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Les systèmes embarqués et critiques au cœur d’un manifeste français pour l’IA au service de l’industrie

Publié le 05 juillet 2019 à 09:23 par Pierrick Arlot        Conjoncture

AI for Humanity

À l’occasion de la présentation du volet budgétaire de la stratégie nationale pour l'intelligence artificielle (IA) par le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire mercredi 3 juillet, huit grands groupes français ont rendu public un manifeste pour l’IA au service de l’industrie. Objectifs pour Air Liquide, Dassault Aviation, EDF, Renault, Safran, Thales, Total et Valeo : partager une vision stratégique commune et faire de l’IA une source de croissance et d’emploi dans leurs secteurs industriels respectifs, dans le cadre de la stratégie nationale. Réunissant à eux tous plus de 800 chercheurs, avec l’ambition de doubler ces effectifs d’ici à deux ans, les signataires se disent prêts à engager des actions concrètes - notamment des laboratoires communs, des structures de coopération ad hoc, un partage de connaissance, des actions de formation et de communication.

L’idée pour les huit grandes entreprises est de travailler ensemble sur les enjeux posés par le développement des technologies IA, adaptées aux besoins industriels, en particulier en matière de données massives, avec l’ambition d’atteindre plus rapidement une masse critique sur les sujets de recherche prioritaires.

Dans leur manifeste pour l’IA au service de l’industrie, les signataires identifient des thématiques d’intérêt commun, propres à l’utilisation de l’IA dans des environnements industriels : la confiance, l’explicabilité voire la certification de l’IA (un domaine où s’est déjà fortement engagé Thales, lire notre article ici), les systèmes embarqués (c’est-à-dire les systèmes électroniques autonomes utilisés pour réaliser une tâche), l’IA pour la conception, la simulation, le développement, les tests et la logistique, l’IA appliquée à la maintenance et l’industrie 4.0, ou encore la problématique de la très haute performance, la fiabilité, la robustesse, et, plus généralement l’IA dans les systèmes critiques.

En d’autres termes, il s’agit pour les grands groupes français d’être à la fois moins dépendants des bibliothèques d'algorithmes venant des États-Unis (ce qui constitue aussi un enjeu de souveraineté nationale, l’une des quatre priorités identifiées dans le rapport Villani sur l’IA), mais aussi de fiabiliser et d'améliorer les intelligences artificielles existantes.

Pour résumer, les signataires appellent à des actions coordonnées, d’abord entre industriels, puis entre industriels et académiques, et entre industriels et décideurs politiques. Cette approche d’innovation ouverte a pour objectif de mutualiser les moyens de recherche et de développement, d’accroître la visibilité des usages de l’IA dans l’industrie tout en favorisant le recrutement des meilleurs talents en France. Une fois le diagnostic commun établi, les signataires le partageront avec les décideurs politiques afin de définir, d’ici à la fin d’année, les actions concrètes pouvant être mises en œuvre à leur niveau et coordonnées au niveau national avec l’ensemble de l’écosystème français de l’IA. Tous les acteurs qui partagent cette vision stratégique, qu’ils soient privés ou publics (industriels, PME et start-up, organismes de recherche), sont ainsi invités à rejoindre l’initiative.

Vous pouvez aussi suivre nos actualités sur la vitrine LinkedIN de L'Embarqué consacrée à l’intelligence artificielle dans l’embarqué : Embedded-IA https://www.linkedin.com/showcase/embedded-ia/

 

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