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MQTT est devenu le protocole de messagerie préféré des développeurs de l'IoT

Publié le 23 avril 2018 à 08:36 par Pierrick Arlot        Conjoncture

MQTT

Le protocole de messagerie MQTT est devenu le protocole de choix pour l’Internet des objets (IoT) et l’enquête menée entre janvier et mars 2018 auprès de plus de 500 développeurs IoT par le groupe de travail Eclipse IoT ne fait que confirmer cet état de fait. Dans un blog qui résume les résultats de cette enquête et qu'a publié Benjamin Cabé, le directeur des programmes IoT de la fondation Eclipse, il apparaît que plus de 62% des répondants mettent en œuvre MQTT, qui du coup dame le pion à HTTP (54,1%).

Six ans après la décision d’IBM et d’Eurotech de placer en open source leur implémentation du protocole MQTT (dans le cadre du projet Eclipse Paho) et avec la popularité grandissante du projet Eclipse Mosquitto (focalisé sur l’implémentation open source de serveurs de messagerie MQTT), « c’est une fois encore la démonstration que l’ouverture est une stratégie gagnante », écrit Benjamin Cabé. Avec l’arrivée imminente de la version MQTT 5 et la disparition attendue de plusieurs limitations bien identifiées du protocole, MQTT devrait encore plus clairement s’imposer comme LE standard de messagerie IoT du futur.

Parallèlement, souligne encore Benjamin Cabé, l’usage du célèbre HTTP décline, peut-être au bénéfice du plus « léger » et polyvalent HTTP/2 (24,9% des répondants l’utilisent contre 16,8% l’année dernière). XMPP (4,3%) apparaît, lui, comme l’un des protocoles ayant perdu la bataille de la consolidation en cours, son recul étant patent et continu depuis 2016. L’enquête du groupe de travail Eclipse IoT montre aussi une augmentation significative de l’adoption de la technologie AMQP (Advanced Message Queuing Protocol) (18,2% contre 13,9% l’année dernière). Une tendance qui peut s’expliquer par le fait que de plus en plus d’entreprises commencent à mettre à l’échelle leurs déploiements IoT, AMQP étant un élément central de nombreux serveurs de back-end IoT.

A l’avenir il sera aussi intéressant de suivre dans le temps l’évolution du protocole d’échange de données DDS (Data Distribution Service) (utilisé aujourd’hui par 4,9% des répondants). Celui-ci semble déjà rencontrer un certain succès dans des secteurs comme l’automobile où 10% des répondants affirment l’utiliser.

L’enquête menée par le groupe de travail Eclipse IoT s’est aussi intéressée à la sécurité qui reste le sujet de préoccupation numéro un des développeurs IoT depuis le lancement de ce type d’enquête en 2015. Dans ce cadre, la sécurité au niveau de la couche de communication (c’est-à-dire l’usage des protocoles TLS ou DTLS) ainsi que le chiffrement des données restent les deux pratiques les plus populaires, mises en œuvre respectivement par 57,3% et 45,1% des répondants.

A noter que, pour la première fois, l’enquête a demandé explicitement aux développeurs s'ils utilisaient une blockchain ou une technologie de registres distribués (DLT, Distributed Ledger Technology) au sein de leurs solutions IoT. Etonnamment 11% d’entre eux ont répondu par l’affirmative. Au fur et à mesure de l’arrivée à maturité de la technologie – et lorsque les barrières empêchant son implantation dans des systèmes embarqués contraints vont tomber –, ce pourcentage devrait sans doute augmenter dans le cadre d’une utilisation pour sécuriser les solutions IoT, estime Benjamin Cabé, et probablement en association avec des cas d’usage de monétisation des données.

Par ailleurs, les mises à jour over-the-air (OTA) sont de plus en plus utilisées (par 27,3% des répondants, en progression de 47% par rapport à 2017). Les standards ouverts de gestion d’objets et d’équipements à distance comme LwM2M, associés à des implémentations open source comme Eclipse Wakaama et Eclipse Leshan, facilitent certainement la vie des développeurs IoT qui souhaitent implémenter des mécanismes OTA, conclut le directeur des programmes IoT de la fondation Eclipse.

Parmi les autres enseignements de l’enquête, on citera encore l’adoption de plus en plus prégnante par les développeurs IoT des plates-formes en nuage Amazon AWS (utilisée par 51,8% des répondants, +21% par rapport à 2017) et Microsoft Azure (31,21%, +17%). Et ce au détriment de Google Cloud Platform (18,8%, -8%). En outre 18% des répondants ont placé la récupération et l’analyse de données comme l’une de leurs principales préoccupations lors du développement de solutions IoT (une progression de 50% par rapport à l’année dernière), juste derrière la sécurité et devant la connectivité et l’intégration matérielle. Les questions d’interopérabilité n’arrivent désormais qu’en cinquième position (elles occupaient la deuxième position en 2015).

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