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MQTT reste toujours le protocole de communication IoT préféré des développeurs de l'Internet des objets

Publié le 18 avril 2019 à 12:49 par Pierrick Arlot        Conjoncture

MQTT

Selon la dernière enquête annuelle du groupe de travail Eclipse IoT, menée en février et mars 2019 auprès de 1 700 développeurs, MQTT reste toujours le protocole de messagerie IoT de choix dans le domaine de l’Internet des objets, même s’il arrive en 2e position en termes de protocole de communication utilisé (cité par 42% des répondants) derrière HTTP (49%) et devant les WebSockets (26%).

Selon Mike Milinkovich, directeur exécutif de la Fondation Eclipse, l’adoption de MQTT a été phénoménale sur les sept ou huit dernières années, et la communauté Eclipse IoT, au travers des projets open source Paho et Mosquitto, a certainement contribué pour une petite part à cet engouement.

Un défi reste toutefois à relever pour élargir encore son acceptation et c’est le manque d’interopérabilité établie au sein même du protocole qui fait encore défaut, explique le dirigeant de l’organisme, car MQTT ne fournit pas de directives sur la définition et l’organisation des données utiles dans les trames. Conséquence : il y a très peu de chances que des systèmes mis au point par deux équipes différentes utilisant MQTT soient capables d’échanger des données de façon fiable. A ce titre, le projet Eclipse Tahu, qui définit le protocole Sparkplug, pourrait changer la donne et permettre une interopérabilité out-of-the-box des systèmes de contrôle et d’acquisition de données Scada, indique Mike Milinkovich.

Plus globalement, l’enquête diligentée par le groupe de travail Eclipse IoT montre que 65% des répondants travaillent d’ores et déjà sur des projets IoT de manière professionnelle ou envisagent de le faire dans les dix-huit mois. En termes de langage utilisé, le C reste prédominant dans les équipements IoT aux ressources limitées tandis que la technologie Java est plébiscitée au niveau des passerelles, des nœuds de bordure de réseau et des plates-formes IoT dans le nuage. A ce titre, AWS, Azure et Google Cloud Platform continuent de former le trio de tête des plates-formes cloud IoT les plus utilisées.

Concernant les architectures matérielles, Arm domine outrageusement le créneau des équipements IoT aux ressources limitées, le Cortex-M3 arrivant en tête (27%) devant le Cortex-M0 (21%) et le Cortex-M7 (19%). Au niveau des passerelles IoT, Arm s’impose aussi (70% des développeurs interrogés utilisent diverses variantes Arm pour leurs passerelles et nœuds de bordure de réseau), même si l’architecture Intel tient bien la route (42%).

L’enquête s’est aussi intéressée à la sécurité qui reste le sujet de préoccupation numéro un des développeurs IoT (citée par 38% des répondants), devant la connectivité (21%) et la collecte et l’analyse de données (19%). Dans ce cadre, la sécurité au niveau de la couche de communication (c’est-à-dire l’usage des protocoles TLS ou DTLS) (38%), le chiffrement des données (38%) et l’échange sécurisé de jetons (JSON Web Tokens) (26%) sont les technologies de sécurité les plus mises en œuvre par les répondants, la virtualisation jouant un rôle de plus en plus important pour la sécurité de l’IoT.

Au niveau des domaines d'activité au sein desquels officient les développeurs interrogés, ce sont les plates-formes IoT (34%), la domotique (27%) et les automatismes industriels et l'IIoT (Internet ds objets industriel) (26%) qui arrivent en tête. Mike Milinkovich y voit là l'implication des entreprises et des industriels dans le développement de leurs propres plates-formes IoT pour un usage en interne. L'IoT industriel apparaît en conséquence comme une formidable opportunité pour le cloud hybride dans des configurations où les entreprises pourront déployer sur site des solutions IoT bâties sur des technologies modernes et ouvertes.

 

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