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Véhicule autonome : le projet de recherche collaboratif Adavec travaille sur des scénarios de transition

Publié le 25 juin 2020 à 10:50 par François Gauthier        Conjoncture Advans Group

Adavec

Objectif affiché du projet de recherche Adavec qui vient de démarrer pour une durée de trois ans : construire un prototype doté d’un cockpit intelligent permettant à un véhicule autonome d'adapter continuellement son niveau d'autonomie en fonction des conditions de circulation et de sécurité. Ce prototype devra définir automatiquement le niveau d'autonomie optimal en communiquant avec l'environnement, mais également en analysant la capacité du conducteur à assurer la reprise en main du véhicule.

Les solutions à développer devront, d’une part, assurer un transfert en toute sécurité entre les cas d'usage avec différents niveaux d'automatisation et, d’autre part, garantir au conducteur une compréhension très claire du degré d'autonomisation activé dans chaque situation et de sa responsabilité. La société Avisto est le coordinateur du projet Adavec qui implique trois autres partenaires, la jeune société sophipolitaine Epicnpoc, l’Université Côte d’Azur et le centre de R&D Renault Software Labs.

En 2060 dans un scénario tendanciel (*), en 2035 dans un scénario de rupture (**), 100% des véhicules neufs commercialisés seront autonomes. D’ici là, les véhicules autonomes vont côtoyer sur les routes des véhicules classiques et la conduite autonome, aujourd’hui limitée au niveau 2 (autonomie partielle dite Eyes On-hands Off), va progressivement évoluer jusqu’au niveau 5, c’est-à-dire l’autonomie complète. Pour rappel, la Society of Automotive Engineers (SAE) a défini six niveaux d’autonomie, allant du degré 0 (aucune autonomie) au degré 5 (autonomie complète). Le conducteur bénéficie ainsi de niveaux d’aide croissants en fonction de ces différents stades.

Problème, s’il doit se tenir prêt à reprendre la main jusqu’au niveau 3, il sait rarement à quel niveau d’autonomie il se trouve. Comment dès lors préparer cette transition en toute sécurité ? C’est justement le cœur du projet Adavec qui a été présenté dans le cadre institutionnel des Projets structurants pour la compétitivité Régions (PSCP-Régions) et labellisé par le pôle de compétitivité SCS. Adavec est soutenu financièrement par la BPI et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec un budget total de 2,55 millions d’euros.

Dans le cadre cette initiative, la société d’ingénierie logicielle Avisto (filiale d’Advans Group) va développer au niveau logiciel les modules de surveillance du conducteur et de collecte des données d’expérience. En lien avec la société Elsys Design, également du groupe Advans, les ingénieurs d’Avisto vont en outre intégrer au niveau électronique les différentes solutions et cartes développées, et assurer le déploiement des applications sur un simulateur 3D avec de la réalité virtuelle.

Epicnpoc, de son côté, va définir l’expérience utilisateur ainsi que la SOA (Service Oriented Architecture). La société va coder les modules d’expérience de pilotage et d’interaction avec le conducteur et va réaliser l’interface utilisateur. Accompagné par l’incubateur PACA Est et fondé en mai 2018 par des anciens salariés de Visteon, un fournisseur de premier rang de l’industrie automobile, Epicnpoc propose des services fondés sur des pratiques, des processus et des logiciels représentatifs des contraintes des produits automobiles,

L’Université Côte d’Azur, quant à elle, en tant que partenaire académique, va modéliser de manière formelle la logique de contrôle et de comportement humain, le système, le logiciel et l’architecture. Son rôle est de vérifier, toujours de manière formelle, les exigences de sureté et de sécurité et de s’occuper de la plate-forme de simulation ainsi que de la validation numérique.

Enfin, Renault Software Labs, centre de recherche industriel en logiciels et systèmes embarqués, va se focaliser sur la définition des exigences (cas d’usage et performances attendues, exigences au niveau de la sécurité). Le laboratoire va notamment assurer une revue des développements en se concentrant sur le respect des règles de sécurité, et se pencher sur la faisabilité d’ensemble de l’intégration logicielle au niveau système. Avec ses 400 ingénieurs, Renault Software Labs est une filiale du groupe Renault depuis 2017 et le rachat des activités de R&D d'Intel à Toulouse et Sophia-Antipolis.

(*) France Stratégie, La voiture sans chauffeur, bientôt une réalité, avril 2016

(**) SAE Standards News, J3016 automated-driving graphic update, janvier 2019.

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