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Teraki lève 11 M$ pour relever le défi de l’explosion des données dans l’automobile et les objets connectés

Publié le 13 janvier 2020 à 11:19 par Pierrick Arlot        Conjoncture

Teraki

Créée en 2014, la jeune société berlinoise Teraki a bouclé en décembre un tour de table de 11 millions de dollars pour populariser sa technologie censée répondre aux problèmes générés par l’explosion des flux de données à traiter par des systèmes électroniques fortement contraints en ressources tels que ceux embarqués dans les automobiles. Ce tour de table, qui porte à 16,3 millions de dollars les sommes investies dans la jeune société depuis sa création, a été mené par le fonds hongkongais Horizons Ventures avec le concours d’investisseurs stratégiques, dont une « société technologique japonaise de premier plan », le fonds américain State Auto Labs géré par Rev1 Ventures, Bright Success Capital et Castor Ventures. Les investisseurs existants Paladin Capital Group et innogy Ventures ont également participé à l’opération.

Dans le détail, Teraki a développé un logiciel de traitement de données en périphérie de réseau (edge) qui, selon la start-up, permet aux applications et aux algorithmes IA de tourner dix fois plus efficacement sur des systèmes automobiles ou des objets connectés, tout en préservant la qualité et la précision des données requises pour l’entraînement et l’exécution des modèles d’apprentissage automatique. Et ce sans exiger des ressources matérielles supplémentaires, synonymes de surcoût.

La technologie de Teraki repose sur l’identification des données les plus pertinentes présentes au niveau embarqué et sur leur transmission (éventuellement vers le cloud pour analyse) selon le format le plus compact possible. Cette « réduction » des données est réalisée de façon purement logicielle. C’est un logiciel client, présent dans la voiture (dans un capteur, un microcontrôleur, une passerelle, etc.) et peu gourmand en ressources, qui identifie les flux requis par le schéma de traitement reposant sur l’intelligence artificielle (IA). Seule une fraction des données est donc effectivement acquise et encodée, précise Teraki. Les données sont ensuite recomposées et introduites dans les schémas de traitement IA des utilisateurs sans qu’aucune information pertinente ne soit perdue, tout en conservant un débit de données entre 4 et 15 fois supérieur à ceux qu’offrent les produits de compression, assure la société.

Les fonds levés doivent permettre à Teraki, qui a déjà signé des partenariats avec Infineon et Microsoft, d’accélérer sa pénétration du marché automobile et d’attaquer d’autres secteurs confrontés à des défis similaires comme les drones, les robots ou les objets connectés. Selon la firme allemande, le logiciel Teraki doit permettre aux objets connectés soumis à des contraintes d’autonomie, de performance CPU, de stockage et de bande passante « d’en faire dix fois plus, de communiquer 10 fois plus efficacement et d'accélérer jusqu’à dix fois les algorithmes d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique ». La jeune entreprise compte également étoffer ses effectifs, aujourd’hui d’une quarantaine d’employés, accroître sa présence aux Etats-Unis et en Asie (où Teraki vient d’ouvrir des bureaux à Tokyo et à Séoul) et donner un coup d’accélérateur à sa feuille de route.

La jeune pousse berlinoise, qui affirme être déjà engagée auprès de constructeurs automobiles, d’équipementiers de rang un et de sociétés de semi-conducteurs, a présenté sa technologie lors du CES 2020 dans une démonstration de fusion de flux de données issues de caméras et de lidars avec détection d’objets en temps réel sur un circuit de traitement basse consommation. Le logiciel de Teraki est aussi utilisable pour des applications de maintenance prédictive, de détection d’accidents, de détection d’objets, d’assistance évoluée à la conduite ADAS et de conduite automatisée.

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