L’Agence Européenne de l’Espace choisit le français NanoXplore pour piloter le développement des futures technologies FPGA spatiales en 7nmA travers le programme Ulisse (ULtra deep sub-mIcron interface and SyStem in package tEchnology), l’agence spatiale européenne (ESA) a décidé de confier à la société française NanoXplore la conception de circuits programmables (FPGA) durcis aux radiations et fabriqués en en technologie 7 nm, pour équiper divers satellites européens. Ce projet stratégique, un des plus importants contrats jamais attribués par l’ESA dans le domaine des composants électroniques vise, selon l’agence, à renforcer la souveraineté technologique de l’Europe face à sa dépendance aux fournisseurs américains. NanoXplore pilotera un consortium réunissant notamment les sociétés Airbus, Thales Alenia Space, STMicroelectronics et l’institut de recherche belge IMEC. Doté d’un budget d’environ 60 millions d’euros, le programme doit livrer ses premiers démonstrateurs en 2029. Les futures puces conçues par NanoXplore équiperont des programmes comme Galileo, Copernicus et Iris². Selon l’ESA, à mesure que les satellites deviennent de plus en plus dépendants de la puissance de calcul embarquée, de l’intelligence artificielle, des télécommunications avancées et du traitement des données en temps réel, la microélectronique est désormais reconnue comme une capacité stratégique critique pour les futures missions spatiales. Dans ce cadre, au-delà de son importance technologique, le projet Ulisse marque aussi, selon l’ESA, une nouvelle étape pour la coopération industrielle européenne, réunissant des partenaires de France, de Belgique, d’Italie et du Royaume-Uni et des agences spatiales nationales de la Commission européenne. Objectif affiché : permettre à l’Europe de développer ses propres technologies de microélectroniques nouvelle génération. Concrètement, le projet portera sur le développement de blocs de propriétés intellectuelles (IP) durcies aux radiations, de bibliothèques de conception et de technologies de type System-in-Package (SiP). Associés à des programmes complémentaires soutenus par le CNES et la Commission européenne, ces circuits contribueront au développement d’ULTRA7, la future plateforme européenne de référence de FPGA spatiaux haute performance. « La qualification de notre architecture NG-ULTRA démontre que l’Europe dispose des compétences et du savoir-faire nécessaires pour développer des technologies FPGA durcies aux radiations destinées aux missions spatiales les plus critiques, souligne Édouard Lepape, le CEO de NanoXplore. Avec le soutien constant de l’ESA, nous préparons la nouvelle étape, à savoir développer les fondations d’un écosystème européen de FPGA en technologie 7 nm. Une étape décisive pour l’avenir du calcul embarqué, des satellites autonomes et de la souveraineté technologique de l’Europe dans l’espace. » Pour rappel, NanoXplore est une entreprise française familiale indépendante, créée en 2013, qui a construit en un peu plus d'une décennie une position unique sur le marché des composants dits “rad-hard”, i.e capables de rester aux effets des rayonnements dans l’espace. Avec trois familles de composants clés, les FPGA Ultra300 et les puces-systèmes NG-Medium et NG-Ultra. Cette dernière puce, gravée selon la technologie FDSOI 28 nm de STMicroelectronics, conçue pour l'espace et pour équiper les systèmes de charge utile embarquées (fusées, satellites…), contient quatre cœurs Arm Cortex-R52 cadencés jusqu'à 600 MHz, accompagnés d’une matrice eFPGA pour plus de flexibilité. |