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L’armée française aura des nanosatellites patrouilleurs pour protéger ses satellites en 2023

Publié le 22 août 2019 à 10:15 par Pierrick Arlot        Architecture

Parly

Le 25 juillet dernier, Florence Parly, la ministre des Armées, a présenté les grandes orientations militaires françaises dans le domaine spatial. Un secteur jugé crucial, l’espace devenant un lieu de confrontation de plus en plus militarisé. Dans ce cadre, la France estime que ses satellites, indispensables au bon déroulement des opérations militaires, ainsi que leur sauvegarde, constituent un impératif stratégique. L’Etat va donc investir 700 millions d’euros supplémentaires dans le spatial militaire d’ici à 2025 pour renforcer ses moyens de surveillance et se doter de capacités d’autodéfense dans l’espace. Une somme qui s’ajoute aux 3,6 milliards d’euros déjà prévus pour le spatial de Défense dans la loi de programmation militaire 2019-2025…

La stratégie spatiale dévoilée par la ministre des Armées se décline selon trois axes : organisationnel, juridique et capacitaire. Ainsi un grand commandement de l’espace verra le jour le 1er septembre à Toulouse. Il sera placé sous l’autorité de l’armée de l’Air qui deviendra l’armée de l’Air et de l’espace. Son rôle sera de fédérer et de coordonner tous les moyens consacrés au domaine spatial de Défense. Par ailleurs, pour mettre en place sa stratégie spatiale, la ministre souhaite une évolution des textes régissant l’utilisation de l’espace pour intégrer la spécificité des opérations spatiales militaires. « J’ai décidé que le ministère des Armées assumerait la fonction d’opérateur spatial, a-t-elle expliqué. Si nous souhaitons être en mesure de mener de véritables opérations spatiales militaires, il nous faut développer une autonomie d’action. »

Les capacités de Défense spatiale devraient par ailleurs être améliorées par le biais d’un nouveau programme d’armement nommé « Maîtrise de l’espace ». Celui-ci intègrera deux volets : la surveillance et la défense active. Actuellement, la France est l'une des rares nations à disposer de ses propres capacités de surveillance de l’espace, grâce aux radars Graves et Satam ainsi qu’aux télescopes du CNRS et d’ArianeGroup. « Demain, nous ferons appel à des moyens et des services plus sophistiqués encore, a souligné la ministre. Le successeur de Graves devra être conçu pour déceler des satellites de la taille d’une boîte de chaussures à une distance de 1 500 kilomètres. » Afin de mieux protéger les satellites militaires, des actions devraient être menées comme l’intégration de caméras de surveillance aux satellites de communication Syracuse pour leur autoprotection ou encore l’acquisition de nanosatellites patrouilleurs à partir de 2023. Grâce à ces futures capacités de surveillance, une défense active pourra être mise en place. « Si nos satellites sont menacés, nous envisagerons d’éblouir ceux de nos adversaires. Nous nous réservons le moment et les moyens de la riposte : cela pourra impliquer l’emploi de lasers de puissance déployés depuis nos satellites ou depuis nos nanosatellites patrouilleurs », a précisé la ministre.

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