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Mil-aéro : sur carte VPX ou en rack 19 pouces, Ecrin Systems joue la carte du Xeon D

Publié le 19 juin 2017 à 12:18 par François Gauthier        Sous-système Ecrin Systems

Ecrin Topaze-D

Profitant de la caisse de résonance du salon aéronautique du Bourget qui se tient cette semaine à Paris, le français Ecrin Systems montre deux plates-formes de calcul à hautes performances architecturées autour du processeur de classe serveur Xeon D d’Intel : l’une sous la forme d’une carte en châssis au standard VPX, l’autre sous la forme d’une carte lame au format ATX pour châssis 19 pouces.

Le marché visé par ces deux systèmes qui suivent une logique de "convergence" (puisqu’il s’agit de deux machines fondées sur un Xeon D et répondant toutes les deux aux contraintes MIL-STD-810 et RTCA/DO-160) est le même. C'est celui des calculateurs hautes performances associés à des systèmes d’acquisition de très grandes quantités de données issues de capteurs situés à différents endroits d’un théâtre d’opération militaire (pour le traitement de flots d’informations en provenance d’un drone par exemple). Les deux systèmes ont toutefois chacun chacun leur rôle : le frontal et les contraintes SWaP (taille, poids et performance par watt) pour le VPX ; le back-end, les stations de contrôle-commande et les centres décisionnels pour les serveurs ATX.

Dans le détail, le Topaze-D est une plate-forme 3U au standard Ansi/Vita-65 OpenVPX adaptée aux applications HPEC (High Performance Embedded Computing) de type Sigint (Signals Intelligence i.e. renseignements liés à l’analyse de signaux électromagnétiques), radar, guerre électronique dans des environnements sévères (à bord des avions notamment). Au sein de ce système à cinq emplacements, il est possible de faire cohabiter plusieurs machines virtuelles composées de cartes fondées sur un FPGA UltraScale+ de Xilinx ou sur un processeur GPGPU Pascal de Nvidia et, bien entendu, plusieurs calculateurs lames bâtis autour du processeur multicoeur Xeon D.

De son côté, la µOPALE V2-D est une plate-forme de classe serveur dans un facteur de forme 1U/19 pouces’ qui permet d’optimiser une architecture réseau en s’appuyant sur le processeur Xeon D pour des applications de répartition automatique de charges de calcul (load balancing), de stockage de type NAS (Network Attached Storage), de serveur de bordure de réseau, de virtualisation, d’intelligence artificielle…

Le point commun de ces deux architectures est donc le processeur Xeon D d’Intel qui ouvre le champ à l’utilisation de serveurs ultradenses dans les applications embarquées. Rappelons que ce processeur, fondé sur l'architecture Broadwell de géométrie 14 nm, affiche une consommation allant de 25 à 65 W selon les versions (8, 12 ou 16 cœurs) avec un processeur DSP embarqué dans chaque cœur. Capable de fonctionner dans la gamme de température -40°C / +85°C, compatible avec les contraintes aéronautiques, le Xeon D offre en natif 24 liens PCI Express Gen3 et 2 ports 10 Gigabit Ethernet. Ce circuit ouvre, selon Ecrin Systems, de nouvelles perspectives pour les projets mil/aéro : virtualisation de plusieurs processeurs et réseaux de communication dans une même machine, interconnexions ultrarapides de différents sous-systèmes, fonctions de traitement du signal avancées intégrées dans des systèmes embarqués, etc.

Autre point commun de ces plates-formes, une sécurisation accrue via la généralisation d’outils et de technologies identiques : modules TPM (Trusted Platform Module) via un cryptoprocesseur, prise en charge de l'UEFI (Unified Extensible Firmware Interface, interface micrologicielle extensible unifiée) conçue pour disposer d'un système de démarrage (boot) sécurisé, hyperviseur pour protéger les zones mémoire et les programmes ultrasensibles, systèmes de stockage sur cartes SSD cryptées, destructibles instantanément, niveaux de durcissement en rapport avec les conditions environnementales...

« Les utilisateurs dans le militaire ont définitivement abandonné les systèmes propriétaires et les sous-ensembles spécifiques au marché de la Défense, comme le PowerPC, LynxOS, le VME…, explique Elie Gasnier, directeur marketing chez Ecrin Systems. Ils raisonnent désormais plutôt en termes de systèmes sur étagère (COTS), de standards ouverts, de processeurs x86 ou serveurs Xeon, d'interconnexion avec de faibles temps de latence et de fortes bandes passantes comme le PCI Express, de réseaux à 10 et 40 Gigabit Ethernet, de Linux et ses variantes ou de WindowsD'où l'intérêt d'avoir des plates-formes convergentes en termes de technologies pour fédérer des applications, optimiser les temps de développement, réduire les coûts d’outillage et de mise au point, favoriser le travail en équipe et abaisser le coût de possession des calculateurs embarqués ».

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