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NewSpace : la start-up française Prométhée, qui veut lancer une constellation de nanosatellites en 2023, lève 2,2 M€

Publié le 02 novembre 2020 à 10:44 par Pierrick Arlot        Conjoncture

Prométhée

La cohorte des sociétés qui souhaitent lancer leur propre constellation de nanosatellites compte un nouvel acteur et il est français. Créée en janvier 2020 pour développer une offre de services souverains d’observation de la Terre, la start-up Prométhée vient de boucler une première levée de fonds de 2,2 millions d’euros. Le tour de table réunit les trois acteurs du secteur spatial que sont Hemeria, Comat (groupe Agora Industries) et Groupe ADF, avec le soutien d’investisseurs privés. Selon le communiqué publié par Prométhée, ce financement lui permettra de mettre au point sa plate-forme numérique de valorisation de données spatiales et de préparer techniquement et financièrement la mise en orbite, à l’horizon 2023, de sa propre constellation de nanosatellites.

Dans la pratique, la start-up souhaite mettre à disposition des gouvernements et de l’industrie des services d’intelligence environnementale et stratégique dans des domaines aussi divers que la détection de feux de forêt, la gestion de l’eau, la sécurité alimentaire, l’urbanisme, la lutte contre la désertification, le management de crise ou la protection des infrastructures critiques. Dans ce cadre, les données agrégées, passées par le filtre du Big Data, de la Deep Knowledge et de l’intelligence artificielle et délivrées aux clients institutionnels et privés, seront issues simultanément des propres constellations de satellites d’observation de la Terre de Prométhée, de capteurs de terrain et de la science participative, précise la start-up.

A ce titre, la levée de fonds permettra de développer les démonstrateurs qui valideront les concepts de Prométhée, tant pour l’infrastructure satellitaire que pour l’environnement de fusion et de valorisation des données. Une nouvelle levée de capitaux est par ailleurs planifiée en 2021 qui financera le déploiement de la première constellation de nanosatellites de la jeune société qui se définit comme un précurseur sur le segment du « Space Data as a Service » (SDaaS), en permettant à des utilisateurs, sans aucune expertise en télédétection ou en apprentissage automatique, d’accéder à des applications à fort impact local grâce à des algorithmes fusionnant des données issues de diverses sources.

Les ambitions de Prométhée sont à la mesure de son projet. La start-up souhaite diviser par quatre le coût des données spatiales, tout en tirant profit de la dynamique du NewSpace français et de son plan de relance pour réaliser des constellations de satellites qui permettront d’obtenir des informations mises à jour à des taux de revisite inégalées. En gérant ses propres satellites, Prométhée compte en outre assurer l’intégrité de ces informations et fournir aux pays partenaires les moyens souverains d’infrastructures spatiales et numériques. Les clients de Prométhée seront dans un premier temps français ou localisés dans les pays de l’hémisphère sud.

« Nous avons franchi une première étape, indique Olivier Piepsz, le président et cofondateur de Prométhée aux côtés de Giao-Minh Nguyen. Les capitaux levés nous permettent de lancer nos développements et d’autres ressources financières vont rapidement accroître nos moyens. Cette levée de fonds acte aussi le partenariat qui nous lie à trois acteurs industriels clefs du NewSpace français et le support actif du Cnes depuis la genèse du projet, qui constitue pour nous une condition clef du succès. » On se souviendra que le toulousain Hemeria a également participé au financement de la société française Kineis (lire notre article ici) qui souhaite mettre en orbite d’ici à 2022 vingt-cinq nanosatellites et offrir une connectivité spatiale universelle, en particulier sur le marché de l’Internet des objets (IoT).

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