Oscilloscopes : Rohde & Schwarz arrive en haut de gamme et apporte l’analyse temps réel de l’intégrité de signal

Taux d'acquisition ultrarapide d'un million de formes d'onde par seconde, compensation en temps réel des pertes de transmission entre la source de signaux et l'oscilloscope (fonction dite de "de-embeding"), fonctionnement silencieux même à pleine charge. ...Telles sont les caractéristiques mises en avant par le fabricant d’instruments de test et mesure Rohde & Schwarz pour sa nouvelle famille d’oscilloscopes haut de gamme, les RTP. Après avoir lancé en fin d’année dernière des modèles de milieu de gamme (les RTM3000 et RTA4000), la firme allemande continue donc sa politique de construction d’une série complète d’oscilloscopes numériques jusqu’à des modèles de haute performance, les RTP donc, pour lesquels Rohde & Schwarz a porté son attention sur la précision de mesure et la vitesse d’acquisition des signaux. L’objectif étant de proposer un instrument adapté notamment aux opérations de débogage de systèmes complexes intégrant des parties numériques et RF (interfaces RF numériques ou large bande rapides par exemple).

Les oscilloscopes RTP offrent 4, 6 ou 8 GHz de bande passante analogique d’entrée sur quatre voies, avec deux convertisseurs A/N sur 8 bits entrelacés (avec un mode haute définition de 16 bits de résolution, obtenu par calcul). En mode d'acquisition standard, ils permettent la mesure d’un million de formes d'onde par seconde pour une vitesse d’acquisition maximale de 50 Méch./s. Des caractéristiques qui aident les utilisateurs à trouver rapidement des erreurs sporadiques sur un signal analysé, les plus difficiles à détecter car non récurrentes. Sur ces appareils, Rohde & Schwarz a innové en proposant une compensation en temps réel des pertes de transmission de la source du signal vers l'oscilloscope (le de-embedding). Et ce par le biais d’un circuit spécifique (un Asic) qui réalise cette opération (en fait par la mise en œuvre de filtres numériques) avant l’opération de déclenchement sur les signaux, c’est-à-dire avant le trigger numérique installé sur l’instrument. Résultat, il est possible de travailler sur des signaux très “propres” sans se limiter au niveau de la vitesse d’acquisition des signaux. En d’autres termes, l’appareil peut déclencher précisément sur des signaux compensés. En ce sens, il s’agit d’une approche quasi-temps réel, impossible à atteindre lorsqu'on réalise, comme sur la plupart des oscilloscopes, des opérations de post-processing pour corriger les signaux, entraînant des baisses significatives des vitesses d’acquisition.

 

Une autre caractéristique de l'oscilloscope RTP permet aux développeurs de gagner du temps est la mise en place d’une accélération matérielle via un FPGA pour toute une gamme de fonctions d'analyse (tests de masque, histogrammes, analyses dans le domaine fréquentiel…) qui peuvent être effectuées à grande vitesse. Au-delà, l’appareil combine plusieurs instruments, avec notamment la présence de 16 canaux logiques, quatre canaux de tension et quatre canaux de mesure de courant.

Côté fonctionnalités, l’oscilloscope prend en charge l'analyse de protocoles de bus série classiques (USB 3.0, PCI Express) avec en sus des fonctions d'analyse du spectre et du signal. Il est conçu pour faciliter le débogage de circuits électroniques avec différents signaux pendant le développement, y compris des bus à haut débit (USB, PCI Express, Mipi, etc.), des interfaces RF multicanaux (radio ou radar), des interfaces mémoire DDR, des unités de gestion de l'alimentation, des bus de contrôle et de programmation simples (I2C, SPI, etc.), etc. Et ce dans les domaines de l'aérospatial et de la Défense, de l'automobile, de l'industrie et des télécommunications.

Enfin, grâce à un concept de refroidissement sophistiqué et à la présence de ventilateurs spécifiques, l'instrument est très silencieux.

A l’avenir, Rohde & Schwarz prévoit des évolutions sur cette famille des RTP, telles que l’introduction d’un module générateur avec deux canaux analogiques et huit canaux numériques, ainsi qu'une source d'impulsions différentielles de 16 GHz dans le courant de cette année, puis des bandes passantes d’entrée plus élevées en 2019.