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Michael Plannerer, Men Mikro : "Nous sommes très optimistes sur l'avenir du CompactPCI Serial"

Publié le 11 mars 2015 à 11:13 par François Gauthier        Sous-système Men Mikro Elektronik

Michael Plannerer Men Mikro

Le CompactPCI Serial est désormais une norme établie et stabilisée depuis sa publication officielle en mars 2011 par le comité PICMG. Le moment est venu de faire le point sur cette architecture en châssis qui consacre les technologies de liens série haut débit comme moyens de communication exclusifs entre cartes CompactPCI dans un fond de panier. Michael Plannerer, responsable de l’ingénierie chez Men Mikro, société qui fut la cheville ouvrière de cette spécification, esquisse l’avenir de cette architecture.

Comment voyez-vous le développement du marché pour le CompactPCI Serial ?
MICHAEL PLANNERER D’abord nous constatons qu’il y a encore un gros travail d’explication à faire autour du CompactPCI Serial, même si certains utilisateurs commencent à venir nous voir directement pour cette technologie. C'est en tout cas la situation en Europe, et de plus en plus celle constatée aux Etats-Unis. En conséquence, nous voyons un mouvement de migration réel du CompactPCI classique vers le CompactPCI Serial, bien que pour le moment nous commercialisions encore beaucoup plus d'exemplaires du premier cité, y compris à des utilisateurs qui démarrent un nouveau projet.
 
Quelle est la raison de cette lenteur relative à l’adoption du CompactPCI Serial, selon vous ?
MICHAEL PLANNERER Lorsque j’évoque le volume important de cartes CompactPCI classiques encore vendues sur le marché, j’y inclus les systèmes hybrides. C’est-à-dire ceux basés sur la spécification CompactPCI PlusIO, qui permet de combiner dans un même châssis cartes traditionnelles et cartes CompactPCI Serial. Il s'agit là d'une combinaison de “vieilles” et de “nouvelles” cartes contrôlées par une carte processeur CompactPCI PlusIO insérée dans l'emplacement Système du châssis. Beaucoup d’utilisateurs optent pour cette approche, car elle permet de sécuriser les développements déjà réalisés, qui doivent fonctionner dans le monde industriel avec une pérennité de plusieurs années, et dans le même temps de préparer l’avenir et le passage vers le CompactPCI Serial, lorsque les performances des cartes CompactPCI traditionnelles auront atteint leurs limites vis-à-vis de l’évolution des applications à couvrir.
 
Quelles sont aujourd’hui les architectures concurrentes du CompactPCI Serial ?
MICHAEL PLANNERER D’abord, sur le moyen et le long terme, il y a le CompactPCI lui-même. Ensuite, nous avons les PC industriels installés sur des rails DIN et mis en ouevre par cerains utilisateurs. Enfin, il y a le VPX, surtout aux Etats-Unis où ce standard est beaucoup plus connu que le CompactPCI Serial en raison d’une arrivée sur le marché plus précoce. Mais, selon nous, le VPX est plus complexe à mettre en œuvre que le CompactPCI Serial, avec des surcoûts non négligeables liés à la nécessité d’insérer dans un châssis VPX des commutateurs et des ponts spécifiques supplémentaires. D’ailleurs nous voyons un nombre significatif d’utilisateurs passer directement de systèmes VME vers des plates-formes CompactPCI Serial plutôt que VPX, alors que ce dernier est une évolution du VME avec, comme le CompactPCI, des communications série haut débit entre cartes.
 
Pouvez-vous nous indiquer à quel moment la bascule vers le CompactPCI Serial peut s’avérer intéressante ?
MICHAEL PLANNERER Une demande en bande passante accrue et la volonté d’aller vers un système plutôt que d’utiliser un équipement monolithique (comme un PC “tout en un” durci par exemple) sont les raisons principales à un passage vers le CompactPCI Serial. Si l’utilisateur vient du monde des PC industriels, il doit aussi se poser la question du coût global, en sachant qu’avec le CompactPCI Serial les opérations de maintenance et de mise à niveau grâce à la modularité d’un système en châssis sont facilitées, qu'il y a la possibilité d’insérer/extraire des cartes au sein d’un système en fonctionnement (hot swap)... Autant de caractéristiques qui plaident en faveur du CompactPCI Serial. La question à se poser est aussi celle-ci : dois-je développer plusieurs applications complexes portées par un seul calculateur, ou profiter de plusieurs unités de calcul dans un même châssis et tirer parti d’une approche de type multiprocessing ?
 
Finalement comment voyez-vous l’avenir du CompactPCI Serial ?

MICHAEL PLANNERER Je suis très optimiste car le CompactPCI Serial répond aux problématiques des applications industrielles actuelles, avec des débits de données très élevés, des interfaces de communication ultrarapides comme l’Ethernet à 40 Gbit/s, une grande modularité, une facilité de mise à niveau et une puissance de calcul élevée. Autant de caractéristiques auxquelles répond ce standard.

(Source : traduction et adaptation d'une interview donnée en allemand à la revue officielle du salon Embedded World 2015 éditée par Weka Fachmedien, le 24 février 2015)

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