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L’Etat veut faire de la France un champion du véhicule connecté

Publié le 17 mars 2017 à 12:32 par Pierrick Arlot        Conjoncture

Véhicule connecté

Christophe Sirugue, le secrétaire d’Etat à l’Industrie, au Numérique et à l’Innovation, vient d’engager, avec l’ensemble des acteurs concernés, des actions pour « faire de la France un pays pionnier du véhicule connecté ». L’enjeu est de taille car le véhicule connecté revêt des enjeux environnementaux et sécuritaires qui ne sont pas négligeables et représente un potentiel significatif d’activités et d’emplois. Alors que les ventes mondiales de véhicules connectés devraient être multipliées par trois entre 2017 et 2022, passant de 52,2 Md$ à 155 Md$, le gouvernement français juge qu’il est « essentiel que les entreprises hexagonales prennent toute leur place dans ce marché en fort développement ».

L’action de l’Etat va dans la pratique se déployer autour de trois axes. Le premier va consister à créer un écosystème du véhicule connecté dépassant les frontières des secteurs industriels et plaçant les PME et start-up en son centre. Pour nos gouvernants, le véhicule connecté impose en effet une transformation radicale des filières actuelles de l’automobile et de services de mobilité, confrontées à de nouveaux concurrents issus du numérique, et qui doivent intégrer de nouvelles compétences (cybersécurité, gestion des données, intelligence artificielle, géolocalisation…). Christophe Sirugue a ainsi annoncé le lancement, dans le cadre des appels à projets I-PME opéré par l’Ademe, d’un volet dédié au véhicule connecté. I-PME permettra de cofinancer au moyen d’une subvention de 200 000 euros (maximum) des projets de recherche et développement portés par des PME et des start-up.

Le deuxième axe de l’action du gouvernement vise à développer l’offre technologique. Christophe Sirugue s’est ainsi rendu à Toulouse pour le lancement du projet eHorizon de Continental Automotive France. Ce projet développera une plate-forme de services automobile (amélioration de la sécurité, de l’efficacité énergétique des véhicules, du confort…), mobilisera plusieurs centaines de chercheurs chez Continental et s’appuiera sur le laboratoire Laas-CNRS (Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes). Sous réserve de l’accord de la Commission européenne, l’Etat a décidé de soutenir ce projet. L’Etat s’est par ailleurs engagé à poursuivre son soutien à d’autres projets innovants liés aux véhicules connectés, notamment via les dispositifs issus du PIA 3.

Le troisième axe va se concentrer à fédérer les acteurs publics et privés. Dans ce cadre, Christophe Sirugue a réuni jeudi 16 mars la Solution mobilité écologique de la Nouvelle France industrielle (NFI), qui rassemble les acteurs de la filière automobile de la Plate-forme automobile (PFA) et les administrations concernées, en associant des représentants du monde du numérique. Il a été décidé de mettre en place un programme industriel dédié au véhicule connecté, chargé de la coordination des différents acteurs, y compris au sein des ministères. Cette « équipe de France du véhicule connecté » élaborera d’ici l’été une feuille de route sur les thèmes comme la cybersécurité, la gestion des données ou la normalisation des infrastructures. Pour accompagner le lancement de ce programme, Michel Sapin et Christophe Sirugue ont demandé à l’Inspection générale des finances (IGF) et au Conseil général de l’économie de définir d’ici mai les enjeux et les priorités de l’Etat.

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