L'embarqué > Normes & spécifications > Architecture > L'organisme MPAI planche sur des standards de codage de données reposant sur l’intelligence artificielle

L'organisme MPAI planche sur des standards de codage de données reposant sur l’intelligence artificielle

Publié le 07 octobre 2020 à 11:57 par Pierrick Arlot        Architecture

MPAI

Le 30 septembre dernier a vu le jour à Genève l’organisme MPAI (Moving Picture, Audio and Data Coding by Artificial Intelligence) dont l’ambition est de développer des standards reposant sur l’intelligence artificielle (IA) capables non seulement d’améliorer encore l’efficacité du codage de types de données qui ont déjà bénéficié de techniques de compression, mais aussi d’apporter les avantages du codage à de nouveaux types de données. Un codage infusé par l’IA consiste par exemple à « faire ressortir » les aspects d’un modèle sémantique de données pertinents pour une application donnée.

Initié par Leonardo Chiariglione, qui a cofondé en 1988 le comité MPEG et qui l’a animé jusqu’au mois de juin dernier, l’organisme MPAI a été créé pour répondre aux besoins d’une industrie en quête de standards de codage de données pour un éventail d’applications bâties sur l’intelligence artificielle. Pour rappel, la simple réduction de la quantité de données - c'est-à-dire la compression - a été dans le passé un facteur de succès de multiples entreprises dans des domaines aussi divers que la radiodiffusion et les télécommunications, en passant par les technologies de l'information et la production industrielle.

Dans le cadre de ses travaux, l’organisme MPAI estime que, pour assurer le succès de ses futures normes dans le domaine en évolution rapide de l'IA, il devra tirer parti de ses liens avec la recherche académique et industrielle. A ce titre environ 40% des membres actuels de l’organisation nouvellement créée seraient des établissements universitaires et de recherche. (La création de l’organisme MPAI a été annoncée à l’occasion d’une conférence téléphonique à laquelle ont participé 33 membres issus de 15 pays différents.)

Le nouvel organisme a également l’intention – c’est d’ailleurs ce qui a motivé en partie sa création – de dépasser les limitations des règles d’octroi de licences par les titulaires de brevets essentiels liés à un standard selon des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires (FRAND, Fair Reasonable And Non Discriminatory). Règles qui connaissent des lacunes, qui peuvent être sources de conflits et qui, en particulier, ont impacté négativement les dernières normes MPEG en date. L’association MPAI prévoit donc de développer, pour chacun de ces standards, une « licence cadre », c'est-à-dire le modèle économique ad hoc, sans précisions de valeurs, de calendrier et de pourcentages, que les titulaires de brevets essentiels s’engageront à utiliser pour monétiser les brevets sur des technologies adoptées au final dans un standard MPAI.

Au cours des deux derniers mois, un ensemble de cas d'usage entrant dans le cadre des domaines couverts par l’organisme ont été définis et certains d’entre eux vont devenir des projets de normes à court terme comme le projet MPAI-CAE (Context-based Audio Enhancement) pour l’amélioration audio en fonction du contexte, et donc de l’expérience utilisateur dans un certain nombre de cas pratiques (divertissement, communications vocales, conférences audio, jeux...) dans des contetes divers (maison, automobile, dans la rue, etc.). Les jeux multi-utilisateurs, la conduite assistée par IA et les domaines typiques du Big Data tels que la finance et la génomique sont également des cas d'usage dans la ligne de mire de l’organisme MPAI. A suivre donc.

Sur le même sujet