances ajustées à la demande, notamment en termes de permittivité. » Une approche unique au monde, qui repose sur l’utilisation d’une imprimante 3D autorisant la réalisation de structures fines ajourées avec un matériau céramique. Avec un seul procédé de fabrication, il est alors possible de produire en trois dimensions, et de manière flexible, toute une gamme d’antennes 3D à haute performance (faibles pertes, rapport signal sur bruit optimisé), de diverses formes, tailles et valeurs de fréquence et de permittivité associée.

Des antennes adaptées à la demande

« Via ce procédé de fabrication additive, nous apportons pour la première fois sur le marché une mise à disposition très rapide d’antennes adaptées à la demande, capables de faire face aux contraintes d’un élément porteur de très petite taille comme les nanosatellites », commente Nicolas Capet. Anywaves est ainsi capable de proposer des antennes de dimensions inférieures à 10 x 10 cm pour quelques centimètres d’épaisseur, jusqu’à des antennes de 25 x 25 cm dans les bandes S (2 à 4 GHz) ou les bandes X à très longue portée (8 à 12 GHz), et ce pour un coût, selon Anywaves, inférieur de un à deux ordres de grandeur par rapport à des antennes traditionnelles. L’objectif de la société est in fine de développer un catalogue d’antennes sur étagère tout en continuant à développer des antennes sur mesure, en se positionnant alors dans ce cas comme un bureau d’études, afin d’être au plus près des besoins et de coller aux évolutions technologiques du domaine.

« Notre technologie est en pointe au niveau mondial, et Anywaves est actuellement le seul équipementier "antennes" pour les nanosatellites en Europe, ce qui intéresse de très près le Cnes qui a favorisé notre essaimage et nous apporte un soutien technique et des licences sur des brevets et savoir-faire dont il est propriétaire », explique Nicolas Capet.

Le premier marché visé par la société est celui, très porteur, des nanosatellites qui abaissent très fortement le prix d’accès à l’espace, et pour lesquels la taille, l’arrimage et le coût de l’antenne sont des facteurs cruciaux. A terme le second marché visé est celui des drones professionnels (civils ou militaires), plus difficile à atteindre, où des travaux d’optimisation en termes de coût sont encore à réaliser.

La société qui vient d’intégrer l’incubateur ESA BIC Sud de l’Agence européenne spatiale à Toulouse emploie trois personnes pour le moment, et va embaucher dès cette année un à deux ingénieurs/docteurs de haut niveau. Anywaves espère atteindre un chiffre d’affaires supérieur à 500 000 euros dans les deux à trois ans qui viennent, et va engager rapidement une démarche de levée de fonds.

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