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Maintenance prédictive : 54% des entreprises manufacturières utiliseront les jumeaux numériques en 2026

Publié le 22 septembre 2017 à 10:28 par Pierrick Arlot        Perspective

Jumeau numérique

Concept qui a le vent en poupe dans les industries de production manufacturière, le « jumeau numérique » est un modèle virtuel d’un processus, d’un équipement ou d’un service, utilisé pour détecter des problèmes, tester et simuler des scénarios sur son pendant physique du « monde réel ». Il est aussi possible de s'appuyer sur ces jumeaux numériques pour analyser les données opérationnelles en temps réel dans le but de mieux comprendre le fonctionnement des équipements et de prendre des décisions rapides pour optimiser leur efficacité.

Selon une récente enquête B2B menée par ABI Research, si 4% seulement des entreprises avec sites de production ont aujourd’hui mis en œuvre concrètement les jumeaux numériques, 83% ont commencé d’étudier la technologie et 29% ont déjà prévu de la tester dans les douze prochains mois. Selon la société d’études, les systèmes actuels de maintenance conditionnelle ne produisent que des données de faible qualité mais les simulations sur les jumeaux numériques peuvent fournir rapidement des informations précises sur ce qui se passe au sein même des machines.

Ainsi, alors que les connexions pour maintenance opérationnelle doivent croître en moyenne de 24% par an dans les pays dominants en termes de production manufacturière, un pourcentage de plus en plus important de ces mêmes connexions va servir à alimenter des jumeaux numériques, passant de 3% seulement en 2016 à environ 54% en 2026, assure ABI Research. Les jumeaux numériques ont vocation à minimiser les temps d’immobilisation et à doper l’efficacité des usines à hauteur de plusieurs milliards de dollars.

Selon la firme d’analystes, de nombreux industriels tablent en outre sur l’Internet des objets industriel pour resserrer les relations avec leurs clients en prévenant leurs besoins avant même qu’ils ne fassent appel à des services de maintenance. Ainsi GE Aviation gère déjà les jumeaux numériques de tous ses nouveaux moteurs d’avion en tant que service et contribue à l’optimisation des plannings de vol et de maintenance par les compagnies aériennes. GE a bâti son offre au-dessus de sa plate-forme IIoT Predix. De manière similaire, PTC et Siemens font reposer leur portefeuille respectif de jumeaux numériques sur ThingWorx et MindSphere.

« Cette idée d’appairer modèle virtuel et modèle physique existe depuis des décennies, note Pierce Owen, analyste chez ABI Research. Mais aujourd’hui l’apprentissage machine, les simulations avancées à partir de données du monde réel et la modélisation par CAO ont considérablement élargi les avantages des jumeaux numériques au bénéfice de cas d’usage dans toutes les industries qui disposent d’actifs à forte valeur ajoutée ou critiques. »

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