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La surveillance de zones critiques est mise à la portée d’un mini-aérostat à 300 m d’altitude

Publié le 30 septembre 2016 à 11:32 par Pierrick Arlot        Objet de la semaine

SES

La société luxembourgeoise SES, propriétaire des satellites Astra, se rapproche de la surface terrestre en lançant un système mobile de surveillance et de communication destiné à être placé sous un mini-aérostat à… 300 mètres d’altitude. Système dont l’objectif est de fournir une meilleure connaissance situationnelle dans des cas d’usage éventuellement critiques comme la sécurité aux frontières, le suivi d’événements spéciaux ou les missions d'intervention en cas de catastrophe.

Modulaire, la plate-forme Tactical Persistent Surveillance (TPS) peut être rapidement déployée (moins de trente minutes) et mise en service n’importe où dans le monde, assure l’opérateur de satellites. Basée sur une technologie d'aérostat gonflable « plus léger que l'air », elle embarque différentes charges utiles de communication et des capteurs électrooptiques sophistiqués afin de transmettre des données et des vidéos de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) jusqu’à un centre de contrôle centralisé. Et ce par le biais d’une station sol mobile équipée d’antennes en bande Ku à petite ouverture et déploiement rapide (photo ci-dessous) et d’un satellite, la liaison entre l’aérostat et la station sol étant assurée par une liaison 3G, 4G, LTE ou Wimax.

La plate-forme (avec ses capteurs électrooptiques) permet alors de surveiller des zones à la demande pour détecter, localiser, caractériser, identifier et suivre des personnes, des objets ou des menaces potentielles jusqu’à une distance de 5 kilomètres. Selon SES, en utilisant la même antenne satellite que celle qui transmet les flux vidéo, il est possible aussi d’établir des liaisons IP bidirectionnelles à partir de la station sol mobile (messagerie électronique, streaming vidéo, Intranet, VoIP,…) pour, par exemple, déployer à distance des applications d’identification biométrique.

Toujours au sol, la plate-forme TPS implémente également une technologie radio multi-antennaire Wi-Fi Mimo et fournit un réseau sans fil maillé ad hoc permettant de couvrir en 3G, 4G, LTE ou Wimax une zone de 32 km autour de l’aérostat, là où l’infrastructure télécoms est non existante ou détruite (voir schéma ci-dessous). Les communications IP sont alors distribuées sur l’ensemble du réseau ad hoc vers n’importe quel terminal IP à un débit de 70 Mbit/s en TCP/IP ou 85 Mbit/s pour le streaming vidéo UDP. Selon SES, jusqu’à 380 terminaux radio peuvent être déployés sur le terrain au sein d’un seul réseau, chacun d’eux pouvant éventuellement servir de relais vers d’autres terminaux pour étendre encore un peu plus la portée du réseau.