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Avec sa plate-forme d’ingénierie collaborative, Kicklox veut devenir le tiers de confiance des projets de R&D

Publié le 09 octobre 2017 à 11:46 par Pierrick Arlot        Start-up

Logo Kicklox

Avec 4 500 ingénieurs qualifiés recrutés en un an et plus de 200 projets de R&D menés à bien à ce jour, la plate-forme d’ingénierie collaborative lancée par la start-up Kicklox en 2016 est en passe de s’imposer sur le marché de l’externalisation des projets de recherche et développement

Avec 4 500 ingénieurs qualifiés recrutés en un an et plus de 200 projets de R&D menés à bien à ce jour, la jeune société Kicklox, créée en 2015, a de quoi pavoiser. La plate-forme d’ingénierie collaborative qu’elle a lancée en 2016 (alors qu’elle s’appelait encore Makake) est en passe de s’imposer sur le marché de l’externalisation des projets de recherche et développement. Un domaine en pleine explosion à l’heure de la « digitalisation » des métiers, de la disponibilité de multiples talents en free-lance et de l’essor du mouvement maker. En 2015, le recours à l’externalisation de la R&D, dopé notamment par l’accélération des ruptures technologiques et de la quête constante de réduction des coûts, a représenté 10% des budgets de recherche et développement des entreprises en France, soit 4,5 milliards d’euros… C’est justement pour simplifier et accélérer le processus de sourcing, de qualification et de référencement de partenaires et de fournisseurs que Kicklox – juxtaposition du mot kick-off (lancement en anglais) et de l’acronyme LOX, utilisé dans le monde industriel pour désigner l’oxygène liquide servant à alimenter le moteur des fusées – a créé sa plate-forme d’ingénierie collaborative.

Romain Villechenon et Kevin Muller, fondateurs de Kicklox

« Ce nouveau nom exprime pleinement le positionnement de la plate-forme, véritable base de lancement pour les projets de R&D, avec toutes les fonctionnalités et les services nécessaires pour garantir leur décollage et leur assurer le carburant nécessaire jusqu’à leur totale réussite, explique Kevin Muller, le cofondateur et CEO de la start-up. De façon plus pragmatique, nous nous situons à la croisée du conseil en ingénierie, des places de marché pour free-lances et des outils collaboratifs de type ERP. » Dans le détail, Kicklox s’adresse aux entreprises de toutes tailles afin de leur apporter une aide dans la réalisation de leurs projets autour des quatre grandes thématiques que sont l’ingénierie hardware, l’industrie du numérique, l’usine du futur et la mobilité. La plate-forme les met donc en relation et en collaboration avec une communauté qualifiée d’ingénieurs tout au long d’un projet, depuis la spécification du besoin jusqu’à la livraison finale.

Accompagner l'avancée des réalisations

Parmi les 4 500 ingénieurs dûment qualifiés par Kicklox, on trouve effectivement des free-lances mais aussi des bureaux d’études et des Entreprises de services du numérique (ESN), des start-up, des entreprises innovantes ou des groupements plus atypiques comme des collectifs de free-lances, des junior-entreprises, des anciens d’école ou des fablabs. Au travers de la plate-forme, les entreprises intéressées peuvent publier leurs missions sous forme d’appels à projets, comparer les offres de service déposées en ligne par les experts, suivre l’état d’avancement de la mission et « recetter » la livraison du projet qui déclenche la rémunération des ingénieurs impliqués. « Kicklox peut intervenir au travers de Business Managers pour la qualification du projet (budget, échéancier, etc.) et/ou la rédaction de l’appel à projets, précise Kevin Muller. Une fois celui-ci finalisé et publié sur la plate-forme, un algorithme de matching va avertir les experts qui disposent des compétences ad hoc et qui peuvent alors faire leurs propositions techniques et financières au client. C’est ce dernier qui choisit in fine. Une fois le projet lancé, Kicklox accompagne l’avancée des réalisations à chaque étape du processus, quel que soit le gestionnaire du projet, que ce soit le client lui-même s’il a la capacité en interne de coordonner les différents intervenants, ou un spécialiste externe. Quant à nous, nous nous positionnons donc comme un tiers de confiance dans le domaine de l’ingénierie collaborative. » A noter que sur les 200 projets menés à bien, 30% l’ont été dans le monde industriel, 15% dans le secteur de l’embarqué et des drones, 11% dans le domaine des robots et de l’automatisation et 10% dans le milieu de l’automobile.

Trouver la meilleure solution sur un besoin donné

La plate-forme Kicklox doit aussi permettre aux grands groupes de rationaliser et labelliser leurs panels de « petits » fournisseurs (indépendants, bureaux d’études, sociétés de services spécialisées) tout en gagnant en agilité et en améliorant la collaboration interne R&D/achats, précise la start-up qui souhaite à terme que la plate-forme puisse s’intégrer dans les propres outils de ses clients. « C’est une vision de l’ingénierie au sens large qui nous guide, insiste le CEO de Kicklox. Il faut mettre à la portée des entreprises une vaste communauté qui leur permette de trouver la meilleure solution sur un besoin donné, qu’elle provienne de ses propres ingénieurs, de ses partenaires ou de la communauté, l’idée sous-jacente étant qu’il n’existe plus de barrière en termes d’innovation et d’agilité. »

10 000 experts qualifiés fin 2017

En attendant, la jeune société, qui espère atteindre le seuil de 10 000 experts qualifiés d’ici à la fin 2017, va procéder par étapes. Après la refonte technique et fonctionnelle de sa plate-forme, prévue dans les semaines qui viennent, Kicklox compte y instiller des algorithmes d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle, histoire de suggérer aux entreprises le bon conseil au bon moment. « Là encore, cela participe de la même démarche, il faut que la plate-forme devienne suffisamment intelligente et qu’elle se passe d’interventions humaines », anticipe Kevin Muller. Cette deuxième étape devrait être franchie au milieu de l’année 2018, année où Kicklox compte aussi passer à une phase d’internationalisation. « La recherche et développement est de plus en plus répartie dans différents pays et il faut qu’on soit structuré en conséquence, ce qui passera aussi par l’ouverture de bureaux à l’étranger pour être proche de nos clients », constate le dirigeant de la start-up dont l’effectif se monte aujourd’hui à une douzaine de personnes.

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