La start-up batave Innatera dévoile son microcontrôleur neuromorphique à très faible consommation, calibré pour les capteurs

[EDITION ABONNES] C’est à l’occasion du salon CES 2024 qui s’est tenu en janvier à Las Vegas (Etats-Unis) que la jeune société néerlandaise Innatera a annoncé officiellement son microcontrôleur neuromorphique, baptisé Spiking Neural Processor T1. Selon la start-up créée en 2018 et issue de l’université de technologie de Delft, cette puce s’inspire du fonctionnement du cerveau humain pour apporter directement de l’intelligence artificielle au niveau des capteurs (ou des dispositifs intégrant des capteurs) et ce dans des applications comme le traitement vocal intelligent au sein d’interfaces homme-machine, le monitoring de signaux vitaux dans les dispositifs portés sur soi, la reconnaissance de cibles dans les radars et lidars ou la détection de fautes dans les équipements industriels ou automobiles.

Aux dimensions de 2,16 x 3 mm, le Spiking Neural Processor s’appuie sur une architecture de traitement de signaux analogiques et mixtes présentée comme révolutionnaire et spécialement conçue pour mettre en œuvre des réseaux de neurones à impulsions (SNN). Ce type de réseaux de neurones pilotés par les événements possède une notion précise du temps qui leur permet d'être dix à cent fois plus compacts que les réseaux de neurones artificiels conventionnels, en particulier pour les applications dont les données recèlent de fortes corrélations spatiales et temporelles. En s’appuyant sur cette approche, l’architecture d’Innatera associerait de façon inédite consommation ultrafaible et latence de reconnaissance ultracourte, avec des performances par watt jusqu'à 10 000 fois supérieures à celles des processeurs numériques typiques et des accélérateurs IA classiques.

Les réseaux de neurones à impulsions sont intrinsèquement bien adaptés à la reconnaissance de formes (ou de motifs) et au traitement du signal dans des données de séries chronologiques bruitées, précise encore Innatera.

En ce sens, la puce-système T1 de la société néerlandaise pourrait révolutionner le traitement des données des capteurs en périphérie (edge) et ouvrir de nouvelles possibilités pour les applications dans les dispositifs électroniques portés sur soi, la maison intelligente et l'Internet des objets. Outre la technologie de traitement neuromorphique à signaux mixtes et analogiques d'Innatera, la puce intègre également un processeur 32 bits RISC-V et s’avère capable d’accélérer des modèles de réseaux de neurones à convolution (CNN) traditionnels.

Le Spiking Neural Processor est en outre associé à un kit de développement logiciel (du nom de Talamo) qui est intégré au framework PyTorch standard de l'industrie. Talamo fournit une plate-forme calibrée pour le développement et le déploiement d'applications bâties sur des réseaux neuronaux à impulsions. La puce-système T1 est disponible aujourd’hui pour des essais de préproduction. Des kits d’évaluation sont disponibles dans le cadre du programme d'accès anticipé d'Innatera, avant une production en série prévue dans le courant de l’année.

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